Payal Kapadia
Grand Prix du Festival de Cannes
Film lumineux sur l’amitié et la solidarité féminine

All we imagine as light de Payal Kapadia est le premier Grand Prix du Festival de Cannes 2024 remis à un film indien depuis 1946, car l’Inde fut absent des compétitions pendant trente ans. Alors, ce film du cinéma indépendant dont le titre signifie Tout ce que nous imaginons comme lumière apporte une fraîcheur dans la programmation de cet automne.
Payal Kapadia concentre son film sur l’histoire de trois femmes, issues de régions différentes, qui habitent dans la mégalopole de Munbai. Prabha est une infirmière, habituée à accompagner ses patients avec empathie. Elle y consacre tout son temps, participant aussi à la formation de futures infirmières. À la fin de son travail, elle rallie son appartement qu’elle partage avec une autre jeune collègue, Anu.

Anu cache son amour pour un jeune homme, musulman, qu’elle n’a pas le droit de fréquenter en raison de sa religion. Sa famille, même à distance, cherche à la marier et lui présente un certain nombre de photographies d’hommes. Anu ne sait comment se sortir de cette situation inextricable. Une troisième femme, Parvarty, plus âgée, amie de Prabha, leur rappelle le respect nécessaire des règles sociétales.
De la veuve, Parvarty, à la jeune femme, Anu voulant vivre sa vie intime à sa façon, il y a Prabha, mariée à un homme qui s’est exilé en Allemagne et dont elle n’a plus de nouvelles depuis un an.

Le film est bâti en deux parties. En accompagnant le retour de Parvarty chez elle, dans une région côtière du sud de l’Inde, les deux amies vont inventer la fraternité de leur sonorité au-delà des préjugés sociétaux.
Des femmes et leurs libertés
Payal Kapadia propose un film émouvant autour de l’amour vécu par trois femmes, d’âge différent, assumant leur indépendance financière avec leur travail, mais subissant le poids de règles sur leur vie intime que la plus jeune n’accepte plus.

La réalisatrice filme avec beaucoup de chaleur les tentatives de ces femmes pour retrouver leur liberté. La caméra devient chaleureuse lorsqu’elle accompagne Prabha au plus près de son visage pour suivre l’évolution de sa réflexion. Elle devient pudique lorsque la sensualité d’Anu se déploie. Le fantastique s’y développe pour illustrer le changement que Prabha accepte.
La ville Munbai, énorme tentacule, est un personnage à part entière. Bruyante, jamais endormie, elle broie les êtres comme les femmes de cette histoire, anonymes oubliées et pourtant indispensables. L’apaisement viendra avec la beauté des paysages côtiers.
All We Imagine as Light est un film lumineux sur l’amitié et la solidarité féminine. N’imaginons pas que la situation de ces femmes est loin de notre univers. Au contraire, la façon de filmer de Payal Kapadia nous rappelle que la liberté féminine est une conquête toujours d’actualité.
Rencontre avec la réalisatrice et l’équipe du film

Pour faire la promotion du film All We Imagine as Light, la réalisatrice est accompagnée de ses trois actrices, ainsi que de son chef opérateur et le représentant de la production française. Le titre est particulièrement apprécié. La représentante de la distribution française indique qu’après le Grand Prix, il était impossible d’imaginer traduire le titre.
Payal Kapadia avait déjà reçu l’Oeil d’Or du documentaire à Cannes en 2021 pour Toute une vie sans savoir. C’est Condor film qui l’a produit. Tout naturellement, ils ont continué à être en collaboration pour produire All We Imagine as Light.

Payal Kapadia précise combien c’était difficile de filmer dans la ville de Monbai. Tout le monde croyait à un film avec de grandes vedettes, alors tout le monde sortait son téléphone pour filmer. C’est donc avec une petite caméra que les extraits dans la ville pendant la mousson ont été réalisés. Elle voulait cette opposition entre les deux parties de All We Imagine as Light pour bien montrer combien la ville contraint les corps et les esprits.
La région côtière est la région d’origine de l’actrice qui interprète Parvarty. La réalisatrice souligne l’importance et l’apport des comédiennes dans l’élaboration des dialogues : elles ont amené leur culture, l’histoire de leur région et leurs particularités langagières.
De la première prise à la montée des marches à Cannes, Payal Kapadia précise qu’il ne s’est passé qu’un an : une belle aventure !

Du côté des critiques
Sources
Questions pratiques
All We Imagine as Light
Réalisatrice : Payal Kapadia
Acteurs : Kani Kusruti – Divya Prabha – Chhaya Kadam
Drame
Pays : Français
Durée : 158 minutes
Sortie nationale : 2 octobre 2024
X: @CondorFilm – Instagram : @condordistribution

[…] All We Imagine as Light […]
Je serais passé à côté de ce film sans toi Matatoune, merci pour cette découverte 🙂
J’espère qu’il rencontrera un public curieux du cinéma indépendant hors de France!
Un film filmé en immersion : je suis preneuse.
Une réalisatrice.qui allié dorénavant fiction et documentaire !
Te lire a renforcé mon envie d’aller le voir !
Un film qu’il me semble nécessaire de découvrir !
Ce film me plairait sûrement, on a peu l’occasion de voir des films indiens. Bonne journée
Et c’est un film tout en pudeur qui parle de désir et de liberté féminine. Bonne journée 😉
Coucou, je suis très tentée par ce film ! Merci pour ton partage.
J’ai beaucoup aimé la sensibilité de cette réalisatrice.
J’ai très envie de voir ce film : merci ♥️
Une belle découverte pour moi, à l’inverse des films bollywood !