
Ne cherche pas le chaos nous demande Marion Brunet dans ce roman autour des conséquences de la dictature qui a sévi au Chili de 1973 à 1990 et força de nombreux jeunes gens à l’exil. Avec une maîtrise littéraire certaine, l’autrice propose un récit où l’histoire personnelle côtoie la grande.
Pablo est installé en France depuis trente ans. Originaire du Chili, il a choisi l’exil pour fuir la dictature militaire d’Augusto Pinochet. Il a élevé sa fille avec amour mais dans le silence de son passé. Devenue adulte, Victoria décide de partir seule sur les traces de ses origines. Sans nouvelle d’elle, Pablo doit retourner dans son pays et affronter ses fantômes. Entre énonciation du passé et récit de l’enquête, Ne cherche pas le chaos se déroule magistralement.
Marion Brunet décrit avec beaucoup de talent la relation paternelle qui lie Pablo à sa fille. Au-delà de l’exil, même si les mots sont absents pour la détailler, cette relation les associe avec leur pays d’origine.
Ce sont les vers de Pablo Neruda que Marion Brunet choisit comme fil rouge entre une fille silencieuse et un père inquiet. « Le problème, avec les poètes, c’est leur intensité douloureuse.«
L’autrice revient avec un talent romanesque certain sur la dictature chilienne qui malheureusement a des réminiscences aujourd’hui. « Les Chiliens se sont exilés ou l’ont été de force pendant tout le temps la dictature. Et toi, tu te tires quand c’est fini, sans aucune obligation. Tu pars quand les autres rentrent, et tu ne te contentes pas de partir, non ! Tu disparais.«
La quête de Victoria absorbe le lecteur jusqu’à la fin, avec un suspense savamment entretenu autour de la relation magnifique entre un père et sa fille. Marion Brunet propose un roman à l’intrigue réussie sur la mémoire, l’exil et une dictature terriblement meurtrière.
Pourquoi le lire ?
Pour la puissance de son récit sur l’exil et la mémoire, également pour la relation bouleversante entre un père et sa fille. Marion Brunet mêle habilement enquête intime et histoire du Chili, dans un roman porté par le suspense et par les vers de Pablo Neruda.
Puis quelques extraits

C’est une langue de souffrance qui lutte contre la folie et si emgouffre en même temps.
Quand Víctor Jara a été retrouvé parmi les morts du Stade de Santiago du Chili, il avait quarante-cinq balles dans le corps et tous les doigts cassés. Les militaires voulaient détruire le symbole, en plus d’assassiner l’homme.
Tu sais qu’après la dictature, les flics et les militaires sont restés en place ? Tu imagines ? Comment te sentir en sécurité quand les flics censés te protéger sont ceux qui ont torturé ?
Ce qu’il voudrait dire à Roberto, c’est que le manque exacerbe l’attachement, que la distance évite la déception, qu’il lui était plus facile d’aimer le Chili de loin, que l’exil est une patrie en soi.
Soudain, une sensation d’étouffement l’assaille. Il le connaît bien, ce saisissement poisseux, l’impression d’une mort imminente qui lui plie les poumons. D’habitude, il trouve ses solutions tout seul – repousser loin, très loin, l’affleurement d’images, le vertige, encaisser les assauts en serrant les dents.
S’il parvient à oublier Santiago la plupart du temps, la Patagonie est en lui, même quand il veut l’ignorer.
(…) Oublier le passé ne le fera jamais disparaître.
Ici en bref




Du côté des critiques : Le Monde
Informations pratiques

Ne cherche pas le chaos de Marion Brunet
Rentrée littéraire 2026 – #rl2026
Finaliste Prix du Roman Fnac 2026
Finaliste – Prix Landerneau des Lecteurs 2026
Sélection pépites de la rentrée littéraire – Cultura
Éditeur : Albin Michel– X : @AlbinMichel Instagram :@editionsalbinmichel – Facebook
Parution : 19 août 2026 – EAN : 9782226471017 – Lecture en septembre 2026

Ce que j’ai aimé ce roman. 💝
Oui, une réussite !
Il semble réussi 😍. J’ai hâte de le lire.🩷
Oui, à découvrir !
Je l’ai noté pour l’évocation de la dictature chilienne que je connais peu mais aussi pour la délicate relation père/fille.
Oui, la dictature y est évoqué de façon très particulière mais assez romanesque ! A découvrir !
De l’auteure, je n’ai lu que « L’été circulaire ». Comme je n’ai pas aimé, je n’ai pas continué à suivre cette auteure.
Je ne l’ai pas lu. C’était mon premier et cène sera pas mon dernier.
Bonjour Matatoune, le sujet me plaît beaucoup ! Cette relation père fille autour de l’exil politique est très prometteuse. Merci 🙏 Bonne journée 📚🌞
J’espère qu’il saura te plaire ! Excellent week-end à venir !:
La poésie de Pablo Neruda est plutôt costaude.
Magnifique roman.à découvrir !
[…] Ne cherche pas le chaos de Marion Brunet, mémoire, exil et filiation au Chili […]
Je le note, j’apprécie cette auteure et le thème me parle. Bonne journée
Un très agréable roman très bien construit. Excellent week-end à venir !