Mathilda Di Matteo – La Bonne Mère – #rl2025

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La Bonne Mère, premier roman de Mathilda Di Matteo raconte la relation entre une jeune femme, sortie de l’adolescence et du domicile familial, avec sa mère et ce lien étrange fait d’imitation-répulsion que seules deux femmes liées par filiation éprouvent. Cette sorte d’amour est particulière comme une union inconditionnelle d’une mère à sa fille et cette dernière qui fait tout pour ne pas ressembler à celle qui est la seule à apaiser ses souffrances.

Lui on l’appelle le Girafon. C’est un surnom trouvé par le Napolitain, jaloux comme une teigne, parce que sa fille, un autre l’a conquise ! La mère, longue et blonde, largement plus grande que son mari est une vraie cagole, on lui dit souvent, pourtant sa fille la trouve plutôt solaire.

De ces monologues, tout intérieurs, que les deux femmes, chacune leur tour, nous confient, Mathilda Di Matteo tire un roman tout en bouffonnerie, en affection cachée, en choc social. Car l’ami-amant que Clara s’est trouvé, porte sa bourgeoisie comme une seconde peau. De plus, elle essaye d’oublier qu’elle est fille d’ouvriers parce qu’elle a su entrer, par ses études, dans le monde des élites.

Cette mère : « Un soleil de canicule, du genre incendiaire ».

La fille s’appelle Clara. Elle joue les transfuges en préparant un doctorat à Sciences Po où son Raphaël donne des cours. Lui est le Parisien bobo voulant percer dans le Stand-up. Choc des mondes, attrait des punchlines. Ça fuse, claque et s’illumine à chaque page. Ce conflit entre deux femmes aux personnalités contrastées soulève néanmoins des questions essentielles concernant l’héritage familial, l’émancipation féminine, l’identité sociale et l’aspiration à transcender sa condition d’origine.

Sa mère s’appelle Véronique et ne s’en laisse jamais compter. Elle fait éclater sa féminité comme un phare sur une île et revendique sa liberté comme un étendard sur un bateau amarré.
Clara ne sait plus qui elle est, sauf qu’elle aime passionnément son Raphaël qui l’a fait vivre dans le monde auquel elle a rêvé d’appartenir. Alors, le grand écart social permet à Clara de comprendre d’où elle vient en essayant d’atteindre un autre monde auquel elle veut s’ancrer.

Seulement, au fil des pages, leurs vérités se révèlent froides, violentes et en fait, si semblables, comme si les femmes ne pouvaient qu’être déçues par les hommes qui les aiment si mal. Alors confronté aux violences qui leur aient fait, le roman prend la route de la renaissance en trouvant moyen de témoigner sur tous ces excès de pouvoir, d’emprise de toutes sortes sur les femmes. 

En conclusion

La Bonne Mère dépasse la simple relation mère-fille pour devenir une véritable exploration de la quête d’identité. À travers le prisme de l’amour-répulsion entre Clara et Véronique, Mathilda Di Matteo aborde avec brio des thèmes universaux et percutants : la filiation, la liberté de la femme et l’appartenance sociale. Le choc des mondes, incarné par la rencontre entre le milieu populaire de la mère et la bourgeoisie intellectuelle de la fille, sert de toile de fond à un récit vibrant de punchlines et de confrontations.

Puis quelques extraits

Un spécimen racé, de cette race cent pour cent française qui plaît surtout à la vieille france, un nom qui inspire les gens de confiance, dont on sait que le grand-père serrait la main du général et l’arrière-grand-mère dansait avec un empereur...

C’est juste qu’elle suce le savoir comme un vampire, ma chair de ma chair, et qu’elle prend du plaisir à nous faire savoir qu’elle sait ce qu’on sait pas.

Les plages bretonnes ont cela d’étonnant qu’on peut y marcher sans risquer la collision avec un corps ou une serviette-éponge. Les gens sont là, mais c’est la nature qui s’étale ; la mer, le sable, les coquillages laissés par la marée.

Car ce ne sont pas seulement des cathos autour de nous, monsieur l’observateur. Ce sont des PAM. Vous ne connaissez pas ? PAM, c’est pas avant le mariage. Pas de sexe avant le mariage.

Pour nettoyer les toiles d’araignée de la culotte, ça fera l’affaire.

Et encore,

Une part de moi aimerait qu’elle comprenne. Celle qui, même à plus de mille kilomètres, anticipe ses commentaires. J’aimerais qu’elle comprenne que si ce genre de dîner n’est pas des plus confortables, j’y trouve mon compte d’une certaine manière. J’aime quand ils me valident. Ça active mon système de récompense, tu vois mamounette, un peu comme quand tu t’achètes une nouvelle veste.

C’est comme si j’étais enfin arrivée quelque part. Et ce quelque part, c’est là qu’on est censé vouloir aller. Je sais, c’est bizarre. Ils sont moins chaleureux, peut-être moins drôles. Loin en tout cas de ta flamboyance. Mais eux au moins ne m’écrasent pas d’extravagances. J’existe. Je suis la seule fille à table qui comprenne les blagues des garçons. Quand je ris ou quand je surenchéris, ils lancent vers Raphaël un sourcil approbateur. Cette fille, elle a du chien, approuve Henri, et on m’assure que c’est un compliment.

Il n’y a pas plus lucide qu’une femme proche de la mort. Et elle la sent à plein les bottes, ma belle doche. Une odeur de pisse, d’escarres et de renfermer. À force, ça doit faire taire la petite voix dans sa tête qui lui disait de s’écraser.

Ici en bref

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Du côté des critiques : Télérama

Questions pratiques

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Mathilda Di Matteo – La Bonne Mère

Rentrée littéraire 2025

Prix Talent Cultura 2025

Prix littéraire de Vanity Fair roman 2025

Éditions : Les éditions de l’Iconoclasme- X : @Ed_Iconoclaste – Instagram : @ed_iconoclaste-Facebook

Parution : 21 août 2025 – EAN : 9782378805074- Lecture : Août 2025

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12 commentaires

    • Le personnage de Véronique est vraiment savoureux et complètement atypique ! À découvrir. Bonne continuation 📚

    • La couverture est pétante comme le personnage de Véronique. Belle découverte que ce personnage féminin ! La sélection entre ses premiers romans car de très bons crus cette année. Mais, celui-ci par son ton enlevé, son air de ne pas être trop profond alors qu’on y parle de violences faites aux femmes, devrait convaincre beaucoup de lecteurs de le découvrir !

    • Elle renseigne sur ce personnage féminin, rare dans la littérature, la mère, Véronique qui défend bec et ongles sa liberté et son amour pour sa fille, malgré tout ce qu’elle vit ! Une originale peut-être, un personnage haut en couleurs, oui tout à fait !

    • Des personnages féminins très attachants. Si la ville de Marseille décerne un prix, ce roman devrait l’avoir ! Ou même la ville doit en créer un pour récompenser celui-ci. Trêve de plaisanterie, il devrait être remarqué….À suivre

    • Merci, mais ces deux personnages féminins sont assez particuliers. La façon légère que Mathilda Di Matteo aborde le transfuge de classe, les violences conjugales et l’emprise sont des éléments qui font de ce roman une réussite, à mon avis !

    • Oui, c’est sûr ! Mais sa risque sociale et ce personnage féminin de la mère aurait, je crois , les arguments pour te plaire !
      Bonne continuation 📚

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