
Christophe Boltanski se demande dans Le trait de côte : « Comment écrire la biographie de quelqu’un présent dans la mémoire de personne« . Et pourtant ils ont bien de la chance ses anciens du côté maternel de l’avoir, lui l’écrivain, pour mettre en valeur leurs histoires oubliées ! Cet écrin de papier est une petite merveille !
Barfleur, sur la côte entre Cherbourg et Saint-Vaast, appartient à une étroite bande de côte, comme un trait, dont Ernest Clouet assumait la surveillance en tant que douanier.
Au cours du confinement, les filles de l’écrivain mettent à jour une liasse de lettres non signées et des poèmes, retrouvée dans une boîte en fer-blanc. Ces boîtes sont certainement un clin d’œil tendre à son oncle, décédé depuis peu, Christian Boltanski, qui qualifiait dans ses œuvres celles qu’il exposait d’urnes funéraires. Ainsi, cinq poèmes tracés à l’encre bleue, en date des années 20, sont retrouvés. L’auteur des lettres et de la poésie est à identifier peut-être parmi eux. Seule une photographie, représentant des jeunes gens, était épinglée sur un mur et le reliait au passé.
Au cœur de la maladie, la poésie !
Cette enquête passionnante se déroule en douze chapitres, qualifiés de stations, comme un chemin de croix écourté. La tuberculose, épidémie de l’époque, frappe inexorablement la famille d’Ernest Clouet, y compris ses enfants. On suit plus précisément Madeleine, au lourd fardeau porté dès sa naissance. Elle va s’affranchir en devenant institutrice et en s’engageant politiquement.
Ainsi, Christophe Botanski ressuscite la figure oubliée de la résistante communiste, Marguerite Joubert, surnommée Bijou, elle-même institutrice, que Madeleine a accompagné. De plus, toute la pédagogie de Célestin Freinet, Madeleine la met en œuvre dans son métier au jour le jour et ses essais sont passionnants.
Ce récit de mémoire et d’enquête est novateur par les personnes dont Christophe Boltanski met en lumière le parcours, un grand-père complètement effacé de l’histoire, mais également une jeune femme, pourtant enfermée dans sa maladie, qui a pu se libérer du carcan de ses ancêtres. L’intime réussit encore à atteindre l’universel dans Le trait de côte. À découvrir !
Remerciements
Aux éditions Stock et à #NetGalleFrance
Puis quelques extraits

Il ne faisait partie ni des gens de mer ni des gens de terre. C’était quelqu’un du rivage.
La folie se transmet-elle par le sang ?
La fréquentation du rivage, ce lieu ambigu, ce miroir où tous inverse, développe l’imaginaire. Et l’écriture naît souvent d’un deuil, de la culpabilité face à la mort.
Or, c’était précisément ça qu’elle venait chercher. Une façon d’être, de se mouvoir, de faire parler le silence, d’observer les autres. Auprès de cette ultime représentante d’une interminable lignée de paysans, Jeanne retrouvait un monde perdu. Celui de sa mère.
Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous.
Désaisi de ces enfants, veuf de tout, il perd sa langue. Il trouve la parole inutile. Il descend en lui même. Il se tait et se sédimente. Un bloc de silence. Il ne parvient a émettre que des ronchonnements ternes.
Vous croyez être un architecte, vous n’êtes qu’un artisan parmi d’autres. Vous vous inscrivez dans une chaîne, pareil à un scribe du Moyen Âge, recopiant sans cesse le même texte, et, se faisant, le modifiant peu à peu, en ajoutant ici et là une enluminure,, une précision, ou quelques fautes.
Ici en bref



Du côté des critiques : France Info
Questions pratiques

Christophe Boltanski – Le trait de côte
#rlhiver26
Éditeur : Stock – X : @EditionsStock Instagram : @editionsstock – Facebook
Parution : 7 janvier 2026 – EAN : 9782234096097 – Lecture en janvier 2026

J’ai une amie à qui ce livre devrait beaucoup plaire !
C’est une énième enquête généalogique mais si bien écrit. J’espère qu’elle appréciera !
Il a l’air riche d’un point de vue historique.
Oui, une branche toute ordinaire, de personnes lutrant contre ce fléau de la tuberculose, avec une percée vers la pédagogie active et la résistance.
Bonjour Matatoune. Ton enthousiasme pour ce roman me donne envie de le découvrir. Bonne journée
Merci à toi pour ta confiance et excellente lecture !
Une découverte pour moi !
Merci 🙏🏻
Bon week-end 🎑
La thématique m’attire peu. Bon week end
Je omprends. Néanmoins, il est très bien écrit !
Je n’ai lu que deux livres de cet auteur, que j’avais moyennement apprécié.
Peut-être as-tu tu lu celui sur son autre branche !
belle découverte pour moi
Une écriture au service des oublies !
Bonjour Matatoune, ce livre semble très joli et j’aime bien les extraits choisis ! Merci pour la découverte d’un auteur que je n’ai jamais lu. Bonne journée 🙏🌞🍀📚🤩
C’est une écriture qui merisa découverte. Bonne journée 🙏📚
Evidemment, le sujet me fait penser au dernier Mauvignier … Mais comme j’adore Boltansky, l’oncle, je note quand même ce titre pour plus tard, quand j’aurais « oublié » La maison vide
Oui, certes on a été abreuvé par des enquêtes sur les ancêtres et celles de Mauvignier est au sommet 😆