Exposition Suzanne Valadon au Centre Pompidou – Les nus

vagabondageautourdesoi.com -Suzanne Valenton -
Jeune fille au miroir 1909

Cette chronique est la seconde à tenter d’expliquer ce que l’artiste Suzanne Valadon a apporté comme nouveautés à l’Histoire de l’Art, à partir de la monographie présentée au Centre Pompidou jusqu’en mai 2025. La première chronique analysait ses portraits. Ici, il s’agit de la nudité vue par l’artiste (1895-1938).

La joie de vivre

vagabondageautourdesoi.com -Suzanne Valenton -
La joie de vivre 1911

Avec ses quatre nudités, Suzanne Valadon explore un genre très codifié, traité par de nombreux artistes. Nicolas Poussin, Puvis de Chavannes, puis Manet, Auguste Renoir, Henri Matisse ont peint des femmes nues idéalisées hors du temps.

vagabondageautourdesoi.com -Suzanne Valenton -
Puvis de Chavannes Lété

Seulement, elle introduit un homme nu qui regarde lui-même les femmes que le regardeur regarde ! Ont-elles conscience d’être observées ? En tout cas, l’attitude de l’homme nous oblige à les regarder comme lui, alors qu’elles semblaient être uniquement dans une scène d’après-baignade. Car, elle représente les femmes différemment et dans différentes postures, absolument pas idéalisées. Ce voyeur qui ressemble étrangement à son amant André Utter, introduit le regard voyeur de l’homme, sur les corps féminins.

Adam et Eve

vagabondageautourdesoi.com -Suzanne Valenton -
Adam et Eve 1909

Suzanne Valenton utilise le thème de la création pour décrire sa propre histoire. Elle l’élabore en grand format. C’est certainement unique dans l’Histoire de l’Art. Elle, âgée de vingt ans de plus qu’André Utter, son amant, retrouve une certaine jeunesse avec cette nouvelle liaison. À la fin du 19è siècle et le début du 20è, montrer le pubis d’une femme avec sa pilosité était choquant.

Néanmoins, elle représente une femme resplendissante de bonheur. Elle connaît la puissance de la nudité puisqu’elle a été modèle. Seulement, elle choisit de ne pas idéaliser sa représentation. Évidemment, il n’est pas question de regarder les œuvres de Suzanne Valadon avec nos yeux modernes. Juste d’appréhender la nouveauté de son regard!

Suzanne Valadon n’hésite pas à représenter de face l’homme dans sa nudité
Poids publié ne sont pas cachés et qui choquait terriblement les regardeurs de son époque.
Les sexes de femmes dont apparents alors qu’elle n’a oasis pu avec les nus masculins. Elle s’est sentie obligée de cacher son sexe pour présenter son tableau à l’exposition de 1920. Seulement, elle affirme encore ici qu’un nu masculin est attirant au même titre qu’un nu féminin.

Lanceur de filet

Lanceurs de filet 1914


Les artistes peintres ont peint des nus masculins mais dans des petits formats. Suzanne Valadon est la première à peindre des nus masculins sur des grands formats, ouverts pour le regard de tout le monde. Seulement, ces nus sont complètement idéalisés, musclés et parfaits.

Son modèle est son amant, André Utter, ami de son fils avec lequel elle a vécu plus de vingt ans. Seulement, elle le représente avec un corps idéalisé à la stature parfaite. Elle imite ainsi les artistes hommes qui ne représentent la femme nue que comme un idéal sommé de faire naître le désir masculin.

vagabondageautourdesoi.com -Suzanne Valenton -
Dessin préparatoire avec un filet placé différemment que sur le tableau


« J’ai dessiné follement pour que quand je n’aurais plus d’yeux j’en aie au bout des doigts ».

Ce tableau rassemble trois postures d’hommes avec des attitudes différentes, à la manière de l’artiste Puvis de Chavannes. Par cette création, elle affirme que le nu masculin peut tout à fait susciter le désir, au même titre que ceux féminins.

Cette exposition est à découvrir pour appréhender la multitude de formes du talent de cette artiste qui a appris à peindre dans l’imitation et a su faire avancer l’art de son temps.

Pour aller plus loin

Suzanne Valadon à Pompidou – Les portraits

Jean-Paul Delfino et l’histoire de Suzanne Valadon

L’exposition à hauteur d’enfants : Pas de dispositif spécifique

Commissaires :

Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz, et Nathalie Ernoult, attachée de conservation, commissaires de l’exposition « Suzanne Valadon ».

SourcesPodcasts visite d’expos ici

Dans la presseTélérama

Questions pratiques

Suzanne Valadon à Pompidou – Ses nus

Centre Pompidou

#ExpoSuzanneValenton

15 janvier – 26 mai 2025

X : @CentrePompidou   – Instagram :@centrepompidouFacebook

Mes expositions incontournables en 2025

Chroniques culturelles

Cet article vous intéresse

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

avatar d’auteur/autrice
vagabondageautourdesoi
Lire - Visite - Voyage - Vagabondage durant mon temps libre !

12 commentaires

    • Une grande dame de la peinture ! Excellente semaine à venir 🌬☔️📚

  1. Je doute pourtant que ce soit le désir qu’elle veut représenter avec ces corps nus. Sauf peut-être dans « Adam et Eve », mais où s’exprime un désir mutuel pour le fruit de la connaissance, la main de l’homme accompagnant le geste de la femme. Présupposé féministe, car on pourrait aussi y voir un geste contraignant. Mais son esprit libre me ferait plutôt pencher pour la première option.

    • Les corps féminins, je suis d’accord. Elles les représentent dans des postures naturelles où on est loin des poses habituelles. Pour les corps masculins, par contre, ils sont idéalisée dans leur musculature, par exemple. Pour moi, elle a appliqué les codes de la peintures des nus féminins de l’époque aux nus masculins. Grande nouveauté 😉

Un petit mot ...

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.