Tous à la plage !

L’exposition dresse un panorama de l’histoire des villes balnéaires en France, au regard des pratiques européennes, des origines à nos jours. Architecture, urbanisme, œuvres d’art et objets du quotidien racontent la conquête progressive des bords de mer.

Visite de l’expo. Samedi 4 février 2017.

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Des « bathing machine » : roulottes en bois tirées par des chevaux .

Des premiers bains de mer pratiqués à des fins curatives, aux habitudes contemporaines récréatives, sportives ou ludiques, l’exposition illustre ce nouveau rapport à la mer et au rivage à travers des lieux emblématiques.

L’exposition s’organise en 3 parties :

L’invention de la villégiature

Dès les années 1730, la ville balnéaire s’invente tout d’abord en Angleterre  puis dans toute l’Europe. A valeur thérapeutique, les élites aisées fuient la ville et son climat malsain pour profiter de la campagne et « prendre les eaux ». L’âge d’or sera le début du XIXè siècle sur les côtes de la Manche et de la Mer du Nord. Jusqu’à la crise de 1929, les stations balnéaires vont se développer pour satisfaire les envies d’une clientèle aisée.

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DAUMIER déforme le corps, force le trait sur la tenue ordinaire de la « patiente » et rend ridicule le procédé médical qui consiste à surprendre par l’immersion brutale dans l’eau glacée. Mais, regardez le mari ….Pas mal non plus! Il est nécessaire de rappeler que la légende était le plus souvent ajouté par l’éditeur. Le dessin se suffisant à lui-même pour l’artiste.

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Les guides de voyage se développent. En 1835, l’allemand Karl BEEDEKER publie un guide de voyage sur le Rhin. Les guides connaitront un succès mondial. Louis Hachette crée les guides de voyage JOANNE en 1855 qui deviendront « les guides bleus ». L’expression « Cote d’azur » est inventée par LIEGEARD (écrivain) qui décriera la « Riviera française » qui s’étend de Marseille à Gènes.

Dès 1848, un premier « train du plaisir » à prix réduit relie la capitale à la côte normande.

Pour la clientèle aisée, un train jaune dit train des maris, avec supplément, quitte Paris le samedi après midi pour revenir le lundi avant midi.

ARCACHON : création en 1820 sur un plan quadrillé parallèle au plan d’eau.

CABOURG : conçu vers 1855 par l’architecte Paul LEROUX. Quadrillage autour du centre de la station – bains/hôtel/ casino/ avec des parcours promenades (parcs – squares)

DEAUVILLE : 1858 – Architecte: Desle François Breney- Conçu sur un terrain marécageux comme un plan à damier. Les digues promenades permettent de relier le quartier économique ‘port-gare), le quartier résidentiel (équipements centraux) et le quartier de l’hippodrome (réunions mondaines).

GRANVILLE: Premiers bains thérapeutiques vers la fin du XIXè siècle. En 1926, une simple cabane de plage est adossée à la falaise. Elle laisse place à un plus vaste chalet de bains en 1859 : modeste chalet à galerie orné d’un fronton.

BERCK : 1861-1869. L’hôpital Napoléon est édifié par l’architecte Emile Lavezzari pour assistante publique de Paris. ¨Les bâtiments sont face au rivage pour que le vent dans les chambres viennent chassé les miasmes infectieux.

TREPORT: 1904/1906 – Architecte et financier: Frères Sarrazin vont concevoir la « Cité des sports » accessible par le funiculaire depuis le centre balnéaire et le casino.

La déambulation ou promenade devient l’activité essentielle des estivants : vaste esplanade à Atlantic city- Chemin de planches à Deauville- Sur les rochers, à Biarritz- Remblai de digues sur la Promenade des anglais- fermée par une galerie à Ostende.

A la fin du XIXè siècle, aux USA et Angleterre se multiplient les parcs d’attraction dont le con est issu des « Pleasures gardens » britanniques.

L’essor des grandes vacances à la mer

La crise des années 1930 sonne la fin d’une économie touristiques sur les élites aisés: les stations sont désertées, les casinos font faillites, et les projets sont arrêtés. Progressivement, un nouveau modèle économique se met en place : l’accès du plus grand nombre. Entre 1938 et 1973, l’explosion des vacances à la mer est favorisée par un accroissement des congés payés( 1956- 1968). Ce sera l’émergence d’une société de consommation de masse.

Les tourismes européens délaissent la France au lendemain de la guerre. En 1959, Pierre Sudreau, ministre de la Construction, lance l’idée de grands travaux dans le cadre d’une politique d’aménagements des territoires mise en place par l’Etat. Après avoir observé les modèles de la Costa Brava en Espagne, de la Mer Morte en Bulgarie ou en Roumanie ainsi que les réalisations américaines de Californie et de Floride, l’Etat met en place des missions:

  • 1963 pour le Languedoc Roussillon (mission racine),
  • 1968 pour la Corse,
  • 1967 pour l’Aquitaine ( MIACA).

Pour la première fois, la planification s’élabore globalement et dans son ensemble ( équipements routiers et de détente, autoroutes, hébergements et ports). Des projets privés voient aussi le jour sur la Côte d’Azur.

En Languedoc Roussillon, l’Etat aménage un littoral:

  • de 180 km de long,
  • Ouverture en 1967 de la « Languedocienne » qui dessert toutes les unités touristiques et fait route vers l’Espagne,
  • 650 000 lits (identique à celle de la,Côte d’Azur)
  • 19 ports de plaisance.
  • Architectes: Jean Balladur- Jean Le Couteur- Georges Caudilis- Raymond Gleize- Edouart Hartané.
Maquette de Gruissan. 1963 1976- Raymond Gleize et Edmont Hartané-

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Projet de chalet pour le film 37, 5 ° le le matin- 1986-

Cité lacustre de Port Grimaud- François Spoerry-1966-

Le modèle de la « Petite Venise » avec ses canaux intérieurs, est rapidement exporté dans le monde entier.

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Quelles villes balnéaires pour demain ?

Le choc pétrolier sonne le glas de la période des « Trente glorieuses ». L’urbanisation du littoral est décrié. En 2005, plus de 3 milliards de personnes vivent au bord d’un littoral dans des agglomérations. Dans les années 1970, la sensibilisation à l’écologie avec l’intérêt pour ls patrimoines déclenche des grandes campagnes de sensibilisation à la protection des espaces.

 

 

 

 

 

 

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