Petit pays – Gaël Faye

Une chanson, un roman et maintenant un film

Petit pays – Gaël Faye

@vagabondageautourdesoi

@vagabondageautourdesoi

La guerre civile du Rwanda en 1993, le génocide en 1994 et la même année, son exil pour la France, Gaël Faye le raconte dans une chanson Petit Pays qui deviendra trois ans plus tard un livre qui sera salué par de nombreux prix littéraires.

« Le rap, contrairement aux autres styles artistiques, est souvent amnésique. On n’a pas de déférence pour les anciens, et je viens de la culture de la déférence. »

En s’inspirant de la culture de ses aînés, il se plonge dans la culture hip-hop dès son arrivée en banlieue. Étudiant dans une école de commerce, puis travaillant dans la finance à Londres, Gaël Faye revient en France avec l’envie de se consacrer uniquement à la musique. En 2013, il sort son premier album, Pili Pili sur un croissant au beurre. Un peu comme MC Solar, ses textes marquent par l’émotion qui s’en dégage.

La chanson

« Le hip-hop s’est vraiment ouvert, la culture hip-hop est aujourd’hui partout. Il faut continuer à s’affirmer, les gens écoutent du rap pour la musique, pour l’énergie, mais aussi pour les paroles. »

 
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Une feuille et un stylo apaisent mes délires d’insomniaque
Loin dans mon exil, petit pays d’Afrique des Grands Lacs
Remémorer ma vie naguère avant la guerre
Trimant pour me rappeler mes sensations sans rapatriement
Petit pays je t’envoie cette carte postale
Ma rose, mon pétale, mon cristal, ma terre natale
Ça fait longtemps les jardins de bougainvilliers
Souvenirs renfermés dans la poussière d’un bouquin plié
Sous le soleil, les toits de tôles scintillent
Les paysans défrichent la terre en mettant l’feu sur des brindilles
Voyez mon existence avait bien commencé
J’aimerais recommencer depuis l’début, mais tu sais comment c’est
Et nous voilà perdus dans les rues de Saint-Denis
Avant qu’on soit séniles on ira vivre à Gisenyi
On fera trembler le sol comme les grondements de nos volcans
Alors petit pays, loin de la guerre on s’envole quand?
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Petit bout d’Afrique perché en altitude
Je doute de mes amours, tu resteras ma certitude
Réputation recouverte d’un linceul
Petit pays, pendant trois mois, tout l’monde t’a laissé seul
J’avoue j’ai plaidé coupable de vous haïr
Quand tous les projecteurs étaient tournés vers le Zaïre
Il fallait reconstruire mon p’tit pays sur des ossements
Des fosses communes et puis nos cauchemars incessants
Petit pays : te faire sourire sera ma rédemption
Je t’offrirai ma vie, à commencer par cette chanson
L’écriture m’a soigné quand je partais en vrille
Seulement laisse-moi pleurer quand arrivera ce maudit mois d’avril
Tu m’as appris le pardon pour que je fasse peau neuve
Petit pays dans l’ombre le diable continue ses manœuvres
Tu veux vivre malgré les cauchemars qui te hantent
Je suis semence d’exil d’un résidu d’étoile filante
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Un soir d’amertume, entre le suicide et le meurtre
J’ai gribouillé ces quelques phrases de la pointe neutre de mon feutre
J’ai passé l’âge des pamphlets quand on s’encanaille
J’connais qu’l’amour et la crainte que celui-ci s’en aille
J’ai rêvé trop longtemps d’silence et d’aurore boréale
À force d’être trop sage j’me suis pendu avec mon auréole
J’ai gribouillé des textes pour m’expliquer mes peines
Bujumbura, t’es ma luciole dans mon errance européenne
Je suis né y’a longtemps un mois d’août
Et depuis dans ma tête c’est tous les jours la saison des doutes
Je me navre et je cherche un havre de paix
Quand l’Afrique se transforme en cadavre
Les époques ça meurt comme les amours
Man j’ai plus de sommeil et je veille comme un zamu
Laissez-moi vivre, parole de misanthrope
Citez m’en un seul de rêve qui soit allé jusqu’au bout du sien propre
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Warapfunywe ntiwapfuye
Waragowe ntiwagoka
Gahugu gatoyi
Gahugu kaniniya
Petit pays
Quand tu pleures, je pleure
Quand tu ris, je ris
Quand tu meurs, je meurs
Quand tu vis, je vis
Petit pays, je saigne de tes blessures
Petit pays, je t’aime, ça j’en suis sûr
 

Le film

 
Le film inspiré du livre est sorti en mars 2020.

 

14 commentaires

  1. Bonjour Matatoune. Le livre m’a beaucoup touchée et j’aimerais bien voir le film, surtout après avoir visionné la bande-annonce. Bonne journée

    • Oui, mais je crains qu’il ne soit plus projeté dans les salles. Il va falloir attendre la sortie DVD. Bonne soirée

  2. Il y a longtemps que je désire lire ce livre qui me tente beaucoup, dommage que les journée n’aient que 24 h! Par contre je n’aime pas non plus les adpatations au cinéma, sauf Les enfants du marais qui est vraiment mieux en film qu’en livre. Bon dimanche

    • Difficile que les images coïncident à notre imaginaire, c’est pour ça que les adaptations o,nt souvent moins d’intensité . Bon début de semaine

  3. j’ai beaucoup aimé le roman, par contre le film me tente moins, peut-être simplement parce que j’ai envie de garder les images que j’avais projetées durant la lecture…
    Je suis souvent déçue par les adaptations au cinéma sauf quand je vois le film en premier 🙂

    • Toujours difficile de voir l’adaptation d’un livre. J’ai la même réaction. J’attendrai la vidéo…peut être ! En tout cas, le livre est encore très présent…

  4. J’ai beaucoup apprécié le livre avec des moments très difficiles… je ne pense pas aller voir le film pour les mêmes raisons !

    • Oui le film est sorti peu avant le confinement et trop discrètement. Peut-être, sera- il reprogrammer ? A suivre … Bon weekend aussi

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