
Au boulot ! Ce film est le troisième de François Ruffin avec son compère, Gilles Perret. Il veut faire changer les jugements d’une bourgeoise, figure médiatique, qui inonde certaines émissions de télévision de ses propos délétères, dédaigneux et méprisants auprès des personnes qui ont besoin de notre solidarité !
Sarah Saldmann, je ne la connaissais pas ! Alors lorsque je la découvre comme personnage principal d’Au Boulot ! , elle fut pour moi l’incarnation moderne des Précieuses ridicules, « La Cruella BCBG » comme dit Jacques Mandelbaum dans le Monde, et encore, je le trouve gentil !

Dès les premières minutes du film, cette jeune femme, dans la trentaine, se force à rire, devant son sandwich à la truffe au restaurant du Plazza Athénée, à une remarque de François Ruffin, qu’elle trouve tellement incongrue ! Plus tard dans le film, elle partage sa liste de souhaits comprenant des articles valant plus de trois fois le salaire minimum.
À un autre moment, elle distribue des bons pour une « crêpe » ou « gaufre » aux enfants défavorisés pour la fête d’Halloween, agissant comme lors d’une kermesse de l’école privée Stanislas, mécaniquement et avec insensibilité. Et ce ne sont pas les quelques larmes versées avec l’assistante de vie en plein travail qui vont faire changer le regard du spectateur ! Sarah Saldmann a perdu, en une heure trente, le peu de crédibilité qu’elle avait acquise au fil de ses passages médiatiques !
Bénéfice, risque ?
Que croyait-elle démontrer en acceptant de venir ainsi se ridiculiser, elle qui avait mis tant de temps à se construire sa « Personna » médiatique de parvenue, intraitable et sûre de ses jugements à l’emporte-pièce, représentante de ce monde hors-sol qui prospère sur les plateaux de télévision et dans les ministères, actuellement ?
Avocate très médiatique, elle a rassemblé les diverses plaintes contre Korean et Orpea. Son père est docteur en cardiologie et en nutrition, surnommé « le gourou des VIP », et conseille de grands groupes alimentaires comme Nestlé et Danone. Ce sont les propos de Sarah Saldmann, répétés comme un mantra, sur toutes les chaînes où elle est accueillie qui lui ont valu l’invitation de François Ruffin.

Est-ce que la majorité des spectateurs prend une sorte de revanche sociale à voir la bourgeoise en talons livrés ses colis, à laver un corps vieilli, à nettoyer les lavabos des toilettes ? Peut-être ! Ou peut-être pas ! En tout cas, François Ruffin poursuit inlassablement sa théorie : Faire changer l’opinion de son invitée vers un peu plus d’humanité ! Il se pose, comme le journaliste indépendant devenu homme politique qu’il est, celui qui sait parler au « peuple » !
Recherche appuyée de l’émotion !
Une de ses héroïnes anonymes explique combien son travail lui a redonné vie. La situation devient embarrassante. La conversation continue pendant que la personne clarifie, reformule, réexplique, jusqu’à ce que les larmes coulent et à ce moment-là… la caméra est satisfaite ! L’instant émotion est gravé sur la pellicule ! Le spectateur est devenu complice et voyeur de la recherche trop appuyée de l’émotion, d’une sorte de buzz aussi !
François Ruffin admet qu’avec Gilles Perret, rien n’est prévu, aucun scénario n’est travaillé ! Le dispositif est léger comme pour un reportage. Et, comme Francois Ruffin y est le clown blanc, parleur et à l’aise, son invitée, Sarah Saldmann devient l’Auguste, qui trébuche et s’emmêle les pieds.

Et, voilà, me semble-t-il la limite de ce film. François Ruffin veut nous faire croire qu’en nous mettant quelques minutes dans la vie des autres, on pourrait mieux les comprendre ! Est-ce que c’est en se mettant au coin d’une rue, assis à même le trottoir, avec un pot devant soi, que l’on comprendra mieux ce que ressent un SDF ? Non !
Au boulot ! Ce film est un documentaire provocateur, excessif mais aussi trop simpliste pour espérer convaincre. Soit Au boulot ! Renforce les convaincus. Pour les autres, ils ne viendront pas voir le film ! De plus, le travail cinématographique est réduit au minimum. Alors, le film de François Ruffin et Gilles Perret se déguste, certes, mais sera assez vite oublié. À moins que François Ruffin se prépare à un destin plus prestigieux pour 2027, mais alors, ça risque d’être un peu léger !

Du côté des critiques : Télérama – Du côté des blogs : MHF le blog
Sources : Cinéma Tati –
Questions pratiques

Au boulot ! de François Ruffin
Réalisateur : Gilles Perret
Avec Sarah Saldmann – Pays : Français – Durée : 130 minutes – Sortie nationale : 18/11/ 2024
Distributeur Jour2fete– X: @jour2fete – Instagram : @jour2fete_distribution – Facebook

Je n’ai pas vu ce film . Je le regarderai s’il passe àla téléqui ne me tente pas
Tu. Bonne semaine 😉
Comment peut-on être aussi insensible face à la détresse des travailleurs, des enfants ? Sur quelle planète vit cette avocate ?
Ils n’ont pas besoin de pitié mais de respect. Je trouve important que ce genre de films existe même s’ils ne sont pas parfaits.
C’est vrai ! J’avoue avoir été certainement un peu « rude », mais c’est parce que j’attendais bcp . Bonne continuation 🍁
Merci pour le lien
Je trouve bien que ce film existe même avec ses défauts. Mettre en avant ces travailleurs invisibles, le temps d’un film, permet de mieux les comprendre et peut être de pouvoir aider un peu…
C’est vrai. En me relisant, je me suis trouvée un peu rude pour ce film 🎥.
Mais, la sorte de candeur de Merci patron s’est un peu effacée devant le politique qu’il est devenu !
Donner la parole aux invisibles mettre en lumière leur travail faire connaître leur salaires quand ils en ont et ce n’est pas toujours le cas est une démarche salutaire. J’avais préféré Debout les femmes des mêmes cinéastes et réalisateurs Ruffin se mettait moins en scène. Il est trop présent dans Au Boulot mais l’intention est louable.
C’est vrai, tu as raison l’intention est bonne, mais à l’arrivée, ce fut pour moi moyen !
Je passe donc. Il sera sur arte bientôt je pense !
J’ai été déçue, j’avoue, peut-être que j’en attendais trop !
C’est un peu la limite de ce type de projet. François Rufin a pour lui tout de même une forme de sincérité même si je ne partage pas toutes ses idées. Je connais l’avocate présente dans le film. Elle officie sur CNews et elle est d’une suffisance, d’une morgue qui frise la caricature. Il aurait peut-être fallut choisir quelqu’un de moins caricatural. Bon après midi Matatoune 🙂
Oui, je devais en attendre trop ! Merci pour ton retour 😉 Bonne continuation 🍁
Pas encore vu, il ne passe pas partout.
Ah oui, c’est vrai !
Je ne connais pas ce film, mais la démarche me paraît peu convaincante, comme certaines opérations de « charité » comme des concerts qui font surtout de la pub aux stars qui y participent. Bonne journée
C’est vrai qu’il y a un peu de cette démarche dans ce film! Bonne continuation 🍁