Le Groupe d’Isabelle Lagarride : roman poignant sur les « accidentals killers » et la résilience face au trauma

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Connaissez-vous les « accidentals killers »? Isabelle Lagarride explore avec son nouveau roman, Le Groupe, le concept des responsables non coupables. Ce sont des personnes, souvent des enfants, confrontés au meurtre qu’ils ont provoqués, trop jeunes ou, par un concours de circonstances absurdes, pour être reconnu coupable.

Avec sa stagiaire psychologue française,  Ava, la Frenchie, Cornell étudie les futurs membres de son séminaire, dit de formation. En réalité, c’est un prétexte pour établir, soit disant, une première base de données sur ces situations si particulières. Et ainsi, savoir comment de telles personnes se construisent. 

Nous sommes en Californie sur le campus de l’université Santa Barbara. Janice avait tué son petit frère avec le revolver que son père rangeait dans un tiroir de son bureau. Lexie avait baissé le frein à main de la voiture des parents. Son ami fut tué sur le coup. Elle avait six ans. Aaron avait quatre ans quand il ouvre le gaz, avant la promenade avec ses parents. L’incendie détruit l’immeuble et trois personnes en mourront.

Alors, la résilience ?

Isabelle Lagarride place son roman autour de la question obsédante de la résilience. Tellement galvaudée, cette dernière est utilisée pour qualifier le fait qu’une personne peut (presque doit) dépasser le traumatisme subit et se construire sans « trop de dégâts ». La résilience devient le nouveau crédo. Sans résilience, point de salut, semble dire toutes les injonctions qu’on entend de toutes parts.

Ainsi, tous les personnages présentés sont tous capables de faire comme ci. Alors, qu’au plus profond d’eux-mêmes, les traces du traumatisme les empêchent, les inhibent et les forcent à adopter des conduites compensatrices, coûteuses en énergie et en conséquence sur le déroulement de leur vie. 

L’intelligence de d’Isabelle Lagarride est de ne jamais se placer en surplomb vis-à-vis de ses personnages. Et, dans ce roman, chacun peut puiser l’énergie nécessaire pour dépasser des difficultés. Son postulat est que la parole partagée et accueillie permet de lever les murs que chacun bâtit, pour se préserver de la souffrance de ses failles. Et, le roman rend compte des efforts de chaque personnage pour accepter de les reconnaître devant des amis de confiance. 

Loin de donner des pistes pour rassembler les « éléments d’une résilience réussie« , les personnages d’Isabelle Lagarride apprennent à mesurer leurs difficultés, à les nommer et à les reconnaître. « Il n’y a pas de solution miracle pour affronter un trauma ni de timing. Chacun l’affrontera à son rythme. »

Se construire avec l’amitié

Le roman Le Groupe n’est pas un roman feel good. Ce serait le rabaisser. La description des efforts fait par chaque personnage pour s’ouvrir en atteste. Le chemin est difficile mais avec l’aide des autres, il est plus aisé à parcourir. C’est ainsi la force de ce roman de réaffirmer l’importance du groupe et de l’amitié.

Un autre aspect que j’ai aussi apprécié dans ce roman, c’est l’analogie qu’il y a entre ceux qui sont censés aider et ceux qu’ils aident. Il n’y a aucun pouvoir dans la relation qu’introduit le psychologue Collin, et ainsi, sa stagiaire, avec Janice, Aaron et Lexie. Il y a l’idée que l’aidant(e) apprend autant que l’aidé(e), et vice versa, dans la relation menée. C’est d’une justesse qui n’est pas souvent énoncée.

En conclusion, toujours surprise par la fluidité de son style et la justesse des émotions décrites, j’ai dévoré ce roman. Les personnages sont attachants et leurs réactions très justes.
Isabelle Lagarride a bien du talent pour nous parler de failles, de culpabilité, d’impossibilité et de souffrance, sans jamais nous ennuyer ou nous perdre en route.

En quelques mots

Dans Le Groupe, Isabelle Lagarride explore les « accidentals killers », ces individus ayant causé la mort sans responsabilité pénale. Sur un campus californien, un séminaire réunit ces profils pour étudier leur reconstruction. Le roman interroge la résilience, montrant des personnages marqués, oscillant entre culpabilité et reconstruction, où la parole partagée devient essentielle.

Remerciements

Aux éditions Récamier.

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Puis quelques extraits

Tu vas réaliser que chaque humain amène un combat intérieur dont le reste du monde ignore l’intensité.

Si ça n’a aucune importance dans cinq ans, ne passe pas plus de cinq minutes à te prendre la tête dessus.

Ce qu’il s’est passé dans leur enfance ne les définit pas. Notre objectif, c’est qu’ils en soient persuadés eux aussi.

Le cœur en prothèse

Les gens amputés ne ressentent plus leurs membres.
Mais parfois une douleur fantôme persiste.
J’ai le cœur en prothèse
Depuis que tu n’es plus là.

Faire tomber les barrières des autres, c’est accepter de baisser les siennes.

  • Qu’est-ce que tu as contre le sarcasme ?
  • Rien. Il est inutile, c’est comme un bruit qu’on ferait pour couvrir les sons qu’on ne veut pas entendre.

Ma psy dit qu’on ne peut pas changer notre passé, mais qu’on peut s’en servir pour modifier notre futur.

Pourtant une façade impeccable peut cacher une maison en ruines.

On peut utiliser leur mort pour rendre la vie des autres meilleure.

Ils trouvent une manière de transformer ce qui est arrivé.

So live a life you will remerber.

Ici en bref

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Incipit

Pour aller plus loin

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Questions pratiques

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Isabelle Lagarrigue – Le Groupe

Éditeur : Récamier – X : @Ed_Recamier- Instagram :@editionsrécamier – Facebook

Parution : 9 avril 2026 – EAN :  9782385772406 – Lecture en avril 2026

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17 commentaires

    • Pas de solution miracle, juste l’amitié et la parole, ce qui est déjà bcp !

  1. Ce sont des thématiques dramatiques qui n’engendrent que de la souffrance pour tous, les coupables et les victimes. Bonne journée

  2. Je ne crois pas que je pourrais lire ce roman. Ces accidentals killers ont détruit des vies et des familles qu’il ne faut pas oublier. Bonne journée et bisous

    • C’est vrai, tu as raison, mais sans intention véritable ! Bon week-end à venir !

  3. Je ne connaissais pas ce terme d’accidental killers qui est très parlant et qui semble ici abordé avec beaucoup de justesse. Quant au terme résilience, il me semble également galvaudé à force d’être utilisé à toutes les sauces…

    • Oui et ce terme ne tient pas du tout compte du cheminement difficile, long et des fois impossible pour arriver tout simplement à vivre avec le traumatisme.

    • Ça devient tellement des injonctions à …qui ne peuvent que mettre une pression insupportable sur ceux qui sont touchés par des traumatisme.

  4. Sujet compliqué et difficile à aborder.
    Existe-t-il des groupes de parole en France avec des psys pour aider ce genre de personnes ?

    • J’avoue ne pas savoir mais, je suis assez persuadée que Isabelle Lagarride a été très consernée par une telle histoire…. Il faudra chercher dans ses divers interviews ou rencontres ! À suivre !

    • Merci à toi aussi !
      Terrible situation en effet et Isabelle Lagarrigue montre différentes manières de réagir et c’est intéressant !

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