
Fabcaro, dessinateur, illustrateur et écrivain, reprend la formule des histoires d’Enid Blyton, parues dans les années 60 à la Bibliothèque rose pour adolescents pour les parodier. Le roman Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis n’est absolument pas destiné à de jeunes lecteurs, mais bien, aux anciens lecteurs devenus adultes, admirateurs du Club des Cinq et de sa troupe d’adolescents se transformant en détectives.
Car, on les a aimés ces adolescents intrépides ouvrant notre monde vers de futures Fifi Brin d’acier et Fantômas ultérieurs. Mais, lorsqu’adultes, nous avons découvert que la sage Enid Blyton (1897-1968) était, en vérité, une raciste réactionnaire, nous nous sommes empressés d’oublier nos lectures fondatrices de notre passion pour les polars.
Charles Barral est un chef de famille, apprécié, à l’humour gras, même graveleux, et à la situation sociale avantageuse de la petite bourgeoisie. Sa femme réagit en levant les yeux au ciel mais ne dément aucunement les remarques sexistes qui font le charme de ce mari, d’un autre âge. Un mystérieux dossier (la recette des raviolis) disparaît du bureau et les enfants, aidés des cousins, et de Bruno, leur souffre-douleur, vont tenter de résoudre cette énigme. Évidemment, Josepha, leur employée de maison à l’accent reconnaissable, sera accusée, mais est-elle la vraie coupable ?
Satire féroce d’une France particulière
Comme une pub de l’époque, Les cinq amis.e.s l’échappent belle in extremis ont le format, la couleur et le contenu, mais ce n’est pas un Club des Cinq. C’est pire !
Pourquoi Fabcaro s’est embarqué dans cette galère. Certainement, par envie de dénoncer l’absurdité des préjugés ordinaires et des nostalgies identitaires. Et, c’est réussi ! Car, pour ma part, aucun rire ni même sourire, ses propos existent encore. Ils ne sont pas obsolètes. Ils semblent même renaître comme une génération spontanée.
Cette France-là déteste les étrangers, et en passant égratigne aussi la paresse des fonctionnaires. Elle se vautre dans la nostalgie du « c’était mieux avant« . Les habitants de cette France sont crédules et croient n’importe quoi, sans chercher ni à comprendre, ni à se documenter au-delà des clichés qu’elle véhicule. Ils sont incultes aussi. Imaginez la recette de raviolis de Lidl qui fait la joie des amis de Charles, celle qui a été volée !
Teinté de rage froide et de rire jaune, Fabcaro noircit le trait jusqu’à l’asphyxie. J’ai abandonné à quinze pages de la fin. Non parce que la satire échoue, mais parce qu’elle réussit trop bien à donner corps à une France rancie qui, loin d’avoir disparu, semble aujourd’hui retrouver de la voix.
En quelques mots
Une parodie féroce du Club des Cinq où Fabcaro utilise les codes de l’enfance pour dénoncer racisme ordinaire, sexisme et nostalgie réactionnaire. Une satire efficace, mais dont l’accumulation des propos caricaturés peut devenir étouffante.
Puis quelques extraits

Apolline avait obtenu de bons résultats mais s’inquiétait tout de même pour le brevet dans deux ans.
« Ne t’inquiète pas, ils le donnent à tout le monde, intervint Charles Barral, c’est comme le bac. Résultat : tout est dévalué et les jeunes des quartiers préfèrent vendre de la drogue que de travailler. »
Tout ceci devenait de plus en plus mystérieux et intrigant ! Mais, cela n’était pas un problème pour les cinq ami.e.s qui avaient l’habitude des énigmes inexplicables ! *
*Voir Les cinq ami.e.s et la dissolution de l’Assemblée Nationale
De plus, il s’y trouvait des algues vertes à cause du lisier de porc, aussi fallait-íl constamment enjamber les chevaux morts qui jonchaient la plage, asphyxiés par le dégagement de sulfure d’hydrogène.
Ici en bref




Du côté des critiques : La Bande Originale
Du côté des blogs : Caroline Doudet
Questions pratiques

Les cinq ami.e.s l’échappent belle in extremis – Fabcaro
Éditions 6pieds sous terre – Instagram : @6piedssousterre – X : @6piedssousterre– Facebook
Parution : 17 avril 2026 – EAN : 9782352122036 – Lecture en juin 2026

Au point que vous ayez arrêté avant la fin ? Intrigant !
Petit problème sur ton post de Michaël Connely !
Impossible de voir le post et de laisser un commentaire…
Merci bcp ! Je vois ça dès que je rentre !
J’ai beaucoup lu Le Club des Cinq et j’apprécie Fabrice Caro, alors je feuillèterai ce roman graphique à la médiathèque. Bonne journée
En tant qu’ancienne inconditionnelle du Club des Cinq et autre Clan des Sept, j’avoue être très tentée par cette satire. Bonne soirée
Alors, je te la conseille ! Excellente semaine à venir ! 🍒
Tu me fais penser que j’ai les 15 dernières pages de L’amie prodigieuse à lire depuis plusieurs années.😂
Oui, c’est quand même un des privilèges, ou même droits, du lecteur que de ne pas finir un livre ! 😀
Bon, ben, je vais passer, même si, au départ, j’étais plutôt intrigué !
Merci pour ta confiance, mais à lire les avis sur Babelio, je me sens un peu seule, car tout le monde le trouve très drôle cet opus ! Alors, ton avis serait peut-être différent du mien…
Bonjour Matatoune, certainement assez consternant ce langage réactionnaire ! Curieux de vouloir faire rire avec ça, c’est plutôt exaspérant. Je comprends que tu aies lâché avant la fin. Excellent week-end à toi 🙏😊
Merci de ta compréhension ! En tant que lecteur, et même regardeur ou écouteur, on a tout à fait le droit d’arrêter !
Excellente continuation 🌊🕶
Tu as abandonné quinze pages avant la fin ? C’était si insupportable que cela ?
Ben oui, et Fabcaro a atteint son but ! Rentre insupportable ce langage réactionnaire ! 😀