John Singer Sargent – Éblouir Paris – Musée d’Orsay

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Les commissaires du musée d’Orsay ont choisi de présenter dans l’exposition John Singer Sargent – Éblouir Paris, le moment français de ce peintre américain.

Portrait et scènes de genre, John Singer Sargent est un peintre virtuose qui a fait scandale de son pinceau éclatant. Trop moderne, trop peu conforme, trop représentant un monde multiple aux identités diverses, certainement !

Né à Florence, en 1856 de parents américains. Ses parents ont perdu un enfant et la mère convainc son mari, chirurgien renommé, de rejoindre la communauté américaine de Florence. L’injonction maternelle est puissante pour que son fils, John Singer Sargent, développe sa sensibilité pour l’art en se formant à la peinture. Il rencontre Monet à la seconde exposition impressionniste.

L’idée d’une peinture américaine est importante pour ce XXᵉ siècle naissant. Cependant, tous se sont formés à l’étranger comme Mary Cassatt. Le scandale de Madame X a précipité son départ de la France pour le Royaume-Uni, en 1886, auprès de Henri James, puis aux États-Unis. Il ne passa que dix ans de sa jeune carrière en France, et notamment à Paris.

La formation

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La Dame aux gants Charles Émile Auguste Durant dit Carolus Durant 1869 Orsay

À 17 ans, poursuivant son apprentissage, il s’inscrit chez Carolus-Durant qui s’était rendu célèbre avec le tableau La Dame aux gants et qui accueillait d’autres peintres américains. Il prépare l’Académie des beaux-arts dont il recevra le second prix.

Ce tableau est présenté dans un salon, sous le Second Empire, et remporte un grand succès. Carolus Durant est un grand ami de Manet. Dans les années où voient apparaître les toiles de Manet, Monet ou Fantin-Latour, les portraits sont de nouveau appréciés et perdent leur valeur de faire-valoir de la haute société et aident à la survie des peintres.

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Dans le jardin du Luxembourg 1879 Musée dart de Philadelphie

John Singer Sargent apprend à peindre directement sur la toile sans dessins préparatoires. Son atelier était à deux pas du jardin du Luxembourg, au 73 rue Notre-Dame-des-Champs. Ici, le tableau représente une scène de genre sur la vue parisienne. Il y a peu de peintures sur ce sujet durant sa période parisienne. Là, encore les détails absordent celui qui s’y plonge !

En route pour la pêche

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Première scène que John Singer Sargent envoie au Salon avec un de ses portraits. Ses parents se sont installés à Cancale. Lui choisit de se rendre à la plage et de peindre cette scène. Il ne devait pas passer inaperçu, ce jeune homme !

Ce tableau déborde de petits détails. Il faut s’y perdre pour en percevoir toute la subtilité.

Dans les oliviers, à Capri

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Dans les oliviers à Capri 1878 Collection particulière

À Capri, lors d’un voyage en Italie, il peint Rosina Ferrara, modèle très célèbre, et fait plusieurs études de son corps dansant. Il enverra celle-ci au Salon et sera moqué. Elle sera caricaturée comme « attaquée par un python« . Pourtant, les puristes verront dans ce tableau le successeur de Corot, décédé en 1875.

Fumée d’ambre gris

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Fumée dambre gris 1880 Williamstown Clark Art Institute

À Tanger, il est frappé par cette femme qui se parfume au-dessus de son encensoir. John Singer Sargent dit que, dans ce tableau, c’est la couleur qu’il l’intéresse car les gris simulent cette blancheur. La vogue orientaliste inonde le monde de l’art. Le dépouillement des blancs gris ici contraste avec l’interprétation d’autres peintres, par exemple Delacroix. La scène est originale et la façon de la traiter aussi.

Portraits d’enfants dit aussi Les filles d’Edward Darley Boit

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Portraits denfants 1882 Musée des Beaux Arts Boston

Sorte d’hommage à Vélasquez, John Singer Sargent est jeune et veut se faire connaître par son originalité. Celui-ci est exposé en 1883 après avoir vu les Minimes au Prado de Vélasquez. Réalisé très rapidement, il affiche sa modernité. Les deux aînées des filles Boyes sont représentées à l’arrière, hors des convenances de l’époque. Les traits blancs signalent le portrait en pied des deux fillettes. Les effets d’ombre et de lumière sont très étudiés. Les vases japonais sont exposés à Boston à côté du tableau.

Portrait de Madame X

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Étude de Madame Gautreau inachevée Vers 1884 Tate Londres

Née en 1859 à la Nouvelle-Orléans, Virginie Amélie Avegno s’installe en France en 1867. Elle épouse Pierre Gautreau et devient une figure importante de la vie parisienne. John Singer Sargent insiste beaucoup pour que Madame Gautreau accepte de poser. Elle est connue pour être d’une très grande beauté.

De longues séances de pose, entrecoupées de morceaux de piano. Néanmoins, pour la première fois, il semble impressionné et à recours à des dessins préparatoires. John Singer Sargent a bientôt la trentaine, elle en a 25. Elle se farde, y compris le corps, avec de la poudre de lavande et met du rouge à lèvres sur ses oreilles pour faire ressortir sa pâleur. Ce portrait de profil, corps blanc et robe fourreau, qui n’existe pas avant 1920, a une assurance assumée.

