Chris Killip

Chris Killip

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En découvrant une photographie de Cartier-Bresson dans Paris-Match, Chris Killip décide d’en faire son métier

Photographe anglais, Chris Killip (1946-2020) s’est fait connaître dans les années Thatcher avec des photographies sur la région du nord-est  touchée par le recul de l’industrialisation et le retour de la misère.

Son livre, devenu un classique introuvable, In Flagrante (1988), y rassemble des images prises entre 1973 et 1985.

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«Concert à Sunderland», Wearside, 1984.

Ce n’est pas l’histoire, ce sont des histoires.

Chris Killip consacre plus de dix ans à vivre des mois avec les habitants qui deviennent ses amis.

Il photographie des lieux symboliques des bouleversements de l’époque. Le plus grand supertanker du pays, qui bouche l’horizon de la ville de Tyneside – une fierté qui sera la dernière production sortie des chantiers navals. Les cités ouvrières désertées où les habitants incendient leur maison pour être relogés. La jeunesse rebelle désœuvrée qui sniffe de la colle. Le Monde

A cette époque, la photographie documentaire n’est pas considérée digne d’attention en Angleterre. Il se fatigue à trouver une place. Son travail trouve écho à son travail États-Unis, où il s’installe et devient enseignant à Harvard (Massachusetts) pendant vingt-cinq ans.

Simon est emmené en mer pour la première fois depuis la disparition de son père, Skinningrove, North Yorkshire, 1983.

Il montre un enfant qui vient de perdre son père en mer et qui doit faire son deuil, selon la tradition, en faisant un voyage en bateau.

Chris Killip a confié ses archives à la fondation créée par son compatriote Martin Parr à Bristol. Martin-Parr a toujours défendu son travail.

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«Jeune sur un mur», Jarrow, Tyneside, 1976.  

Ici, certainement, la photographie la plus connue comme symbole de la rage contenue et l’impuissance. Pourtant, il a fallu qu’il explique :

 En réalité, l’image a été prise avant Thatcher, et il n’aimait pas ce raccourci : « Il porte sa veste du dimanche, car il n’en a pas d’autre, et il grelotte de froid, pas de colère… »

Pour aller plus loin

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En quelques dates

 Naissance à Douglas (île de Man) – 11 juillet 1946

 Publication du livre In Flagrante – 1988

Exposition aux Rencontres d’Arles – 2004

 Mort aux États-Unis -13 octobre 2020

BRIC A BRAC DE CULTURE

14 commentaires

  1. Je suis très touchée par ces photos, qui m’évoquent les années 70-80, la Crise, le chômage, … Il a bien su capter l’atmosphère de cette époque.

    • Oui, ce fut une façon de rendre compte de la fin d’un système et des ravages d’un libéralisme débridé.

    • « Le jeune sur le mur » est sa photo la plus connu même si l’intention de Chris Killip n’est pas celle qu’à garder l’Histoire, elle incarne pour le spectateur le ressenti des années que la  » Dame de fer  » a imposées. Et du coup, la chanson de Renaud revient en tête . Bon weekend 😉

  2. Des photos vraiment parlantes et touchantes, Tes galeries de photographes sont passionnantes comme toujours. Bon week end

  3. c’est incroyable la force qu’il y a dans ces photos, un coup de boutoir en plein cœur… surtout la barque et « ..le mur.. »
    je ne le connaissais pas (je ne suis pas très bonne en photographes, j’apprécie mais je ne mémorise pas bien les noms… Alzheimer sort de ce corps 🙂

    • Oui, ses photos rendent compte du regard de son auteur : respectueux et empathique ! Pour Alzheimer, ne t’inquiète pas ! A mon humble avis, il te faudra attendre encore 🙂

  4. Merci pour cet article. Un très grand photographe nous a quittés. In Flagrante (vague à l’âme dans la version française) est pour sûr un chef d’oeuvre.

    • Ses portraits sont très suggestifs mais aussi ses paysages. Oui, un grand photographe, tout à fait !

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