Émilie Lanez – Folcoche, le secret de « Vipère au poing »

vagabondageautourdesoi.com- Emilie Lanez - Folcoche -

Le plus grand mensonge de l’histoire de la littérature française est Folcoche, qui signifie truie qui dévorent ses petits. Surnom attribué à la mère de l’écrivain, Hervé Bazin, décrite comme pratiquant des maltraitances physiques et psychologiques sur ses enfants, faites de privations, sévices et séquestrations. Le seul qui lui résiste est Brasse-Bouillon, Hervé Bazin lui-même, tel qu’il est surnommé chez lui. À la cruauté toujours aussi active de la mère, sa noyade pourrait les libérer. Cette tentative de meurtre a échoué !

Cette histoire, rapportée par Émilie Lanez, est racontée dans le livre Vipère au poing écrit par Hervé Bazin et paru en 1948, présentée comme autobiographique. Vendu à plus de cinq millions d’exemplaires, son auteur fut, grâce à lui, président de l’Académie Goncourt pendant plus de vingt ans.

Cette mère, qu’il a décrite, a incarné, pour toujours, la mauvaise mère, cruelle et indigne. Au point que, par convenance pour sa réputation, la famille, et notamment Paule, sa mère, n’ont pas voulu rétablir la vérité. À vrai dire, Hervé Bazin, de son vrai prénom Jean, est l’auteur du plus grand matricide littéraire.

Car, non seulement, Hervé Bazin était un menteur, mais aussi un manipulateur et même un malfrat. Terrible cette découverte ! C’est la statue du Commandeur qui s’émiette. Mais, Hervé Bazin ne fut pas le seul à mentir. Son éditeur, aussi, lui a construit une sorte de « légende » bien lisse, mentant même sur son âge. Ses raisons, Émilie Lanez les met en lumière. Et, elles ne sont pas de nature à se réconcilier avec ce pseudo-écrivain.

Rétablir la vérité littéraire

Cette lecture m’a mise dans un état de colère que j’ai peiné à calmer. Je me souviens de cette actrice au physique « ingrat » qui avait trouvé avec le rôle de Folcoche, en 1971, une façon de revenir dans le monde du showbiz. Elle avait mis son physique pour servir ce personnage de mère indigne. Et, tout le monde avait trouvé parfaite cette interprétation. Néanmoins, c’est un homme terriblement malade que l’on découvre !

La puissance des archives permet de connaître et de rétablir la vérité. Et, le travail d’enquête réalisé par Émilie Lanez est remarquable. Son travail de généalogie est sérieux et documenté, aidé par les archives policières.

J’ai vérifié Vipère au poing de Hervé Bazin est encore signalée dans les lectures préconisées au collège en 5ᵉ dans le corpus « Maux de l’esprit » ! Peut-être faudra-t-il expliquer ce qu’est un esprit perturbé et vénal et jusqu’où un homme peut être prêt pour atteindre ses buts !

Remerciements

Aux Éditions Grasset et à NetGalleyFrance

Puis quelques extraits

« Vipère au poing » n’est pas un roman autobiographique, il est une vengeance, construite, murie et efficace puisqu’elle condamne depuis soixante-dix ans une famille au silence.

Vipère au poing est la construction perverse d’un manipulateur, l’œuvre maléfique d’un mystificateur mal aimé et amputé de sentiments.

Or, ce qui fascine dans ce mensonge littéraire, c’est sa force démiurgique. Jean Hervé-Bazin a désigné sa famille comme l’unique coupable, et il a obtenu que celui-ci le devienne. Elle a baissé la tête, elle s’est cachée, elle n’a jamais corrigé la légende noire. Elle s’est sacrifiée pour le laisser triompher.

Dans cette famille se colportent des horreurs, dont je peux dire avec certitude, après enquête, qu’elles procèdent de l’imagination de l’écrivain, leur père ou leur oncle, Comme Paule était condamnée par sa propre descendance à demeurer le monstre de papier dans lequel Jean l’a ensevelie.

Écrasés par la puissance de frappe du roman, tous se sont laissées tuer par leurs doubles fictionnels.

Ici en bref

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est a-noter.webp.

Du côté des critiques : Télérama

Du côté des blogs : Mes Promenades Culturelles – 2

Questions pratiques

vagabondageautourdesoi.com- Emilie Lanez - Folcoche -

Émilie Lanez – Folcoche

Éditeur : Grasset – X : @editionsgrasset Instagram : @editionsgrasset – Facebook

Parution : 1er octobre 2025 – EAN : 9782246840497 – Lecture : octobre 2025

Mes lectures incontournables en 2025

Mes incontournables littéraires

Actualités

Cet article vous intéresse

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

avatar d’auteur/autrice
vagabondageautourdesoi
Lire - Visite - Voyage - Vagabondage durant mon temps libre !

20 commentaires

  1. J’ai beaucoup aimé Vipère au poing comme tous les romans d’Hervé Bazin. Je ne savais pas qu’il était autobiographique. J’ai du mal à croire que Bazin ait été aussi odieux… Bonne journée

    • Et pourtant, Émilie Lanez le prouve ! Un horrible margoin !
      Excellente continuation 📚😰🖋

    • 🤣, de toutes les façons, c’était encore un terme pour déprécier une femme !

  2. j’avoue ne pas me souvenir trop de lui, j’étais plutôt Henri Troyat à l’époque avec ces grandes épopées sur Catherine la Grande.

    • On ne pouvait pas le rater ! Même si ses livres n’étaient pas lu, il était partout : un visage pas vraiment agréable d’ailleurs, comme une fouine . Bon, ben, maintenant, je fais de la discrimination sur l’apparence physique ! 🤔😆

  3. je comprends ton indignation, mais il reste que le roman est bon, c’est juste que c’est un roman et pas une biographie, comme il le laissait croire.

  4. Tu m’as fait découvrir tout un pan de ce roman que j’ignorais. Folcoche dans mon imaginaire était une tortionnaire d’enfant, un esprit malade. En réalité c’est Hervé Bazin qui était malhonnête. Ça fait froid dans le dos. Surtout, qu’il est encore au programme scolaire. Merci pour cette critique très instructive Matatoune 🙂📚☀️

    • Je ne sais vraiment ce qui me révolte le plus, ses mensonges pour satisfaire son propre intérêt ou le fait que la réputation d’une femme soit encore complètement salie. En tout cas, encore une manifestation d’une misogynie crasse ( dslee, je ne trouve pas d’autre mot) 🤣. Merci et excellente continuation 📚🖋☔️

  5. J’ai récemment entendu des commentaires sur ce livre qui replace l’église au milieu du village.
    J’ai lu Hervé Bazin quand j’étais ado, et je me souviens très bien de la dureté et de la méchanceté du personnage…

    • Ah oui, ce personnage littéraire a incarnée la méchanceté féminine froide et déterminée ! 🖋📚

    • Oui, le roman n’est pas ôté de la liste. Excellente semaine à venir 🌬☔️📚

Un petit mot ...

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.