
Second roman, après Le Consentement qui restera comme un livre qui a changé notre regard, avec Patronyme, Vanessa Springora avait un énorme défi à relever.
Dès les premières lignes, l’émotion sidère ! Difficile de continuer à lire sans poser quelques minutes pour respirer, reprendre contact avec sa vie, s’extraire d’un récit qu’on pressent si douloureux et si longtemps enfoui.
Avec l’écriture, Vanessa Springora ne fait pas semblant. Elle s’y plonge, à corps perdu, comme une possible thérapie. Pourtant le traitement a eu lieu avant et c’est le chemin qu’elle refait et qu’elle livre en confidence. Autour de son nom, qu’elle a eu l’habitude de rendre slave, l’écrivaine du Consentement reprend la relation avec son père.
Homme instable ayant déserté son éducation très tôt, même s’il n’a jamais vraiment disparu de son entourage, il reste cet homme qui meurt le jour où elle devait être reçue dans la première émission littéraire de télévision lors de la parution de son premier roman.
Affabulateur et même mythomane, érotomane, porteur du syndrome de Diogène, hypermnésique, c’est le constat que livre l’écrivaine sur son père. Vanessa Springora part sur ses traces et découvre des histoires secrètes, celle de son grand-père et la vraie sexualité de son père.
À chaque fois,
Les liens avec la littérature sont forts et revendiqués. Les écrivains n’usent-ils par souvent de nom d’emprunt ? En remontant l’histoire de sa famille paternelle, Vanessa Springora démêle les fils d’une filiation perturbée qui a donné naissance à la psychose de son père, mais aussi rappelle le cheminement d’écrivains renommés sur leur propre filiation.
En même temps, l’écrivaine éditrice met en scène l’histoire oubliée de la seconde guerre mondiale du côté de l’Europe de l’est avec notamment la Shoah par balles, les Sudettes et le sort de la Tchécoslovaquie.
À partir d’une enquête généalogique, de rencontres et de reconstitution littéraire, Vanessa Springora livre un passionnant récit émouvant et historique, même s’il existe certaines longueurs. « Cette enquête n’a pas effacé mes peurs. Croyant me pencher sur le passé, je n’y ai trouvé que les échos d’aujourd’hui. En remontant le cours du temps, c’est le présent qui m’a rattrapée, ce champ de ruines que nous laissons à nos enfants, un monde qui s’achève dans l’impasse et les convulsions. Les spectres de l’histoire continuent de façonner le présent. L’histoire « avec une grande hache », comme l’écrit Perec. «
Amateur de roman poignant d’Histoire et de généalogie, ce récit est pour vous !
Remerciements
Aux éditions Grasset et à NetGalleyFrance
Pour aller plus loin
Le consentement – Vanessa Springora
Puis quelques extraits

Un nom sans passé et mémoire, un nom fantôme, en quelque sorte, c’était inhabituel. Mais peut-être tout de même une histoire ?
La mort d’un proche nous confronte à des tracasseries administratives qui ont au moins le mérite de nous occuper l’esprit durant la période d’hébétude provoquée par la disparition soudaine d’un être qu’on s’était imaginé immortel.
Je me demande à quel moment on doit anticiper sa propre disparition, effacer les traces de ce qu’on ne souhaite pas partager avec personne, pas même avec ses enfants, surtout pas avec ses enfants.
Mais est-ce que ça suffit à rendre un enfant fou, de trop l’aimer !
Comme le Monsieur Teste de Paul Valéry, mon père est l’auteur de mille histoires qu’il n’a jamais écrites que dans sa tête. À son sujet, on peut parler d’un processus constant d’invention, de réécriture de sa vie. Il a sans cesse cherché une reconstruction acceptable, vivable, du monde extérieur, et c’est en soi une activité de romancier. On se fabrique les refuges que l’on peut. Et puisqu’écrire, c’est habiter le monde d’une façon différente, c’est vivre à l’intérieur des histoires qu’on se raconte, je me demande ce qui distingue fondamentalement les écrivains des mythomanes.
La fiction commence là. Avec ce nom d’emprunt.
Quoi qu’on fasse, on vient toujours de là où se trouve sa famille.
Ici en bref




Du côté des critiques Télérama
Questions pratiques

Vanessa Springora – Patronyme
Rentrée littéraire hiver 2025
Éditeur : Grasset – X : @editionsgrasset Instagram : @editionsgrasset – Facebook
Parution : 2 janvier 2025 – EAN : 9782246840350 – Lecture : Décembre 2024

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Bonjour Matatoune. Je note le titre mais je ne le lirai pas en priorité. Bonne journée
Il y a tant et tant à lire que l’important est de trouver plaisirca se plonger dans l’univers de qq d’autre ! Bon week-end ⛄️
J’avais bien aimé son premier livre. Elle poursuit cette veine personnelle. Je note ce roman. Merci Matatoune 🙂
Avec quelques longueurs, quand-même, mais intéressant pour ceux qui aiment l’histoire ! Bon dimanche
Un livre qui ne m’attire pas du tout. Les histoires de généalogie me pèsent. Meilleurs voeux pour 2025.
Merci à toi aussi . Beaucoup de découvertes livresques à partager !
On a beaucoup parlé de cette autrice au moment du « Consentement ». Cette sorte de livre très autocentré n’est pas ce que je cherche en littérature mais je suis certaine qu’il aura du succès et la faveur des média. Merci de cette suggestion de lecture et, de nouveau, une très belle année 2025 !
Merci encore ! Certes Patronyme n’aura pas le retentissement du précédent, qui reste rare en littérature ! Cette rencontre avec les aspirations d’une époque et un récit de vie sont si précieux qu’elle reste une exception. Néanmoins, avec Patronyme, Vanessa Springora dépassé le récit personnel pour aborder les thèmes de la littérature et de l’histoire de l’Europe de l’est . Je suis assez curieuse de savoir comment ce roman autobiographique sera accueilli !
Belle année nouvelle et merci pour la confiance et la fidélité !
Je ne connais pas, mais tu en parles bien et c’est tentant…
Si on aime les récits de vie, alors Patronyme est à découvrir ! On comprend pourquoi Vanessa Springora est devenu éditrice avec un père qui ne cessait de raconter des histoires ! 😉
Merci pour ta présentation et surtout bonne année. Bises
Merci ! Belle année aussi pour toi et ceux qui t’entourent !