
Ce terme marâtre, je l’imaginais encore comme une belle fille pour qualifier la mère de la personne qu’elle aime, homme ou femme. Je ne l’avais pas imaginé pour les familles recomposées.
Qui sont-elles, ces femmes qui décident d’accueillir les enfants d’une autre ? Elles les accueillent souvent uniquement par amour et découvre la difficulté de n’être ni mère officiellement, ni uniquement mère à mi-temps. Pourtant, elle porte leur amour « maternel » au quotidien, dans le vécu de tous les jours, y compris, les jours où ceux-ci sont avec leur propre mère.
Solenn Barbet imagine une jeune femme Gwen qui n’a jamais vécu avec un homme. Alors que Samuel lui propose la vie commune, elle s’interroge. Elle décide de réunir huit femmes chez elle. Leur point commun : toutes ont une expérience de mère de substitution doublée d’une amoureuse.
Chacune raconte sa vie de couple avec les enfants de la personne qui partage sa vie. Elles s’interrogent entre elles, approuvent, applaudissent et même s’indignent lorsque le récit semble raconter l’inacceptable.
Ces témoignages, recueillis depuis 2018, sont tous vrais. Ils révèlent tous une situation difficile, qui arrive, plus ou moins, à être bien vécue avec le temps et la régularité. Le récit des différentes femmes permet de dégager des éléments favorisant une bonne relation. Néanmoins, la vie de couple n’est jamais simple et la relation avec les enfants peuvent devenir aussi un enfer.
De formation ethnologue, Solenn Bardet enquête et donne une dimension sociologique indéniable à son travail. Elle relève des facteurs déterminants et d’autres plus ou moins empêchants, et même invalidants. Marion Chancerel, dessinatrice, donne à son dessin beaucoup de vie. Elle joue avec les couleurs pour donner corps aux différents récits. C’est sa première BD et elle est réussie !
Remerciements
Aux éditions La Boîte à bulles et à #NetGalleyFrance
Puis quelques extraits

Et au retour des enfants, il y a toujours une tension.
Le dimanche soir, c’était tendu, le mardi ça s’estompait, le mercredi on retrouvait notre famille.
J’ai élevé ces cinq enfants comme les miens. J’ai nettoyé leurs vomis. La nuit, mon inconscient ne faisait pas la différence entre Louise ou Fabio, qui se réveille. Mais, à l’école, comme partout, il me faut toujours des autorisations. La société me rappelle en permanence que je n’ai pas le droit de dire, » « Je t’aime comme une maman ».
Déjà, le père te légitimise comme son épouse et la belle-mère de ses enfants. Ça, c’est inestimable.
Ici en bref




Questions pratiques

Chères Marâtres
Solenn Bardet – Marion Chancerel
Instagram : @marion.chancerel
Blog de Marion Chancerel ici
Éditeur : La boîte à bulles – Instagram :@aboiteabulleseditions X :@boiteabulles – Facebook
Parution : 7 janvier 2026 – EAN : 9782849535493 – Lecture : novembre 2025

[…] Chères Marâtres – Solenn Bardet – Marion Chancerel […]
J’ai connu cette situation pendant 4 ans et ce n’était pas facile. Je lirai cette BD si j’en ai ‘occasion. Bon dimanche
Oui la BD pose tout à fait le problème. Bonne lecture, alors !
Un sujet peu abordé mais qui concerne tant de femmes.Bonne journée
Oui et le format est tout à fait adéquat pour mettre à distance ces retours de femmes et leurs expériences, vraiment difficiles !
J’aurais aimé lire ces récits s’ils n’étaient pas proposés en BD dont le format d’écriture m’est illisible.
Oui, je comprends. Et pourtant le format rend vivant cet échange d’expériences entre les femmes !
excellente idée de traiter ce sujet trop peu abordé et qui, pour l’avoir vécu, apporte souvent beaucoup de souffrance et d’interrogation sur la survie du couple. En Bd, cela doit être plus « léger » à lire.
Ah oui, car je l’avoue lire un essai sur les difficultés et les souffrances que ces femmes ont rencontrées aurait été pesant ! Et, puis, Solenn Bardet n’a pas à commenter, à analyser, etc. J’aime aborder des sujets de société en BD, il y a une proximité qui aide à la compréhension, je trouve !