En finir avec les violences sexistes et sexuelles – Caroline De Haas

En finir avec les violences sexistes et sexuelles

Caroline De Haas #NousToutes

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Malgré des avancées notoires que la société européenne enregistre au niveau de l’égalité des hommes et des femmes, mais aussi, au niveau de la prise de conscience du chemin qui reste encore à parcourir, l’essai de Caroline De Haas avec l’association #NousToutes montre avec pragmatisme dans son essai En finir avec les violences sexistes et sexuelles qu’elles nécessitent un plan d’action.

C’est un manuel en trois parties pour prendre en main les situations de violence en sachant les repérer et agir pour faire cesser le danger.

Première partie

Sa première partie est réservée à l’identification des violences afin d’appréhender leur ampleur dans notre vie quotidienne.

Les chiffres sont bruts et dérangeants. Une femme sur 2 a déjà subi une violence sexuelle. Dans un ascenseur, si il y a une autre femme, si c’est pas vous, c’est elle ! 80 % des femmes en situation de handicap ont été victimes de violences sexuelles. Et, on ne sait toujours pas combien d’hommes ont été violents, soit en agressant ou violant une femme …Il n’y a pas d’étude !

Employons les bons mots ! Finis la « pédophilie », qui étymologiquement veut dire « amour des enfants »  pour dire « pédocriminalité ». Finis les mots « abus sexuels » pour « agressions sexuelles » ou » viols sur mineurs ».

Seconde partie

Puis, En finir avec les violences sexistes et sexuelles donne des pistes pour déchiffrer les mécanismes de la violence.

Caroline De Haas examine les phrases « on ne peut plus rien dire« , « ce n’est pas drôle » ou « elle l’a bien cherché« . Elle soutient qu’il faut laisser des espaces non-mixtes pour permettre aux paroles de se dire. Je reste très dubitative et veut garder l’universalité qui est pour moi une valeur fondamentale. En connaissant ce type de censure, l’animateur doit pouvoir être garant du partage de la parole. Car, en entendant l’autre, on apprend pour soi ! Mais, ceci est un détail !

Car dans cet essai, est décrit aussi les étapes de cette violence : l’isolement de la victime, puis sa dévalorisation, ensuite vient l’instauration d’un climat de peur et en dernier, l’agresseur qui assure son impunité.

En rappelant la loi, Caroline De Haas donne force à sa démonstration.  Les policiers n’ont pas le droit de refuser une plainte. Il est possible d’écrire une lettre avec documents au juge des affaires familiales (JAF) du département pour demander une ordonnance de protection. Cette décision est peu utilisée en France, même par la justice. Alors qu’en Espagne, plus de 36 000 sont déposées par an. 62% sont accordées dans un délai de 6 mois. Alors qu’en France, les instructions s’accumulent sans grande efficacité.

Il existe aussi des formations en direction des scolaires pour combattre le cyberharcèlement. Le manuel en détaille ici les différentes formes qui pour moi m’étaient parfaitement inconnues. Néanmoins, il faudrait que les parents les connaissent pour en parler avec leur enfant. Puis sont détaillés le cycle de la violence conjugale et celle de l’inceste.

Pour finir, dernière partie

Cette partie comporte les éléments pour agir selon les circonstances : un auto-diagnostique, des clés pour aider une amie, une victime ou un enfant, mais aussi l’agresseur.  L’action contre la violence se détaille différemment selon la situation soit de travail, soit dans la rue, etc. Encore faut-il poser la question de façon systématique : « Madame, avez-vous été victime de violences ?  »

Pour conclure,

Un meurtre particulièrement horrible vient d’être commis en France. On se demande comment arrêter ces violences. A juste titre, Caroline De Haas soutient que le seul vrai pouvoir est celui de la parole. Encore faut-il être prêt à accueillir ou à parler en connaissant les difficultés qui seront rencontrées !

En finir avec les violences sexistes et sexuelles donne des pistes pour identifier les différentes formes de violences faites aux femmes ou aux enfants mais aussi donne des pistes pour savoir dire, parler, dénoncer, soutenir et accompagner,etc. Un manuel à mettre dans toutes les mains, au travail, en médiathèque, au CDI…en fait partout !

Puis quelques extraits

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Ce livre est un manuel d’action. Il donne à chacune et à chacun des outils pour que les violences sexistes et sexuelles s’arrêtent. Pour de bon. Tout simplement.

Pour savoir si on est face à un acte violent, je propose d’utiliser le mot « dignité ». Ou plutôt « atteinte à la dignité ». La violence, c’est l’atteinte de la dignité de la personne.

Dire: « Il y a des violences autour de moi » ou  » Je suis victime de violences » n’est pas facile, parce que c’est douloureux. Commencer par identifier l’isolement, la dévalorisation ou la peur est plus aisé. Un peu comme si on commençait tout doucement, avant de comprendre qu’en fait, on a sous les yeux des violences qu’on n’avait pas envie de regarder en face.

