
Après la lecture de l’essai, Les Hommes du Bac de Willy Le Devin, je me suis souvenue que, dans ma PAL, il y avait ce roman graphique, « On ne parle pas de ces choses-là« . Le scénario raconte l’histoire de la journaliste Marine Courtade. Elle a subi un inceste et a souhaité comprendre. Elle a travaillé avec Alexandra Petit pour illustrer son enquête. Celle-ci porte, précisément, sur la fabrique du silence autour de l’inceste dans la famille de l’enfant confident. (Évidemment, les noms et lieux ont été changés pour viser l’universalité).
Enquête familiale !
Son grand-père, qu’elle a toujours appelé le « père de mon père », l’a violée enfant. Il a eu sept enfants. Est-ce que d’autres ont vécu la même chose ? Que savaient les membres de la famille ? Qu’ont-ils fait ? Pendant le confinement, elle décide de prévenir chaque enfant de cette enquête journalistique et de son objet.
Pas de grandes révélations dans ce roman graphique ! Mais, en détail il explique les retentissements et les conséquences du silence ! Le titre est parfaitement trouvé. Le silence se fait autour de la culpabilité de ne dire rien, de la honte d’avoir un membre de sa famille si « défaillant », et de la peur de faire mal à ceux qu’on aime.
Alors, on essaye de protéger sa tribu proche. L’œil est vigilant. Les explications ont lieu avec, en général, l’agresseur, uniquement. Même si le bouche-à-oreille fonctionne, il y a le barrage de l’amour qu’on porte à l’agresseur qui bloque le plus grand nombre.
Ce roman graphique, On ne parle pas de ces choses-là, est à lire, à laisser dans une bibliothèque, familiale ou publique, accessible à tous. Confronté aux problèmes, il peut aider à lever le silence.
Et, nous, qu’aurons-nous fait ? Que ferions-nous, si cela arrivait dans notre famille actuellement ? Aucune réponse n’est évidemment unique.
Je reprends la conclusion de Marine Courtade : « Puisque le silence autour de l’inceste est un travail d’équipe, il faut viser l’équipe. »
En quelques mots
Dans On ne parle pas de ces choses-là, Marine Courtade enquête sur l’inceste qu’elle a subi enfant. En interrogeant sa famille, elle révèle les mécanismes du silence : honte, culpabilité et protection du clan. Sans révélations spectaculaires, ce roman graphique montre comment l’omerta familiale perdure et interroge notre responsabilité collective face à ces violences.
Puis quelques extraits

Suis-je devenue journaliste pour ça ?
Pour apporter l’écoute dont j’ai eu le sentiment de manquer ?
C’est le silence qui entoure l’inceste qui empêche de voir son ampleur et sa violence.
L’inceste reste le tabou parmi les tabous.
Et pourtant, ce type de violence est loin d’être marginal.
Il y aurait en moyenne trois enfants victimes par classe. 7 millions de Français seraient concernés. Lors des révélations d’inceste par un enfant, le confident ne fait rien dans près d’un cas sur deux.
Seulement 10% des victimes décident de porter plainte mais 80% des poursuites judiciaires finissent classer sans suite, faute de preuve (pas d’ADN, pas de témoins, etc.), c’est parole contre parole.
Et, encore,
Moi aussi, j’aimais bien mon grand-père. Et c’est bien tout le drame de l’inseste. C’est que le viol est commis par quelqu’un qu’on aime.
J’ai compris, en discutant avec, chacun d’entre eux, que le silence est en fait une couleur grise.
Maintenant que l’on sait, que faire?
Il faut s’attaquer aux mécanismes de domination, à l’écart de valeur entre les hommes et les femmes, entre les adultes et les enfants. Continuer à dire et surtout accepter d’entendre et cesser d’être complaisant. Puisque le silence autour de l’inceste est un travail d’équipe, il faut viser l’équipe.
Ici en bref





Du côté des critiques : France info
Questions pratiques

On ne parle pas de ces choses-là
Alexandra Petit – Marine Courtade
Prix Franceinfo de la BD d’actualité 2026
Instagram : @alexpetit_ – @ma.courtade
Casterman BD – Instagram : @casterman_bd – X: – Facebook
Parution : 2 avril 2026 – EAN : 9782203292871 – Lecture en avril 2026

La pédophilie est un crime. Tous les enfants abusés souffrent pour le reste de leurs vies. La parole se libère et c’est très bien. Protégeons nos enfants.
C’est vrai qu’il faut en parler, pour éviter que cela ne se reproduise, inciter la victime ou l’entourage à en parler. Bonne journée
Oui et ne pas cacher » le tout sous le tapis » . Bon week-end à venir !
Merci pour cette chronique importante.
Je le crois aussi, merci beaucoup 🌸
en parler toujours et le roman graphique atteint un autre public, c’est bien
Toujours en parler, merci beaucoup !
Un sujet difficile et douloureux pour beaucoup. Bonne journée
Mais un sujet nécessaire !
Sujet bien difficile… mais nécessaire !
Oui il ne faut jamais espérer d’en parler. En tout cas, c’est mon avis !
Je trouve justement qu’on en parle un peu trop !
C’est votre avis, je le respecte ! Pour ma part, je trouve qu’on ne parle pas assez des souffrances des enfants !