
L’affaire Balzac de Hervé Jubert est une enquête que mène l’écrivain sur le meurtre de la servante Cécile Soulié, jeune femme enceinte, dont on connaît déjà l’issue : la condamnation à mort par la guillotine de l’un de ses soi-disant assassins, Louis Le Prince, surnom donné à l’oncle de l’écrivain. L’enquête se déroule en quelques mois du côté d’Albi. L’oncle est accusé de crime avec préméditation. Malgré toutes les sollicitudes de Balzac et de son acolyte, Louis ne sera pas sauvé de la mort.
S’il n’avait pas été écrivain, affirme le narrateur, Balzac aurait été enquêteur. Et, c’est ce que démontre Hervé Jubert avec une enquête assez classique faite de recherche de témoins, de confrontations et de petits détails qui éclaircissent toute l’affaire. L’affaire Balzac est un féminicide rural, d’une jeune fille qui était la propriété de ceux qui l’employaient.
Seulement, ce polar est aussi un hommage au grand écrivain. À la manière d’Honoré Balzac, Hervé Jubert commence son roman par des descriptions de la vie du narrateur, un jeune de vingt-cinq ans qui a fait tous les métiers, dont on ne connaît pas le nom, ni le prénom. Il rencontre le jeune Honoré, pas encore écrivain mais a l’ambition énorme de l’être. Un papillon qui cherche la lumière, dira une vraie sorcière !
Un écrivain comme enquêteur
Les clins d’œil au célèbre écrivain sont nombreux. Tout d’abord, son oncle avec son vrai patronyme Balza, que son père n’a pas souhaité qu’il prenne pour écrire. Sa sœur Laure est là, toujours étrangement très proche, même si nous n’en saurons pas plus. La province, puisque l’enquête se passe à Mirandol. Et bien sûr, l’argent, le nerf de la guerre pour Balzac, même jeune, puisque les jeux sont le point de départ de leur rencontre. Sans oublier, sa maladie qui le faisait passer par des états très inégaux.
Ce roman est une immersion réussie au cœur du début du 19ème, ce siècle aux multiples changements, dans cette France rurale où les mœurs sont encore fortement patriarcaux. La culture du blé s’impose sur celle du seigle. À l’époque où la conscription se tirait au sort, une vingtaine devait servir la patrie pour six ans.
La langue est inventive. Le narrateur se veut ni un domestique, ni un lettré, à la manière d’un Snagarelle qui ne s’en laisse pas compter. Du plaisir à être transporté dans une époque inconnue en si bonne compagnie, avec une enquête à la clé !
Remerciements
Aux éditions de La Manufacture des Livres
Puis quelques extraits

Porter un livre au libraire, c’est mettre un enfant au tour !
Balzac était un angoissé, un orgueilleux, un acharné. Surtout, c »était un original. Et je ne crois pas que la fabrique d’êtres humains qui anticipe nos existences est jamais conçue deux exemplaires de ce modèle. Balzac avait été fondu à la cire perdue.
La zone influence de Balzac, elle, était multiple. Un jour, elle était électrique. J’encaissais alors les commotions avec le sang-froid d’un morceau de gutta-percha. Une autre fois, il était plus spleeneux que le plus désespéré des bardes ossuaniques (à côté de ses crises, mes accès mélancoliques valaient pour roupie de sansonnet). Speculaire, je lui annonçais les heures avec une mine de croque-mort. Parfois, il devenait incohérent.
Balzac avait raison sur ce point. Les voisins sont et seront toujours des sources inépuisables. D’ailleurs s’il n’avait laissé traîner son oreille durant toutes ses années, Balzac n’aurait pas écrit. Il pouvait transformer un ragot en épopée. Surtout, il partait du réel.
Le bruit public a toujours été le plus sûr des télégraphes. Le plus dangereux aussi.
Un fils venait d’en apprendre plus qu’il n’aurait jamais dû en savoir sur son père. Une bulle de gaz, montée plus profond de la tourbe familiale, venait de lui exploser à la figure.
Mes tentatives humoristiques sont toujours tombées à côté du grand homme, comme des paquets de guano échappés du cloaque de mon manque d’esprit.
Ici en bref



Questions pratiques

Hervé Jubert – L’affaire Balzac
Rentrée littéraire 2025
Éditeur : La Manufacture des livres– X : @LaManufDeLivres Instagram @la_manufacture_de_livres – Facebook
Parution : 4 septembre 2025 – EAN : 9782385532031 – Lecture : Août 2025

Bonjour Matatoune. Je ne connais pas cet auteur mais je note le titre de ce roman qui devrait me plaire. Bonne journée
Il mélange l’ histoire de Balzac à une enquête. Un bon moyen de s’immerger dans cette époque.
Bonne journée 🎒🖋📚
J’aime beaucoup l’idée de poser l’auteur comme enquêteur.
J’ai aimé chercher les détails sur Balzac et me replonger dans cette époque !
je n’ai encore rien lu de lui, mais avec Balzac en prime, ça me tente bien !
Une époque et des indices à relever concernant l’écrivain!
Je ne connaissais pas l’auteur Hervé Jubert. Merci pour la découverte Matatoune, bon après-midi à toi 🙂📚
Moi non plus. C’est mon premier ! Il a du talent à recréer une époque ! Bonne continuation 📓🖋
J’ai beaucoup aimé Balzac à une époque lointaine, je note ce titre. Bonne journée
Peut-être en audio ! Bonne continuation 📓🖋
J’ai beaucoup lu Hervé Jubert il y a quelques années, ses romans ados notamment qui m’ont toujours plu.
C’est mon premier et l’exercice est difficile en prenant comme personnage principal un si célèbre écrivain !