Alexandra Koszelyk-Pages volées

Rentrée littéraire 2024

écriture du jaillissement intime

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Pages volées, ce récit est le livre le plus intime d’Alexandra Koszelyk. À partir de réflexions personnelles sur la littérature et sur ses choix d’écriture, sa voix, trouvée au cours d’une retraite littéraire, émeut terriblement tant elle se confie avec courage et émotions.

« Me remettre en écriture comme on irait se calfeutrer dans un monastère. »

Une question d’une autrice, lors de sa résidence littéraire en Normandie renvoie Alexandra Koszelyk directement au sens de son écriture. En lui demandant si grâce à elle, elle va à l’origine des choses, la réflexion peut cheminer. Après quatre romans, la rédaction de son journal livre ses constats bruts sur son identité, son enfance et la façon dont elle a grandi et appréhendé sa vie adulte.

« Sans cordon, sans corps non plus, un lien plus profond persiste. C’est lui que je veux sonder, aller fouiller, remuer la vase et ne plus nager dans une eau stagnante, mais qu’au contraire cette source redevient vivante, enrichit de toute cette boue grouillante de vie. »

Ce récit est attachant, touchant et extrêmement émouvant. Ce n’est pas une catharsis, ce sont des réflexions intimes, bouleversantes, notées au fil de son repli en soi. Il renvoie à l’universalité, à notre position par rapport à nos propres failles, nos propres combats, nos propres signifiants. « Parce que sans ces failles n’existeraient pas ces continents en nous. »

Enfance

La narratrice confie son vécu lors du décès de ses deux parents dans un accident de voiture, devenue orpheline dès 8 ans. Arrivée à l’âge adulte, l’écriture tient une place maîtresse dans son univers. Cette résidence littéraire fera surgir la possibilité d’écrire « Je », loin d’une fiction rassurante, pour lui permettre de trouver toutes les facettes de sa voix singulière. « L’autofiction pour déposer et ne plus répéter.« 

Cette voix la ramène à l’enfance, aux champs, aux forêts, aux lieux du grand-père mais aussi de l’autre côté de son identité avec sa grand-mère, si particulière, la cultivatrice qui souhaitait implanter sa famille dans sa terre d’exil.

Sa passion

Alexandra Koszelyk raconte sa passion pour la littérature qui lui a permis d’apprendre à vivre. « Les livres me font fuir la réalité pour respirer. » Elle dissèque la place de la lecture dans sa vie, la façon de s’en saisir pour se dessaisir de tout ce qui alourdit son histoire, de tout ce qui empêche. Elle se livre corps et âme dans ce journal intime pour mieux se libérer du silence et de son mutisme.

Le texte d’Alexandra Koszelyk est courageux, sans complaisance et en toute simplicité, avec beaucoup de sincérité. Elle détaille les « piquets » de sa vie qui lui ont permis cette introspection au fil des jours pour faire tomber les masques de la fiction et trouver la force d’exprimer une autre façon de raconter l’intime.

Un vrai coup de cœur !

Pour aller plus loin

Alexandra Koszelyk – L’archiviste

Remerciements

A @forgesdevulcain et @NetGalleyFrance  pour #Pagesvolées de @AlexandraKZYK 

Puis quelques extraits

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Là où l’esprit voudrait une pause, le corps est sourd, ses fonctions primaires s’obstinent.

Où fuir, quand tous mentent, si ce n’est dans la fiction ? Elle au moins ne feint pas de dire la vérité.

Que feraient les adolescents sans cette musique qui raconte pour eux ce qu’ils n’arrivent pas encore à mettre en mots ?

La tristesse est devenue moi, et pour éviter de sombrer, j’ai eu besoin de la figer, de ne plus pleurer à l’extérieur, car mes pleurs intérieurs m’avaient cristallisée.

Le lecteur est celui qui se dénude au moment d’entrer dans un sanctuaire. Il est avide de découverte. En refermant le livre, il portera de nouveaux habits, sera allé à la rencontre d’autres vies, d’autres histoires, et portera vers l’autre le regard d’un ami.

Chaque mot est un barreau d’échelle qui m’élève, là où la réalité fait de moi une orpheline.

Je ne sais pas faire autrement que d’ouvrir des livres, et de me fondre dans cette mélodie d’histoires et de mots qui me pansent et me font rester en mouvement.

Ne reviens pas sur des lieux qui nous ont fait souffrir pour éviter que d’autres y souffrent comme nous ?

Des gueules oubliées, comme moi, des « mis de côté » dans la grande roue du monde. Des orphelins, des secrets de famille, des handicapés, ceux qui un jour ne sont pas rentrés dans le moule que la société attend. Ce que les gens regardent avec pitié, alors qu’au contraire, s’ils se sont relevés de leur douleur, ils mériteraient une fierté portée par sur eux. Généralement, ils se sont construits malgré eux, parce que la vie n’épargne pas, mais elle en épargne tout de même certains, pour que d’autres, et de ceux-là, de ces cygnes noirs, a jailli une force.

Et encore,

Ne pas réussir à se fondre dans ce monde inadapté pour eux, leur a permis une certaine hauteur de vue, ils ont gardé cette distance de vue du monde.

L’explication est toute simple : la souffrance de ne pas être sa place a été telle qu’on souhaite que l’autre, notre alter ego, la trouve.

Il s’agira de combler les blancs, de vivre pour trois, de cueillir chaque journée, de garder le beau, puisque le laid peut surgir à chaque instant, de transformer par l’écriture une guerre qui malmène, d’ériger en barrière cette fiction pour que la victoire advienne, que la parole soit performative.

J’ai longtemps cru être curieuse, alors qu’il s’agit avant tout de pouvoir prévoir, que les malheurs n’arrivent pas.

Gaudé, c’est cet auteur vivant qui écrit comme les morts.

Les pages d’un livre nous attendent toujours, il n’y a pas de communication rompue ou d’absents.

On fait avec, la douleur ne disparaît pas, la résilience est un concept qui permet de rassurer l’autre, de se dire que malgré les traumatismes, la vie et la joie sont toujours possibles.

Les enseignants sont des pâtissiers qui incorporent des blancs battus en neige à leur préparation. Il s’agit alors de ne pas briser l’émulsion, de l’intégrer avec délicatesse.

Et pour cela, l’inconscient ne déplace pas des montagnes, il règne sur une terre de patience. Il n’a pas changé le paradigme du monstre. J’en suis restée un. Un qui au fil des années a assumé sa singularité.

Là où il y a des ruines, il y a l’espoir d’un trésor. Rúmi

Ici en bref

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Incipit
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Un extrait
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Puis le dernier

Du côté des critiques

Le Dauphiné Libéré

Du côté des blogs

La collection de livres JoëlleBook Le « Ressenti de Jean-Paul

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Éditeur : Aux forges de Vulcain

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Parution : 28 août 2024

EAN : 9782373058222

Lecture : Juillet 2024

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8 commentaires

    • On y retrouve pourquoi l’écriture, puis l’enseignement furent pour cette blogueuse devenue ecrivaine important, fondateur et me.e indispensable ! Un beau récit de vie !
      Bon week-end 😉

    • C’est un récit de vie, sans fard et sans faux-fuyant semble-t-il. L’ecrivaine parle de sa nécessité d’écrire, son métier d’enseignante et son attrait pour la littérature à partir de son histoire singulière.
      Très émouvant !

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