Rentrée littéraire 2024
Portrait d’un cinquantenaire attachant qui refuse la condamnation du milieu médical

Le nouveau personnage de Jean-Marc Parisis s’appelle Pierre Vernier. Un jour, lors d’un examen normal pour un cinquantenaire, le neurologue lui dit « Syndrome de Pabsr-Thomas » Ça ne dit pas grand-chose à son patient. Alors, après recherche sur internet, il découvre : « Maladie auto-immune, rare, orpheline ».
Son médecin poursuit : « un mois « tranquille » sous antimigraineux, mais évolution rapide, vers hospitalisation, infarctus, AVC, et fermeture de sa » fenêtre de vie » à la fin de l’été au début de l’automne ». C’est posé ! Le médecin est satisfait, car il a appris qu’il fallait révéler la vérité au patient ! Pierre décide qu’il n’en parlera à personne. Seulement, son quotidien change, malgré lui !
Pierre évolue dans le monde intellectuel des faiseurs d’opinion. Lui-même iconographe dans le journal, Nouveau, son heure de gloire dans le passé, qui tardait à refaire surface, devait éviter de faire trop de bruit.
Le même jour, Pierre reçoit une photo par SMS, en direct, presque de son passé…
À découvrir !
En suivant Pierre au cours de ces jours suspendus, la rencontre avec des personnages hauts en couleur, comme Tassel qui ressemblerait à un Patrick Chauvel, dont les interventions ont des accents de leçons de vie.
Sophie Mache, une ancienne amie, sera la première de cette série féminine revenue du passé. Elle est devenue en quinze ans de La Varande et ne saura pas refaire renaître la flamme d’un passe biaisé.
Une série de portraits de femmes ou jeunes filles aimées est brossée en quelques pages, mais le roman prend une autre dimension lorsque le narrateur retrouve Tassel sur le chemin de son passé…
Jean-Marc Parisis est un écrivain aguerri. De formation journalistique, Prescription est son huitième roman, après cinq récits et deux biographies.
Son roman sait captiver, tout en interrogeant sur l’influence et le poids des algorithmes et la suffisance d’une médecine qui a oublié le doute et l’empathie. Difficile d’en révéler davantage sans parler du twist final. À découvrir !
Remerciements
Aux éditions Stock et #NetGalleyFrance
Puis quelques extraits

Chacun peut se prévaloir d’avoir ses propres victimes, mais personne ne peut revendiquer d’être dans le camp des bourreaux.
Pour moi, c’est le retour d’une vieille copine qui m’avait laissé en paix pendant quarante ans, une forme carabinée de migraines, d’ailleurs endiguée par le médicament qu’il m’a prescrit.
« Blablater avec des marioles d’experts, raconter à des peluches médiatiques ce que me confient mes amis de par le monde, tu rigoles ? «
Ce qui ne se sait pas n’existe pas.
Elle avait quitté l’ironie, son ambassade habituelle, pour rejoindre la vulgarité, son pays natif.
Et encore,
Ses souvenirs, ses réminiscences s’affranchissaient de la perspective du temps, prenant en sens inverse l’autoroute du « c’est loin tout ça» pour venir s’encastrer dans sa matière grise et s’enrouler autour de ses nerfs. C’était comme s’il n’avait plus de passé, que du temps acculé, froissé, compressé en lui, dont les particules sous pression, s’échappant par ses pores, s’épandaient à la surface du présent et le pollinisaient.
Tout le monde ne se faisait pas un monde du passé, tout le monde n’y cherchait pas un remède, une issue, une magie, tout le monde n’y croyait pas comme lui; lui qui ne croyait aucun dieu, il eut un instant honte de cette foi-là.
À l’approche de la mort, après une vie et des films fabuleux, Mastroianni n’avait plus soixante-douze ans, mais un jour, à peine, il était né la veille. L’imminence de la fin comprimait le temps de sa vie et des souvenirs qu’il en gardait. En regard de la mort, la vie, c’était du temps aboli.
Se rappeler les bonheurs attristés parce qu’ils se sont envolés, proféra-t-il. Se rappeler les malheurs ne vaut rien non plus, on y replonge aussi sec. Mieux vaut tracer sa route et ne se souvenir de rien.
Ici en bref




Questions pratiques

Jean-Marc Parisis – Prescriptions
Éditeur : Stock
X : @EditionsStock Instagram : @editionsstock
Parution : 21 août 2024
EAN : 9782234095175
Lecture : Juillet 2024

Je suis tentée aussi, je le note. J’ai découvert cet auteur l’hiver dernier.
ça ça m’intrigue je vais voir sur mon site achat. Bisous bon weekend
Il doit encore être sur NG ! Bon week-end 😉
J’ai beaucoup aimé aussi. Nos lectures continuent de se suivre, c’est génial. 😀😘
Je mets ton blog en lien ici pour retrouver ta chronique
mavoixauchapitre.home.blog
Vive la prochaine rencontre littéraire !
Oui, je suis certaine qu’elle ne saurait tarder. C’est incroyable de constater à quel point nous avons misé sur les mêmes livres pour cette rentrée. Je trouve ça génial. 😀😘
Même intérêts, c’est sûr que nos curiosités suivent les mêmes chemins 😉
Avant même de lire le roman, une certaine empathie se développe pour le protagoniste, du moins, après t’avoir lue 🙂
Tu as raison, j’ai aimé ce personnage qui choisit de ne pas se laisser envahir par l’inquiétude…Tout ce que je suis incapable, en fait 😉
Ce roman aussi devrait me plaire mais j’en ai beaucoup en attente. Bonne soirée
Oh, je crois bien que ma liste en attente me semble, elle aussi, insurmontable ! Bonne journée 😉