
Adèle Bréau nous invite à la suivre dans l’univers du futile avec son nouveau roman, Les influentes. L’écrivaine utilise la mode et ses acteurs pour dépeindre trois femmes ambitieuses. Leur quête de reconnaissance les unit, leur permettant de comprendre, vers la fin, que le bonheur réside dans le partage et l’écologie, plutôt que dans une compétition excessive.
Brin d’histoire
Ces trois-là, Adèle Bréau les fait jouer leur rôle dans cet univers, qu’elle connaît particulièrement bien puisqu’elle a été rédactrice en chef du magazine Elle et continue d’alimenter Gala, Marie-Claire et d’autres.
Une agence de communication avec son magazine, presque racheté par un couple d’investisseurs chinois qui n’y connaissent rien et sa directrice Blanche de Rochefort, installée et reconnue d’un côté. De l’autre, QueenAnne, femme ordinaire, mère de trois enfants vivant à Viroflay cousant pour sa boutique virtuelle Irène, propulsée au sommet du moment parce qu’une star américaine a porté son combishort. Pour que la première puisse continuer à être au sommet, la rencontre avec Anne est organisée comme argument publicitaire.
Pour les réunir, Myrtille, une Milléniale, se fait un nom comme agente d’influenceurs.
Trois jours après, Anne retrouve son quotidien et doit gérer sa célébrité soudaine. Myrtille va l’y aider.
Seulement, le fonds de commerce d’Anne, ce sont ses vêtements. Pour les autres influenceuses, ce sont leur personne, l’objet de leur source de revenus.
Critique sociale
Adèle Bréau, de sa plume alerte, qui avait su me charmer avec L’heure des femmes, analyse, à travers ses trois prismes, le monde de la mode et son évolution depuis les années 80. Cette entreprise du luxe, fleuron français dit-on, rencontre de graves difficultés à survivre, rappelle l’écrivaine. Et des investisseurs étrangers, notamment chinois ici, seraient les bienvenus s’ils ne voulaient pas, en plus, se mêler de création !
Néanmoins, la création devrait rester cet univers de l’artisanat unique qui fait sa valeur. Seulement actuellement, ce ne sont plus des vêtements et des accessoires qui remportent l’adhésion du plus grand nombre, et notamment des accrocs des réseaux sociaux, ce sont ces jeunes, encore que des femmes, qui font de leurs vies et de leurs corps, un acte créatif incessant. Ces influenceuses recherchées des marques, assoiffées de visibilité, ne cessent de courir après l’accroissement de leurs followers, seul étalonnage leur permettant de se maintenir à flot.
Adèle Bréau immerge parfaitement dans cet univers du « trop ». D’îles paradisiaques pour quelques photos aux places des premiers rangs des défilés où il faut poser, en passant par tous les photocalls du monde, elle décrit cet univers du toc, du faux et du paraître jusqu’aux baisers en WiFi !
Difficile de ne pas dévorer cette fresque sarcastique, gentille critique sociale, d’un milieu qui fait toujours un peu rêver. Tout y est Amour, Gloire et Beauté, mais l’ironie ravageuse n’est jamais loin ! Jusqu’à la fin, un peu gentillette, rappelle que le slogan ne fait pas tout !
Pour aller plus loin

La voix des femmes dans « L’heure des femmes ».
Puis quelques extraits

Si tous les artistes simplement doués avaient dû faire fortune, ça se saurait.
Comme si travailler dans le domaine du futile était moins difficile que d’aligner pendant des heures des équations sur un tableau noir.
Retourner dans son monde du paraître, où elle peut jouer son personnage sans être contrainte à de véritables conversations.
On peut choisir ses filles, ses garçons devenus leur propre média, en fonction du message qu’on souhaite véhiculer, les mettre en scène.
Et encore,
Chacun reste dans son couloir avec ses certitudes, et on ne bat plus le fer.
Mais Blanche a compris depuis longtemps que la cruauté fait partie du monde, que si elle veut se faire respecter, elle doit refuser les règles, marquer sa différence, se ficher de tout cela, des programmes, des plans de table, des répartitions. Blanche est une reine. LA reine. Et si elle souhaite conserver sa place, elle doit agir comme telle.
La mode tient du spectacle comme le cinéma et le star-system. Et si elle ne sauve pas de vies, elle panse les plaies de bien des existences qui sombrent sous les douleurs, les chagrins ou les ennuis quotidiens. Elles ont un rêve pour gamines qui ne grandissent jamais et continuent d’admirer, semaine après semaine, ces images fantasmagoriques qu’elles savourent comme des bonbons esthétiques, des vies inventées de poupées comme elles le faisaient enfant.
Ici en bref

Du côté des blogs : Lire est le propre de l’homme
Questions pratiques

Adèle Bréau – Les influentes
Editions JC Lattès X : @editionsLattes – Instagram/ TikTok : @editionsjclattes – Facebook
Parution : 20 février 2025 – EAN : 9782714404435 – Lecture : Février 2025




Bonjour Matatoune. J’avais beaucoup aimé L’heure des femmes, et le sujet de celui-ci m’intéresse alors je le lirai avec plaisir. Bonne journée
Oui, un roman agréable à découvrir !
Bonne continuation 🌼
Un univers que je connais si peu, et pourtant omniprésent dans nos quotidiens.
Moi aussi ! Au début, je me suis interrogée sur ma motivation à le découvrir ( surtout que NG, du moins Lattes me l’avait refusé) mais je me suis laissée embarquer par son univers et son intrigue qui a su me plaire 😆
J’imagine que l’envers du décor doit être encore pire que ce que l’on peut s’imaginer… pas pour moi mais merci pour ce retour !
Oui et le ton acerbe de Adèle Bréau est bienvenu !
J’ai beaucoup aimé L’heure des femmes, aussi j’ai acheté celui-ci il y a peu. Tu me donnes envi de be pas le laisser trainer trop longtemps dans ma pal. Bonne journée
J’attends ton avis avec impatience 😉 Bonne continuation 🌞
Merci pour cette critique. J’ai vu passer ce roman à sa sortie, et j’ai longuement hésité. Je regrette un peu, mais on ne peut pas tout lire. 😉 Malgré tout, je l’ajoute à ma wish list.
Non, c’est sûr ! Mais, du coup, nos choix différents nous les font découvrir. Une manière d’essayer de couvrir l’ensemble d’une production dont la diversité est un très grand avantage !
Absolument. 😀😘
Je pense que je n’ai pas encore lu cette auteure…
Je l’ai découverte avec son précédent et j’avoue avoir été conquise !
Je ne connaissais pas du tout. Merci pour la découverte Matatoune 🙂
Merci pour ta confiance !
je note. si vous n’avez pas lu d’elle « les frangines », foncez !
Je note aussi 😉