Portraits de Cézanne – Orsay –

13 juin – 24 septembre 2017

                                                    Visite le samedi 2 septembre 2017

Trois conservateurs (celui du MOMA, celle du National Gallery du Washington et celui de Marseille) se sont associés pour construire cette exposition qui, après Paris, sera présentée à Londres à l’automne puis au printemps 2018 à Washington.

 

Cézanne a peint plus de 200 portraits dont 26 auto-portraits et 29 portraits de sa femme Hortense. Une soixantaine est présentée suivant un accrochage chronologique ce qui permet au visiteur de se rendre compte de l’évolution du peintre et d’appréhender sa modernité.

 

PORTRAITS, CHAMP D’EXPÉRIENCES

En passant de nombreux moments à copier, Cézanne expérimente divers courants. Deux portraits inaugurent l’exposition  : le portrait du père de l’artiste (1866) lisant L’Événement où une série d’articles de Zola était parue qui dénonçait, en autre, le refus du portrait d’Achille Emperaire (1967) au  Salon d’Automne de 1870. Donc, le père de Cézanne n’a certainement jamais lu ce journal mais il a toujours permis à son fils de poursuivre ses recherches picturales en lui assurant rentes et soutien. C’est ce que confirme  la nature morte peinte au couteau dans le premier tableau.  Autre particularité, l’inscription sur le second portrait  pourrait-être un clin d’œil aux peintures du XVème et XVIème  siècle et à Poussin.

  • La période « couillarde », adjectif employé par Cézanne, » qualifie la technique avec laquelle il maçonnait les usages avec l’épaisseur de la peinture même appliquée avec vigueur ».

 

L’avocat (l’oncle Dominique)- 1966

Le contraste entre l’habit noir et le fond blanc rappelle la peinture espagnole. La peinture au couteau est un clin d’œil à Courbet.

 

 

  • La période « constructive » : « Cézanne souhaite « traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône » et il aborde le portrait comme une nature morte. »

 

 

      La femme à la cafetière- 1895-

Même si la période impressionniste a commencé depuis 20 ans,  avec son amitié avec Pissaro, « le grand frère », Cézanne construit son personnage par la couleur et commence à le fusionner avec le fond.

C’est aussi la période où Cézanne va se brouiller avec Zola  105481506_689335.jpget son père meurt.

 

  • Les séries : Cézanne essaye de capter le changement du monde, que ce soit avec la montagne saint Victoire, les tableaux d’Hortense ou les baigneuses.

 

Madame Cézanne au fauteuil jaune – 1888-1890-

Hortense Fiquet acceptera le mariage qu’au bout de 16 ans de vie commune. Surnommée « la boule » ou « la belle biquette »par le peintre, son visage est imperturbable mais le décor change. Son fils, Paul, nait en 1872. Hortense n’aime pas aller dans le sud et donc laisse Cézanne souvent seul pendant de longs mois. Pourtant, tout laisse à penser qu’il existe entre eux trois des liens d’affections forts.

PORTRAITS, UN DUR LABEUR

« La lecture du modèle, et sa réalisation, est quelquefois très lente à venir pour l’artiste » confessera Cézanne à la fin de sa vie.

                           Portrait d’Ambroise Vollard- 1899 –

Le célèbre « Tenez vous comme une pomme » lancé à Ambroise Vollard  lors de l’exécution de ce tableau réalisé au bout d’à peu près 100 h de pose rappelle le côté laborieux du travail de Cézanne. Autre anecdote, pour ses natures mortes, les fruits pourrissaient sur la table avant que le peintre est fini son tableau !!!

PORTRAITS, ÉMOTIONS

Ces portraits révèlent de façon très subtile les émotions  du peintre, comme un fil intime établi avec sa vie personnelle.

 

                      Portraits de Madame Cézanne – 1885-1890-

Simplicité et épure de l’ovale comme un masque qui inspirera certainement Brancusi, Modigliani, Picasso.

 

       Le jardinier Vallier – 1905-1906-

Le peintre est décédé le pinceau à la main  avant de finir son œuvre. Néanmoins, quelle tendresse et simplicité dans ce portrait. Mais, aussi, bien sûr, quelle modernité!

 

 

 

 

 

 

 

 

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