Présenté au Salon de 1884, le tableau fait scandale. Est-ce la bretelle droite de la robe qui repose sur le bras ? C’est l’argument que prendront ses détracteurs, nombreux. Les femmes se permettent de dire devant le portrait toutes les jalousies qu’elle provoque, du genre « Ah, voilà la belle ». Le scandale rappelle celui de l’Olympia de Manet. Sa bretelle sur le bras symbolise la sensualité très expressive de cette femme.

John Singer Sargent remettra la bretelle à sa place et enfermera son tableau chez lui. Il refusera de le vendre jusqu’à la mort de cette femme (1915). Le Metropolitan Museum of Art de New York l’acquerra. Profondément ennuyé par ce scandale, l’artiste précipitera son départ pour l’Angleterre et retrouver son ami Henry James.

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La Carmencita

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La Carmencita 1890 Musée Orsay

Avec la Carmencita, John Singer Sargent tient sa revanche en France. Il rencontre certainement Carmen Dauset Moreno, originaire d’Almería, à l’Exposition universelle de Paris puis la retrouve à New York. Très apprécié lors de son exposition à Paris, le tableau aura beaucoup de succès. Il met en valeur son immense talent.

En conclusion, l’exposition John Singer Sargent – Éblouir Paris au musée d’Orsay est très intéressante pour découvrir et comprendre pourquoi cet artiste fut un artiste tellement apprécié aux États-Unis.

Pour aller plus loin :

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John Singer Sargent – Peintre – Boston

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Isabella Steward Gardner Museum

Commissaires : Caroline Corbeau-Parsons et Paul Perrin

Sources: Scribe accroupi –

Questions pratiques :

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Autoportrait Vers 1890 Musée dOrsay

John Singer Sargent – Éblouir Paris

Musée Orsay

#ExpoJohnSingerSargent

Du 23 septembre 2025 au 11 janvier 2026

X : @MuseeOrsay    Instagram : @museeorsayFacebook

Président : Christophe Leribault

1 rue de la Légion d’Honneur,

75007 Paris

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14 commentaires

    • Cette exposition est une petite merveille à découvrir. Peut-être qu’après elle voyagera. Et pourquoi pas en Suisse. Bonne continuation 🎄🎁🙏

  1. Je me joins au chœur de louanges. Très belles présentation de cette exposition. En effet, certains tableaux méritent les coups de projecteur sur les détails. Un surdoué. Et je répète ce que j’avais écrit dans « ma visite » : dommage que l’expo’ s’est arrêtée avant le tournant du siècle. Il en a commis encore qqs tableaux magnifiques.

    • C’est un parti pris que je pensais un peu franchouillard, je l’avoue, avant d’avoir vu l’expo. Évidemment, il n’en est rien 😆 c’est justement les réactions des visiteurs devant Madame X qui ont précipité le départ de ce peintre américain.
      Je viens de relire ta chronique. Évidemment, son admiration et la tension de ne pas arriver à lui redonner toute sa beauté sont perceptibles dans ses études et dans le tableau final. Mais, je ne savais pas leur liaison. J’en étais resté à une homosexualité restrictive ! Comme quoi…🤣

  2. Belle chronique pour une exposition magnifique. Je vais y retourner, ne serait-ce que pour voir de près la fumée de cigarette qui m’a complètement échappée.

    • 🤣 Ses tableaux de genre sont magnifiques. Et vraiment, il renouvelle l’art du portrait ! Je n’ai pas montré les enfants Pailleron, tellement étranges avec les yeux de cette petite fille qui transpercent ceux qui la regardent !
      Vraiment ravie ! Très belle exposition !

  3. j’ai vraiment adoré cette exposition et les tableaux que tu montres sont sublimes. Tellement de cadrages incroyables, de tendresse dans les couleurs, les poses des personnages, leur véracité tout le temps, un formidable dessinateur et un maitre de la couleur. Ce fut une découverte bouleversante pour moi.

    • Pour moi aussi, car je ne le savais pas si « prodige » dans sa jeunesse ! J’ai été bouleversée par les tableaux exposés ! Vraiment, une très belle exposition !

  4. Quel belle chronique ! Je l’ai lue avec intérêt, sachant que je n’aurais peut-être pas le temps de visiter cette exposition. Un style un peu photographique, je trouve, mais de très belles couleurs. Merci Matatoune 🙏😊 Bonne journée à toi 🍂🌞🍀🌷⛅️

    • Tu es trop gentille 🙏 bcp . Dommage de ne pas la découvrir en direct.Je me suis perdue dans ses tableaux avec ravissement ❤️

  5. Quel article très complet ! Ma visite fut moins éblouie. Les belles dames en belles robes le regard « touriste » m’ont un peu agacée. En revanche j’ai aimé les portraits de ses amis artistes

    • Ah oui, moi c’est la partie qui m’a le moins intéressée. Je pensais n’avoir rien à apprendre de ce peintre que j’avais découvert à Boston. Et, oui, j’ai été éblouie par son regard structateur et novateur, toujours décalé. Je me suis perdue dans ses tableaux avec délice. ❤️

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