Christine Spengler (née en 1945)

Christine Spengler – Femme photographe de guerre

vagabondageautourdesoi.com-Christine Spengler - Avec son Nikon et un seul objectif, grand angle de 28mm, Christine Spengler a couvert tous les conflits modernes pour les plus grands magazines du monde

Surnommée la Sawda (la femme en noir en arabe), elle rendra compte pendant des années, uniquement en noir et blanc, de la misère amenée par la guerre mais surtout de l’espoir qui y règne.

Irlande du Nord en 1973 – Vietnam en 1973 – Cambodge en 1975 – Sahara occidental en 1976 – Iran en 1979 – Nicaragua en 1981 – Salvador en 1981 – Liban en 1982 – Afghanistan en 1992 – Iran – Irak –

Cette liste, avec ses photographies, est exemplaire, montrant son engagement, atypique et seule survivante de sa génération, célébrée à l’exposition Femmes photographes de guerre actuellement au Musée de la Libération. D’ailleurs, une de ses photographies fut choisie pour illustrer l’affiche.

Je me suis toujours considérée comme une femme engagée, une photographe engagée. C’est plus qu’une fascination, je voulais témoigner des causes justes. Qu’on me demande (..): « Qu’entends-tu par causes justes ». Je dis toujours : « Je défends les opprimés ». Femmes photographes de guerre

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Des fumerolles s’élèvent à l’horizon. Les bombardements des Forces armées populaires de libération nationale du Kampuchéa ont réduit Phnom Penh en cendres. Cambodge, 12 février 1974. © Christine Spengler

Christine Spengler explique :  » La photo a été prise vers midi, juste avant l’arrivée des Kmers rouges, et pourtant on se croirait en pleine nuit. Je n’ai volontairement pas pris les corps brulés au napalm qui étaient juste à mes pieds. (…) Ma photographie ne rend pas compte des bruits et surtout des odeurs, celle de la mort restée longtemps, après, dans ma tête. »

 

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Irlande du nord –

Christine Spengler raconte : « Les enfants étaient souvent utilisés pour détourner l’attention des soldats anglais. La veille, une petite fille avait déposé sa poupée au pied d’un groupe de soldats. Quelques minutes plus tard, la poupée avait explosé. Ici, les irlandais étaient entrain de se placer sur les toits. La petite fille au regard sombre tente de détourner l’attention des soldats.

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Christine Spengler témoigne :  » J’étais avec mon chauffeur Lee sur la route 13, quand tout à coup, je vois des enfants apprendre à nager dans le Mékong avec des fûts d’obus. » La vie malgré tout. Quelques jours plus tard, lorsqu’au retour, elle s’arrête à nouveau, elle découvre un de ces enfants entrain de pleurer son père mort.

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Le fait qu’elle soit brune, et non blonde aux yeux bleus lui a permis de se fondre dans la vie en Afghanistan ou en Iran. Sous sa grande robe noire, son maquillage avec ses yeux soulignés de noir comme font toutes les veuves, elle pouvait cacher son Nikon.

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Christine Spengler explique : « Des nouvelles règles sont imposées aux femmes par les Talibans comme ne pas sortir sans être accompagnée par un homme, frère ou mari, sauf pour aller au cimetière. Ici, deux femmes trouvent une certaine liberté, parler ensemble, dans ce cimetière où les dalles sont comme des pierres tombales et où les femmes ont décoré des sortes d’ex-voto pour célébrer les défunts.

Jeune, elle souhaitait devenir écrivaine. Mais, un voyage au Tchad avec son jeune frère, Eric, et un emprisonnement de plus de quinze jours en a décidé autrement. Sa première photo contient déjà toute l’humanité dont elle a fait preuve toute sa vie professionnelle.

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« Combattants Toubou dans les montagnes du Tibesti en Afrique du Nord » 1970

Des sortes d’ex-votos pour conjurer le trauma

Lorsqu’elle retourne en Alsace, sa terre d’origine, Christine Spengler photographie pour la première fois les portraits de défunts entourés d’objets personnels, de perles, de pétales de roses.

Une façon pour elle d’abolir la frontière entre « les vivants et les morts ».

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La médina – Christine Spengler

Arles accueille actuellemnt une exposition sur la tauromachie et ses compositions oniriques

Autres femmes photographes  exposées

  • Catherine Leroy (1944-2006)
  • Françoise Demulder (1947-2008)
  • Susan Meiselas (née en 1948)
  • Carolyn Cole (née en 1961

Pour aller plus loin

Gerda Taro (1910 -1937)

Lee Miller (1907-1977)

Femmes photographes de guerre

Anja Niedringhaus (1965-2014)

Sources

Sylvie Zaidman, historienne, conservatrice générale, directrice du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin

Musée de la Libération de Paris – Musée du Général Leclerc – Musée Jean Moulin

Son site

Le Républicain

France info

Les femmes photographes de guerre

Collectif (Auteur) Paru le 16 mars 2022

Questions pratiques

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Christine Spengler (née en 1945)

Facebook Instagram : @christinespengler

Femmes photographes de guerre

Musée de la Libération de Paris – Musée du Général Leclerc – Musée Jean Moulin

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4 Avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy
75014 Paris

(Place Denfert-Rochereau)

De Mardi 8 mars 2022 au Samedi 31 décembre 2022

Expositions 2022

Chroniques culturelles

16 commentaires

    • Christine Spengler dit que lorsqu’elle prend une ou deux photos pour laquelle (lesquelles) elle est envoyée, elle se sent androgyne. Mais, après elle va chercher sa sensibilité féminine pour chercher la photo qui donne espoir. les enfants dans le Mekong en sont une illustration. Néanmoins, la douleur a rattrapé cette scène de vie !

    • Une femme toute en couleurs, fille de la dernière poétesse surréaliste, qui a su évacuer son traumatisme dans ses compositions rouges et or qui célèbrent la mort par la vie des objets qui définissent la personne honorée 🙂

    • Oui, mais je crois que le plus dur doit être après, dans la nuit avec les cauchemars …

  1. superbes ces photos!
    j’ai eu l’occasion de voir certaines aux infos de ARTE hier soir et ce fut un choc notamment Kampuchéa (que je connaissais sans savoir qui en était l’auteure) et le petit garçon qui se baigne innocemment et que l’on retrouve plus tard auprès du corps de son père, c’est bouleversant… Je crois qu’il a été tué lui aussi un peu plus tard?

    • Je n’ai pas vu le reportage sur Arte mais les photos de cette femme sont d’une grande intensité. En photographiant ces enfants, puis après au côté de son père mort, c’est d’une très grande émotion de voir ces deux photos l’une à côté de l’autre. Je ne sais pas ce qui ai arrivé après !

    • Une photographe dont les clichés font vraiment partis de notre culture tant elles sont connues 🙂

    • On connait ses photos sans peut-être y associer son nom ! Une dame qui ne passe pas inaperçue 🙂

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