COMMENT LES NAZIS ONT PHOTOGRAPHIÉ LEURS CRIMES.

vagabondageautourdesoi.com Mémorial de la Shoah -

L’exposition, Comment les nazis ont photographié leurs crimes. Auschwitz 1944, a été réalisée à partir du livre de Tal Bruttmann, historien et commissaire de l’exposition, en tirant d’autres pistes que celui du livre. Le travail du livre rassemble cinq ans de travail. En tout, dix ans que l’historien travaille autour de ces photographies, le recoupant avec d’autres sources, comme toute démarche en histoire.

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Lily Jacob, déportée juive de Hongrie, a trouvé dans le camp de Dora cet album photographique en cherchant des vêtements et de l’alimentation. Après s’être reconnue, elle et son entourage sur sept photos, elle le dépose au musée juif de Prague. Elle émigre aux États-Unis en changeant trois fois de nom. Serge Karsfeld la retrouve à Miami.

 » 80 ans après la découverte du camp par l’Armée rouge le 27 janvier 1945, l’album d’Auschwitz témoigne du fonctionnement du centre de mise à mort d’Auswitch-Birkenau à son apogée : l’été 1944 et la déportation des juifs d’Europe de l’est « . Site du Mémorial

Préambule

Dans sa conférence inaugurale, Tal Bruttmann commente ainsi cette photo qui répond à nos représentations.

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La photographie no 14 de lalbum du SS Jürgen Stroop

Dans le ghetto de Varsovie, le photographe a cadré l’enfant, complètement saisi de stupeur. Par son cadrage, le spectateur s’identifie tout de suite à l’enfant. Et nous recevons son émotion sans distance. Et,on ne regarde rien d’autre ! Personne ne remarque la fillette, derrière, qui tire la langue au photographe.

Ainsi, face à cet album de 197 photos, et suivant les indications fournies par le commissaire d’exposition lui-même, les explications sur chaque photo amènent à aller au-delà de ses ressentis et à se poser trois questions : comment, pourquoi et les enjeux d’un tel album.

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Le photographe veut montrer que tout est naturel Pourtant les femmessur le côté nous signifient que sur ce quai lodeur y était insupportable

La prise de vue

Deux photographes SS sont affectés à cette tâche, sans aucune qualification précise sur la prise photographique. Ils doivent photographier ce que le commanditaire veut montrer.

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Les sept photos avec Lily Jacob ont fait croire que toutes les photos de l’album avaient été prises le même jour. Les récits des rescapés attestent que la grande majorité des convois sont parvenus à destination durant les heures nocturnes. Certaines photos montrent la « juderampe » construite en 1942 et d’autres non.

En fait, les photos montrent l’arrivée des déportés et leurs gestions. Elles témoignent de plusieurs moments significatifs de l’organisation mise en place.

L’objectif des photographies

Himmler avait déjà visité le camp en 1942. De plus la vue du sang l’agaçait. Donc, lui et d’autres savaient comment cela se passait. Alors, il s’agit pour le commanditaire, le chef du camp, de montrer qu’il fait correctement et de façon appliquée son travail !

Cet album faisait partie certainement d’un document administratif plus complet avec une première partie rédigée. Puis, après, la présentation des photos étayait le propos.

Des précisions

Les récits des rescapés attestent que la grande majorité des transports sont parvenus à destination pendant la nuit. Sauf, que photographier l’arrivée de nuit, ne pouvait présenter l’organisation mise en place.

De nombreuses photos montrent aussi deux colonnes bien formées sur le quai, avec d’un côté les femmes et de l’autre les hommes, tous tranquillement bien rangés.

Ici, au premier plan, cinq SS. L’un organise la circulation. Un autre est un dignitaire présent uniquement sur certaines photos, celles prises le vendredi. Un autre est un médecin, c’est lui qui désigne si la personne va directement vers la chambre à gaz ou non. Et les trois autres qui l’entourent sont des infirmiers, non pas pour gérer la foule. En fait, ils sont présents pour protéger le médecin « désignateur ». Car en réalité, la foule n’était pas si docile que les photographies voudraient le montrer. Il arrivait qu’il y ait des révoltes et même des tentatives d’assassinat en volant une arme à un nazi.

Une photographie montre des rabbins sans couvre-chef assis sur un banc. Cette photographie devait montrer l’humiliation subie, assis comme à l’école (Un des photographes était instituteur). Non seulement, ces hommes vont mourir mais avant il s’agit de leur faire subir cet ultime affront.

En conclusion

Découvrir cette exposition est éprouvant. Le spectateur découvre chaque photo et son explication, les unes après les autres, terrassé par ce qu’il découvre.

Néanmoins, un passage de l’exposition rend compte du bruit sur ce quai. Moment terrible de réalité que les photos nous épargnent : ordres hurlés, bruit de wagons, aboiements des chiens et d’un coup, on ressent l’hébétude vécue et la terreur ressentie.

Pourtant, que ce soit avec le travail de Tal Brumann publié ou lors de l’exposition, il semble difficile de ne pas le découvrir !

Commissaires : Tal Bruttmann, historien, commissaire de l’exposition.

Dans la presse

Questions pratiques

COMMENT LES NAZIS ONT PHOTOGRAPHIÉ LEURS CRIMES. AUSCHWITZ 1944

Mémorial de la Shoah

Jusqu’au 16 novembre 2025

X : @Shoah_Memorial – Instagram : @memorialshoahofficiel – Facebook

17, rue Geoffroy l’Asnier 75004 Paris

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4 commentaires

  1. C’est quand même étrange que les nazis aient documenté leurs crimes, alors que de nos jours, on fait tout pour effacer les traces. Cette exposition me rappelle une autre vue à Lyon au musée de la Résistance il y a quelques années. Bon dimanche

    • C’est assez juste ta réflexion. Cet album devait prouver aux dignitaires que le chef du camp faisait bien son travail ! Déplorable !
      Bonne continuation 📚🌞🌸

  2. Voilà une exposition qui doit être très intéressante. Difficile aussi mais nécessaire pour transmettre cette histoire des camps, des crimes nazis à l’heure où l’essentiel des témoins sont malheureusement décédés. Merci Matatoune pour cette chronique passionnante. 🙂

    • Oui tu as raison ! Un bien éprouvant anniversaire !
      Bonne continuation 📚🌞🌸

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