Cai Jun – Comme hier

vagabondageauourdesoi.com - Cai Jun- Deuxième roman de Cai Jun traduit en France, Comme hier est un polar complétement immersif dans la Chine actuelle où les croyances ancestrales s’imbriquent à l’essor, économique et technologique, phénoménal actuel. Et de technologie, il en est question. Car le jeu électronique « Comme hier » développe la possibilité de revivre ses propres souvenirs mais aussi de ressentir ceux d’un lieu précis. Pour les différents protagonistes, les cauchemars ne sont pas loin, mais Cai Jun développe aussi un côté onirique particulier.

Suite à un incendie, on découvre un homme de trente-cinq ans, complétement carbonisé. C’est Jiao Keming, propriétaire de l’appartement, professeur d’informatique au Lycée Nanming. Néanmoins, après avoir pensé à un accident, les services de police s’orientent vers un assassinat, surtout lorsqu’ils découvrent à ses côtés, asphyxiés, sa femme, Cheng Lisha, et leur enfant en situation de handicap.

Son téléphone révèle très peu de contact, sauf la photo d’une jeune fille aux cheveux rouges et au pseudo, sur le réseau social chinois ‘Le Dieu de la mort et la jeune fille » dont la traduction serait « La jeune fille et la mort ». Est-ce une rencontre extraconjugale ou autre chose ?

Sheng Xia est une ancienne étudiante du lycée où enseignait le professeur, hackeuse expérimentée, excellente sportive en boxe thaï et surtout solitaire. Elle désire venger sa mort en découvrant son assassin. Son temps de vie est compté car une tumeur a envahit son cerveau. Elle va s’allier au flic, Ye Xiao,  qui s’occupe de l’enquête. Tous deux vont former un duo amour/ répulsion accompagné par un autre protagoniste bien mystérieux.

Atmosphère étrange où les démons et autres croyances se confrontent à la technologie la plus innovante ! Car, imaginons qu’une machine soit capable de s’emparer de vos souvenirs et de les garder pour les utiliser comme bon semble à son inventeur ! Cauchemardesque ! Et Cai Jun détaille froidement les différents éléments de cet enfer qui ressemble de plus en plus à notre futur proche, surtout en Chine, leader de la reconnaissance faciale et d’autres choses du même type!

Car, pour nous, découvrir ce roman de Cai Jun c’est se plonger dans la culture chinoise, en découvrant le quotidien, les méthodes de la police, le système d’éducation, le système de santé, etc. hors de la communication officielle.  Et, c’est une manière très divertissante de découvrir cet aspect sociologique !

Néanmoins, même si on qualifie Cai Jun de Stephen King chinois, l’intrigue a du mal à se dérouler. L’ambiance étrange qui mélange croyances ancestrales et nouvelles technologies maintient le suspens un peu à distance. Malgré l’annonce de l’éditeur, je suis restée un peu en dehors sans jamais me sentir happée par l’enquête! Est-ce que un problème de culture. Car, certes le sujet est innovant et à de quoi terrifier, mais la sauce m’a semblé difficile à prendre.

C’est un bilan en demi-teinte que je propose ici : Ravie d’avoir découvert une enquête chinoise mais je n’ai pas vraiment réussi à me laisser emporter par l’histoire. Peut-être une autre fois !

Remerciements

à @Babelio et @NetGalleyFrance pour #Commehier de #CaiJun

Je n’avais pu finir La rivière pour l’oubli, son premier polar traduit en France..

Pour celui-ci, j’avais reçu l’Ebook avec NetGalleyFrance et je l’avais commencé sans pouvoir continuer. La Masse critique de Babelio me l’a amené en papier et voilà, je l’ai fini !

