Caryl Férey – Magali – #rl2024

Rentrée littéraire 2024

Voyage au cœur d’une enquête sur un féminicide et d’une autobiographie

vagabondageautourdesoi.com - Caryl Férey -

Caryl Férey choisit un fait divers dans le petit village de son enfance pour se raconter. Ainsi, Le meurtre de Magali Blandin qui eut lieu le 11 février 2021 lui sert de prétexte pour parler de lui, de notre époque et de la nostalgie de son enfance et sa coupe de cheveux de sa jeunesse !

Difficile pour un écrivain aussi pudique que prolixe de s’épancher sur son enfance, sa famille et les considérations sur le monde qui passe ! Alors, Caryl Férey s’attache à enquêter sur un féminicide qui s’est passé dans son village d’enfance. Ainsi, le lecteur apprend la raison d’un prénom aussi particulier.

Caryl Férey se met en quête, comme il le fait lorsqu’il part au bout du monde, pour découvrir un nouveau lieu, une nouvelle intrigue, et écrire un nouveau roman noir.

Seulement, après avoir retrouvé le chemin de son village, force pour lui de constater que personne ne connaît la victime, ni son assassin. Son village est surtout bouleversé par son prêtre, mis en examen pour viol aggravé sur mineur !

Enquête mêlée de biographie

Malgré ses efforts, l’enquête piétine. Alors, Caryl Férey raconte ses premiers émois d’adolescent et d’autres au  » club des filles ». Heureusement, son enquête s’étayera avec la fait-diversière du journal Ouest-France et vers la fin, l’avocat du coupable.

Question exotisme, Caryl Ferey nomment ses personnages avec des prénoms empruntés à une tribu d’Indiens : Pharma Stoïque, Cheval de fer, Épi de blé, Girafe tranquille et son éditrice s’appelant Poupée de sang. Tous sont aussi succulents les uns les autres, comme un clin d’œil complice avec son lecteur.

À la fin, le lecteur constate que Magali raconte l’histoire d’un crime sordide. Certes, un féminicide, mais particulièrement pervers ou inconscient.

Concernant son autobiographie qui n’en est pas vraiment une, Caryl Férey révèle, bien évidemment, une jeunesse en fait assez banale, où la lecture, puis l’écriture, tient une place importante.

Seulement, n’abandonnant pas son personnage de bad boy, ou de Punk sur le retour, Caryl Férey se décrit surtout comme un solitaire préférant les cours par correspondance plutôt que les classes surchauffées. Mais, de toute façon, à la manière de son Bowie adoré, il se garde bien de se répandre, conservant l’élégance de son idole lorsque ça concerne sa vie privée.

Puis quelques extraits

Les pires horreurs n’ont pas besoin d’être inventées, mais, comme la mort, il s’agit de ne pas les oublier.

La culture du bistrot se perd, c’est socialement bien dommage, puisque c’est aussi le lieu où les classes se mélangent sans trop de distinctions, où l’on baisse la garde à la première blague.

On faisait les grands en s’intoxiquant, imaginant nos arrière-grands-mères s’éreinter sur les bacs de pierre lisse où les pauvres femmes passaient la moitié de leur vie penchée à laver draps et vêtements d’un autre temps. Nous étions des privilégiés, ce n’était pas mieux avant, on savait y croire.

Ce n’est pas parce qu’on sourit, qu’on n’est pas timide.

Je n’ai jamais aimé le terme « touche-pipi » -voilà encore une façon de dénigrer le corps, l’amour, le sexe.

Un accident. C’était presque un soulagement, maigre, mais qui n’attisait aucune colère ni haine. Aucun feu, en tout cas, qu’on traîne dans son corps comme une bactérie ou un cancer qui ronge.

La réalité ne dépasse pas toujours la fiction, malheureusement. C’est pour ça que j’écris.

Bowie imposait l’élégance, la nouveauté et la classe sous les masques de ses personnages, l’art multiforme et sans limites, et si notre guide portait des robes, tout était possible.

Dans les annes 1980, nous étions à des années-lumière de Samuel Pathy, du prosélytisme religieux dans les cours d’école et de l’autocensure républicaine pour-ne-pas-faire-de-vagues. Le culte de l’identité se résumait à en trouver une, de préférence originale, punk, funky ou baba cool, sans l’imposer aux autres.

Ici en bref

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Incipit
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Un extrait
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Caryl Férey – Magali

Éditeur : Editions Robert Laffont  

X : @Robert_Laffont Instagram :@robert_laffont

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Parution : 22 août 2024

EAN : 9782221269282

Lecture : Septembre 2024

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15 commentaires

  1. Curieux – toutefois pour une fois j’attendrai sa sortie en poche. Quant aux faits divers : il y a un maître S qui transforme les faits divers en étoffe pour un roman : Philippe Jaenada dont je lis actuellement « La désinvolture est une bien belle chose ». Voir son enquête autour de la « Petite femelle » (Pauline Dubuisson).

    • Je n’ai pas encore lu du Jaenada. Je sais je devrais au moins pour pouvoir donner mon avis … Dans celui-ci, j’ai aimé le côté autobiographique. A découvrir pour les inconditionnels comme moi de cet écrivain !

    • Bien, il devrait bien te plaire ! Ce n’est pas celui qu’il faut lire en premier décès auteur même si le thème peut être tentant.
      Bonne semaine 😉

    • J’avais lu vos avis, donc, j’ai plus cherché les points positifs ! Et celui de l’autobiographie en était un !

  2. J’ai lu quelque part que la démarche de l’auteur faisait polémique, car la famille n’était pas avertie de la publication de ce livre. Je ne sais pas si c’est justifié mais ça me dérange un peu.

    • J’ai relu cet article, qui ne semble pas avoir été repris par la presse nationale. Il parle d’injures à la victime
      A aucun moment dans ce « roman », Caryl Férey « injurie » Magali. Au contraire, il dénonce les feminicides comme une pratique barbare d’un autre âge !

    • Est-ce que la littérature ne pourrait plus reprendre un fait-divers ?
      Bien sûr que non !

    • Plus problématique est l’entretien final avec l’avocat qui rappelle qu’il ne connaissait pas la victime ?
      Pourquoi ne s’est-il pas assuré de valider les écrits après entretien ?
      Pourquoi n’a-t-il pas déposé plainte ou main courante ?
      Qu’au procès, il est voulu différencier le roman de la vraie personnalité de la victime, cela me semble tout à fait justifié.
      Alors, est-ce un mauvais buzz d’un mauvais article …

    • Je te le recommande ce précédent. Celui-ci est pour les aficionados de cet écrivain qui se raconte rarement. Alors, le lecteur passionné y relève des souvenirs qui éclairent un style et ses thèmes récurrents.
      Bon week-end 😉

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