Le cimetière des éléphants – Eddy Mitchell

Sous cette rubrique, de petites chroniques pour le plaisir.

Aujourd’hui, le cimetière des éléphants de Eddy Mitchell

@vagabondageautourdesoi
 

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Eddy Mitchell cumule tous les talents : parolier, chanteur, amateur éclairé de cinéma et même comédien. Depuis près de soixante ans, il occupe la variété française avec détermination et fidélité. Pur produit des années Yéyé, au fil du temps et sans quitter son cher rock ‘n’ roll, sa voix s’est faite plus suave à la manière inventant le crooner à  la française et l’orchestration derrière plus étoffée.

Ballade d’amour, la chanson « le cimetière des éléphants » (1982) évoque un endroit où, selon une croyance populaire européenne apparue au XIXe siècle les éléphants d’Afrique se rendent d’eux-mêmes pour mourir.  L’expression « cimetière des éléphants » est ainsi employée pour évoquer le déclin ou la mise au rebut de personnes ou d’objets jadis valorisés. Par cette chanson, Eddy Mitchell supplie sa bien-aimée de bien vouloir l’amener avec elle et de garder son amour. Humilité, sagesse et dévouement en sont les véritables supports.

 » Le cimetière des éléphants.  » a pour Eddy Michell une importance particulière:

« Je la trouve intemporelle, très jolie. Ce n’est pas une chanson que l’on peut beaucoup bouger »

« Même le solo de saxophone fait partie intégrante de la chanson »

L’histoire de l’enregistrement est aussi mythique  Elle a failli ne pas l’être. Une première fois car il n’était « pas fou » de la version enregistrée à Los Angeles. « Elle était trop californienne », critique-t-il. Puis une deuxième fois à New-York où les musiciens sont arrivés « le nez rempli de poudre ». Ce qui l’a fâché. « Ils m’ont demandé si j’en avais, mais moi je ne suis pas dealer, je suis chanteur », conclut Eddy Mitchell, content que sa femme et celle de son compositeur aient réussi à récupérer les musiciens partis du studio.

Nos aléas sentimentaux apparaissent comme un révélateur de nos contradictions de pauvres humains, « trop humains », si fragiles mais parfois capables de soulever des montagnes. L’individualisme exacerbé de nos sociétés laisse le couple lui-même fragilisé (« C’est pas perdu puisque tu m’aimes / Un peu moins fort, un peu quand même » Le cimetière des éléphants. La philosophie sauvage d’Eddy Mitchell par Philippe Corcuff ici

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