Dernier arrêt avant l’automne – René Frégni

Je me suis laissée bercer, sans reprendre mon souffle, par la voix de René Frégni, sans l’avoir jamais écoutée, rien qu’en lisant « Dernier arrêt avant l’automne » paru en mai dernier aux éditions Gallimard.

Le narrateur, écrivain de son métier, décide de compléter ses fins de mois en acceptant la proposition de son ami Pascal, libraire du village avec sa femme, de devenir gardien d’un monastère cistercien, Notre Dame de Ségriès, situé dans l’arrière pays en Haute-Provence. Ce lieu est abandonné de tous, en pleine forêt, sur une colline.  En mal d’inspiration pour écrire son nouveau roman, il s’épuise en débroussaillage et élagage de toutes sortes appréciant le silence du lieu et en recommençant à écrire des mots sur ses cahiers d’écoliers. A la faveur d’un matinée identique aux autres, le narrateur déterre un bout de jambe d’homme…qui va bouleverser sa tranquillité et sa liberté.

Tout au long de ce roman, la musique des mots est assemblée pour donner sens aux images d’émotions pleines de douceur que l’auteur murmure, dans son silence monacal, à nous-même et pour son compagnon à quatre pattes surnommé « Solex ».

« Dernier arrêt avant l’automne » est une ode poétique à la liberté, à l’écriture, à l’amitié et à la découverte de soi-même. Je ne connaissais pas cet auteur. J’ai eu un immense plaisir à découvrir son univers.

Donner autant de profondeur aux mots pour raconter la nature, les gestes du quotidien, la vie d’un village révèle un regard tourné vers le ressenti, les doutes et les inquiétudes du monde auquel j’ai été sensible.

cite-56a4b9b45f9b58b7d0d8877bChaque départ est un tango, mélancolique et plein d’espoir.

(gilets jaunes) Un Mai 68 de ceux qui n’ont rien dit depuis cent ans et regardent chaque soir les mêmes Je-sais-tout qui pérorent à la télé depuis un siècle. La haine des invisibles, face à l’élite de naissance.

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une mère qui nous offre, des le premier jour, ce que nous avons de plus fort, la douceur.

Cet homme nous paie, il ne sait pas que nous existons.

Rien n’est plus dangereux qu’un homme qui ne trouve plus ses mots.

J’aime m’endormir en écoutant chanter les tuiles.

Je commence à avoir envie de mon cahier. Tu l’ouvre le matin, tu écris un mot, n’importe lequel, et tu pars en voyage. Pas la peine de faire des queues pour trouver un billet, un hôtel, un taxi …Tout est dans les cahiers !

Jadis les gens d’armes nous protégeaient des bandits de grands chemins. Maintenant ils se cachent eux-mêmes au bord des routes pour nous racketter !

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

 

 

Blog de René Fregni

 

 

Dernier arrêt avant l’automne – René Fregni

Éditeur : Gallimard

Parution : 16  Mai 2019

ISBN : 2072852749 

Lecture : Juin 2019

 

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