
Quatre jours sans ma mère de Ramsès Kefi raconte un bouleversement salutaire qui permet à un plus que trentenaire de connaître son histoire.
La Caverne aux oiseaux est une cité située à onze stations de RER de Paris, dans une banlieue ouvrière. Dans la famille Gammoudi, ils sont trois à avoir investi la tour Hirondelle depuis 1978. Hedi, le père, ouvrier retraité, dont son QG est le Mascara, un rade improbable qui rassemble tous les vieux de la cité. Hamani, la mère est une ancienne femme de ménage à la retraite avec toujours ses « Bonjour, Merci, Au revoir« , qui ne demandent jamais rien à personne. Puis le narrateur, Salmane, du genre Tanguy, trente-six ans tout de même, bardé de diplôme mais employé à faire des frites et attaché à sa cité comme un enfant à sa sucette.
Dans cette immuable torpeur, un jour, la mère « fugue » du domicile (dixit le père) en précisant sur un mot à son fils qu’elle va revenir mais ne sait pas quand. Et d’un coup, l’équilibre bancal de ce triumvirat s’écroule.
Roman féministe ?
Ramsès Kéfi est journaliste. Quatre jours sans ma mère est son premier roman. Il prononce une ode à sa mère mais, bien évidemment aussi, à toutes les femmes qui tiennent à bout de bras leur foyer, leur conjoint et leurs enfants. Car, il faudra cette disparition pour faire comprendre aux hommes, combien l’attention pour une femme est primordiale et indispensable.
Ramsès Kefi susurre en suspend que cette masculinité autant revendiquée par les hommes âgés, biberonnés au métro, boulot, dodo que les jeunes, incapables d’exprimer leurs émotions, c’est un peu terminé, sinon complètement ringard. Qu’un regard surtout de ceux qu’on aime est bien plus important que les relations sociales de façade qui meublent nos quotidiens ! Et que grandir c’est sortir de l’enfant tout-puissant à qui on donne tout. J’ai aimé comment Hamani leur fasse comprendre sans se fâcher mais avec fermeté que là, ça suffit !
Évidemment, le roman insiste sur la nécessité de connaître de qui l’on vient pour savoir où on va. Salmane accepte de s’inscrire dans un présent qu’en sachant qui il est vraiment. Reste à préciser que trop peu de romans racontent avec autant d’affection la vie en cité, cette solidarité qu’ailleurs semble oubliée.
Bref, une nouvelle écriture à découvrir !
Puis quelques extraits

La cité est une maladie et, parmi les symptômes, la couleur. L’épiderme des contaminés tourne gris beige, de la même teinte que les HLM qu’ils chérissent.
Des types, qui dilapident leur temps comme s’ils avaient deux vies et une promesse du résurrection.
Comme d’autres à la caverne, je suis un champion des odes à la Mama. On jure sur tout et n’importe quoi qu’on leur donnerait nos vies. Alors que pour Amani je n’ai même pas été capable de sacrifier un milligramme de routine.
Sa hiérarchie est immuable : Dieu au septième ciel et, au huitième, la réputation de sa famille.
Pour cinq cents euros par mois, j’étais épargné de toutes les responsabilités et de toutes les tâches.
Ni ancêtres, ni tombes à fleurir, ni maison, ni grands récits poussent-aux-larmiches : nous sommes les trois premières feuilles d’un arbre généalogique qui a repoussé au milieu des sept tours.
Ici en bref




Questions pratiques

Ramsès Kefi – Quatre jours sans ma mère
Rentrée littéraire 2025
Prix Première Plume 2025
Prix Psychologie Magazine 2025
Éditeur : Philippe Rey – X @EdPhilippeRey – Instagram @editions_philippe_rey – Facebook
Parution : 21 août 2025 – EAN : 978B0F3K98Z5K – Lecture : Septembre 2025

[…] Lecture rafraichissante impulsée par notre Club de Lecture « Livresque » (lecture commune) mais déjà noté dans le temps (il y a 5 mois) après la lecture de l’avis (positif) de « vagabondageautourdesoi« ) ». […]
[…] Ramsès Kefi – Quatre jours sans ma mère […]
Bonjour Matatoune, merci beaucoup pour la découverte ! J’ignorais que Psychologie magazine organisait un prix littéraire . Intéressante la thématique féministe en lien avec la vie de banlieue ! Excellent dimanche à toi 🌞🍀📚🤩✨️
Oui tu as tout à fait raison. Cette double thématique est complètement innovante ! Bonne semaine ✨️📚
[…] en parlent également : Baz’Art, Matatoune, Cannetille, Sandrine, Luocine, Anita, Amandine, Nath, Nicolas, […]
[…] (De vive(s) voix)Blog Mémo ÉmoiBlog Just a Word (Nicolas Winter)Blog À l’ombre du noyer Blog Vagabondage autour de soiBlog Tête de […]
Bonjour Matatoune. Ce roman semble très intéressant et je le hercherai à la médiathèque. Bonne journée
Il devrait te plaire, tu as raison ! Il y a une belle humanité dans ce roman !
Beau début de week-end à venir 🌞
La prise de conscience masculine tarde à se généraliser, mais saluons ce vent de changement !
Oui plutôt et même elle semble revenir vers le passé pour certains 😞
Je le note c’est bien que les hommes finissent par ouvrir les yeux. Bonne journée
Ben oui, c’est assez rare en effet ! Bonne continuation 📚
je le note, j’aime ce nouveau regard masculin.
Oui étonnant ! Mais, hier à la GL pas retrouvé ce même enthousiasme ! Et pourtant un goût de nouveauté que je garde précieusement ! Bonne continuation 📚