Puis quelques extraits

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J’ai connu un voisin qui était atteint d’un cancer depuis l’âge de trente ans. Il a eu recours å toutes les sortes de chimio possibles pendant trois ans et a avalé tous les remèdes traditionnels disponibles. Au départ, il était fort comme un bœuf. A la fin, il avait perdu tous ses cheveux et n’avait plus forme humaine. Il a vendu son appartement pour payer les soins et sa femme a démissionné pour pouvoir le veiller à l’hôpital. Finalement, il est mort. Je ne crois pas qu’ on puisse vivre sans argent. J’ai donc décidé de renoncer à la chimio et de m’amuser jusqu’ à l’épuise- ment des économies de la famille.

Ye Xiao mit un casque Bluetooth sur sa tête, alluma l’ordinateur et se connecta à « Comme Hier »…
« La mémoire est une chose mystérieuse, aussi imprévisible que l’humeur d’une jeune fille. Quel que soit l’état de votre mémoire, il suffit d’une faible stimulation pour faire réapparaître tous les événements passés, même ceux que vous avez oubliés, aussi anciens qu’ils puissent être. La capacité de la mémoire est limitée, et certains souvenirs sont jetés à la poubelle. Cependant, ils ne sont pas irrémédiablement détruits. C’est ce qu’on appelle la mémoire profonde. »
Une heure plus tard, Ye Xiao enleva son casque et tomba à genoux en sanglotant.

Et encore d’autres citations

Les casques Bluetooth étaient étranges. Le son se transmettait à travers la boîte crânienne ; il suffisait de se coller les écouteurs à côté des oreilles ou sur les tempes. Les deux branches étaient reliées par une lame métallique posée sur la nuque. Pas d’indication de marque, seulement un logo rond, une île noire sous laquelle était inscrit en caractères artistiques « Comme Hier ». Au sommet s’étalait un ciel étoilé strié d’une myriade d’étoiles filantes, encerclé d’une phrase : « Nous existons dans la mémoire. »
– « Comme Hier ».

C’était la voix d’une jeune fille. Elle pénétrait d’emblée sous la peau, s’enfonçait dans la boîte crânienne comme un poignard dans la tempe, pour atteindre les profondeurs du cerveau. Sheng Xia voulut décoller les écouteurs de ses oreilles, mais ses mains et ses pieds étaient paralysés. Ils semblaient ligotés par une corde. L’impression d’un corps étranger persistait.

Abraham Maslow, dans sa célèbre pyramide, indique les cinq besoin fondamentaux de l’homme : les besoins physiologiques, la sécurité, l’amour et l’appartenance, l’estime et l’accomplissement personnel.
Avant sa mort, Maslow a publié la théorie Z, mettant en avant un sixième besoin, celui de ( Quelque chose de plus grand que nous) . « Comme hier » en a découvert un septième : la mémoire. C’est à dire la possibilité de revivre les évènements heureux de notre existence, ce que la réalité ne peut pas nous rendre.

Ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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Premier extrait
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Puis, un second extrait
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Puis le dernier

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Cai Jun – Comme hier

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Parution : 20 janvier 2022

EAN : 9782374481821

Lecture : Avril 2022

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15 commentaires

    • Oui je sui restée un peu en dehors de cette intrigue sauf pour la découverte de la Chine contemporaine

  1. « Je suis restée un peu en dehors sans jamais me sentir happée par l’enquête. » Tu as résumé mon ressenti sur ce roman que j’ai eu du mal à terminer malgré ses atouts…

  2. Son premier polar « la rivière de l’oubli » était une petite merveille… je tenterai celui-là si j’en ai l’occasion mais ça ne presse pas 😄

    • Ravie que tu ais pu avoir bcp de plaisir à la lecture du premier. Celui-ci devrait te plaire. Bonne lecture !

  3. Déjà qu’avec les livres chinois, je mélange les noms propres, si en plus le coeur n’y est pas, j’abandonne avant de commencer
    Merci pour cet avis Matatoune

  4. J ai effectivement lu plusieurs chroniques mitigées pour ce livre que j avais aussi coché à la mc. Finalement je ne regrette pas de ne pas l avoir gagné. Bon week-end

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