LA question : « Madame, avez-vous été victime de violences ?  »

Comme les professionnel-le-s, notamment de santé, posent maintenant la question de la consommation d’alcool ou de tabac, ils devraient poser celles des violences. Ces dernières ont des conséquences aussi graves sur la santé et sur l’entourage. Les détecter de manière systématique, c’est le moyen le plus efficace de ne rater aucun cas. 

Ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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Un premier extrait
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Puis un second extrait
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Et, encore un autre
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L’avant dernier extrait
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Et, enfin le dernier

Du côté des Critiques

Elle  – Médiapart

D’autres blogs en parlent

 

Pour finir

Questions pratiques

Caroline De Haas – En finir avec les violences sexistes et sexuelles

Éditeur : Robert Laffont

Twitter :  @robert_laffont et Instagram :

Nous toutes.org

Parution : 4 mars 2021

EAN : 9782221252987

Lecture : Mai 2021

Essais

Chroniques littéraires

16 commentaires

  1. mes chiffres font froid dans le dos…
    Les féminicides qui ont eu lieu ces derniers temps témoignent de l’urgence de l’éducation car le respect des femmes n’est pas une évidence pour tout le monde….
    je ne lirai pas, j’ai eu mon compte avec la presse ces derniers temps et j’ai besoin de passer à autre chose, sinon on se sent tellement impuissant à faire changer les choses que cela met encore plus le moral dans les chaussettes.
    Ce serait une bonne idée de le faire lire aux ados 🙂

    • Je ne peux passer à côté d’un tel livre. Pour moi, c’est important de le faire vivre pour qu’on puisse se l’approprier car il y a de vrais outils bien utiles qui y sont exposés. Je pense, comme je l’ai écrit, qu’il faudrait que le consentement soit travaillé au niveau scolaire, et pas uniquement sur la sexualité. Néanmoins, la violence faite aux femmes et aux personnes fragilisées sont le fait d’hommes d’âge adulte et il faut se donner des « armes » pour accompagner et soutenir ceux qui en sont victimes, me semble-t-il. Et, cet essai en présente de toutes simples… qu’il faudrait connaître !

    • Oui le titre met la barre très haut ! Mais si un manuel d’action n’a pas un objectif important, alors à quoi il sert !

    • Oui tu as raison, la notion de consentement est à travaillée à l’école pour qu’elle devienne naturelle. Néanmoins, il faut aussi pouvoir avoir un manuel d’action si on est confronté à des personnes qui en ont besoin.

  2. A lire pour éduquer et apprendre à certains hommes le respect que nous devons aux femmes. C’est un sujet qui me touche beaucoup. Ma mère m’a toujours sensibilisé à ces questions essentielles. Les chiffres sur les viols et agressions sexuelles font froid dans le dos. ça me met en colère car il faut lutter avec la plus grande fermeté contre ces horreurs. Il y a du travail à accomplir ! Merci d’en avoir parlé Matatoune 😊

    • Oui, je suis d’accord avec toi il faut en parler et il faut avoir des armes pour détecter, accompagner et soutenir. Ce livre est un des moyens de cette action. Bonne continuation

  3. C’est effarant les chiffres ça fait froid dans le dos espérons que les victimes parlent aussi c’est primordial! Bisous doux weekend

    • Oui, indispensable que les victimes parlent mais du coup, il faut aussi pouvoir les entendre et c’est notre rôle à tous alors ! Bonne soirée

  4. C’est un sujet important. Par contre, travaillant dans le domaine du handicap, je ne peux croire que 80% des femmes handicapées subissent des violences sexuelles, le chiffre est très très largement exagéré je trouve. On vit dans une société violente si on prend comme définition une atteinte à la dignité, je dirais qu’il y a des violences systémiques contre les travailleurs en général et tous les plus faibles économiquement en ce moment. Et la violence n’est pas l’apanage des hommes, du moins la violence non physique. Bon week end

    • Du coup, j’ai vérifié la source des chiffres. C’est le Conseil Européen du handicap qui a fait paraître ces chiffres. L’atteinte à la dignité, tu as raison, englobe beaucoup de situations y compris celles sociales que l’on ne cesse de dénoncer. Et, la violence est plurielle. Néanmoins, les violences sont toutes inadmissibles même si elles ne sont pas que physiques. Bonne soirée

    • Je pense vraiment que nous devons nous saisir d’un tel manuel d’action qui donne des pistes mais aussi des aides pour repérer des victimes. Bien sûr, les professionnels du social et médical devraient être aussi formés. Mais, nous qui sommes des passionnés de la lecture, donnons à cet essai la visibilité qu’il nécessite pour aider dans notre entourage.

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