Le Club des enfants perdus – Rebecca Lighieri

Récit d’une jeunesse

qui a tout pour être heureuse

néanmoins très perturbée par des inquiétudes.

Rentrée littéraire 2024

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Quatrième roman sous le pseudonyme de Rebecca Lighieri, mais sous l’appellation d’Emmanuelle Bayamack-Tam, elle en compte dix, Le Club des enfants perdus est tout sauf un roman attendu et tranquille.

Ce roman de Rebecca Lighieri raconte une même histoire avec deux visions, complètement différentes, deux subjectivités qui s’affrontent mais ne cessent de devenir complémentaires pour décrire une adolescente préoccupée de l’avenir du monde.

Le premier à s’exprimer est Armand, un ours, comme il aime se présenter. Cet ours est plutôt du genre balourd lorsqu’il raconte le malaise de sa fille. C’est vrai que sa personnalité, être comédien égocentrique et narcissique, ne l’aide absolument pas à comprendre sa fille Miranda, complètement différente du couple qu’il forme avec Birke, en fait, une jeune femme très effacée et introvertie.

Seulement le portrait qu’il nous en fait se fissure petit à petit, montrant de plus en plus une personnalité en butte à tout l’équilibre établi de sa famille versée dans la culture, et particulièrement le théâtre. Le lecteur se transforme en petit Poucet afin de recueillir les éléments qui laisseraient deviner la véritable personnalité de Miranda. Mais, loin de s’en rapprocher, le lecteur ne peut qu’être stupéfait de la partie suivante que Miranda nous fait découvrir.

Si Armand m’avait énormément énervée, Miranda m’a complètement impressionnée, tant elle fréquente un domaine particulier. Dans la description de Rebecca Lighieri, on perçoit chez cette jeune femme, une profusion d’enfer, de malaise adolescent aux connotations fantastiques qui se manifestent à travers ses pouvoirs surnaturels. La télépathie l’empêche et l’isole. Zoomorphe, elle voyage dans le temps et le passé pour accéder à d’autres domaines que la rationalité. Est-ce des délires et des hallucinations de son psychisme perturbé, exacerbé par son malaise adolescent, ou est-ce vraiment des forces obscures que Rebecca Lighieri réveille avec son héroïne ? …

« Elle souffre de la souffrance des autres » ou des animaux « par son empathie vis-à-vis du monde » dit dans une interview Rebecca Lighieri. Et donc, en hypervigilance pour tous et tout, sa sensation de fin du monde lui semble prochaine et avec, l’extinction de l’espèce humaine.
De ces jeunes adultes, le plus souvent des filles, la génération actuelle en a de plus en plus d’exemples. Des êtres branchés sur la noirceur du monde, incapable de gérer leurs inquiétudes, qui devient vite handicapante.

Rebecca Lighieri immerge son lecteur dans l’enfer, où le père, Armand, reprenant la parole à la fin de l’ouvrage, réussira à rassembler toute la sympathie du lecteur, retrouvant ainsi son statut de père attentif, mais déboussolé, comme tous. Complètement à contre-courant de ce que la littérature produit actuellement, l’écrivaine réussit à dépeindre une jeunesse égarée, sans espoir. Ainsi, cette jeunesse qui normalement aurait tout pour être heureuse, ne peut s’inscrire dans l’avenir sans penser que le monde est en voie d’extinction. Un roman qui dérange, inquiète, mais permet de comprendre l’inquiétude de la jeunesse actuelle.

Puis quelques extraits

Dès que je sens la menace d’une subversion, je me deconnecte, hop, je ne suis plus vraiment là.

Pourquoi feindre ? (…) C’est même la grande question de ma vie, et finalement, la réponse tient en trois mots: pas le choix. J’aurais aimé être simple, sincère et transparente. Vraiment, J’aurais adoré que mes parents connaissent la vraie Miranda. Sauf qu’ils ne l’auraient pas aimée.

C’est une malédiction de ne pas savoir quel est le degré de réalité de ce que l’on vit.

Le vivant se détériorait, sans susciter autre chose que des conférences internationales et des rapports du GIEC.

Ici en bref

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Incipit
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Un extrait
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Le club des enfants perdus – Rebecca Lighieri

Éditeur : P.O.L

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Parution : 22 août 2024

EAN : 9782221269282

Lecture : Septembre 2024

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18 commentaires

  1. Pas très convaincue par ce roman. J’avais beaucoup aimé Les garçons de l’été et Arcadie, que je trouve mieux construits. Le roman est trop linéaire et n’explique en rien le malaise de cette jeune femme.

    • C’est vrai peu d’explication mais elle a le mérite de poser la difficulté juvénile dans notre monde de surconsommation, je trouve ! Merci d’être passée ici pour nous redonner ton avis 😉

    • J’ai trouvé qu’il démontrait bien cet aspect des enfants perdus pour comprendre ceux qui s’empêchent de vivre actuellement
      Bonne journée

  2. J’en ai entendu du bien… j’ai lu Les Garçons de l’été et j’ai l’impression de retrouver les thématiques de cette adolescence malsaine et cette descente aux enfers…

    • C’est mon premier de cette écrivaine avec ses deux facettes de son talent mais, assurément, pas mon dernier.

  3. Tous les remous que ce titre provoque me donnent furieusement envie de lire, surtout que dans ta note, je ne vois rien qui puisse déclencher de telles foudres !

    • J’ai hésité, j’avais commencé à rédiger un chapitre hors de la critique. Puis, j’ai réfléchi. C’était encore donné de l’importance à ces extrémistes qui investissent et veulent réduire notre liberté.
      Il faut lire les excellents articles de Télérama et du Monde. Car, ce n’est pas la première œuvre auxquels ils s’en prennent !
      Ne pas participer au buzz médiatique est déjà une résistance.

  4. Je suis perplexe quant au résumé de l’histoire. Peut-être intéressant pour comprendre les malaises de la jeunesse. Mais POL est un éditeur que j’aime moyennement.

    • J’ai hâte de voir si il va quand-même recevoir le prix du Goncourt des Lyceens malgré les réactions de l’extrême droite, actuellement !
      Bonne journée 😉

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