L’énigme de la chambre 622 -Joël Dicker

@vagabondageautourdesoiComment rendre hommage à un homme qui a su vous révéler, et vous accompagner sur le chemin de la célébrité ? Comme la série consacrée à la relation entre un comédien et son agent, Joël Dicker détaille dans « L’énigme de la chambre 622 » la relation d’amitié, de soutien et de travail qu’il a eu avec son éditeur Bernard de Fallois décédé quelques mois plus tôt.   Et comme un écrivain ne sait raconter que des histoires, Joël Dicker lui rend hommage par ce récit inséré dans un roman à tiroirs. 

Joël Dicker se met en scène et interprète le rôle de l’écrivain, un jeune homme dépendant et gâté qui n’a plus que son écriture à travailler. Une rupture amoureuse, son assistante qui prend des vacances, le décès de son éditeur-mentor et le voilà complétement esseulé. Par besoin de protection, il s’installe au Palace Verdier, en Suisse. Il rencontre Scarlett, riche héritière, venue là pour fuir un mari violent. Elle le pousse à reprendre l’écriture. Ils vont aussi ensemble faire équipe pour tenter de résoudre un meurtre dont le responsable est resté impuni en enquêtant sur le mystère de la chambre d’à côté, la chambre 621 bis, où le corps a été retrouvé.

 Joël Dicker dépeint aussi la vie d’une jeune femme, Anastasia, sous l’emprise d’une mère tyrannique, qui oscille entre l’amour que lui porte deux hommes. Le premier s’appelle Macaire. Héritié, ce »fils de » n’aura de cesse de corser sa vie tout en voulant par dessus tous devenir le futur directeur de la banque suisse de son papa.   Lev est le second, un jeune homme pauvre qui va gravir les échelons de la société et être reconnu pour ses qualités de banquier. Pendant quinze ans, les deux hommes se disputent non seulement l’amour de cette jeune femme mais aussi la direction de la banque.  Les deux hommes ont du génie pour développer mensonges et manipulations qui laisseront leur proie le fruit de leurs jeux diaboliques. Évidemment, ces jeux pervers vont s’imbriquer avec l’enquête menée par Joël et la belle Scarlett.

Joël Dicker a toujours déclaré qu’il ne faisait aucun plan et que ses personnages vivaient leur vie tout au long des pages jusqu’au moment où l’évidence lui saute aux yeux !  Du coup, le lecteur ne connaît l’identité du mort que dans la troisième partie et croit découvrir le coupable à plusieurs reprises. 

Comme le roman se déroule en Suisse, on  y parle d’argent, de banques, de blanchiment, d’espionnage, de palace et de tant d’autres choses que quelque fois, Joël Dicker peut perdre son lecteur tant les rebondissements sont fréquents et nombreux.

 Il faut accepter de lâcher prise pour  s’engouffrer dans l’imaginaire débridé de Joël Dicker. Avec brio, il livre un roman en forme d’ode à la littérature et à la relation qui lit un écrivain à son éditeur. L’agrémentant d’une enquête un peu loufoque, il embarque son lecteur dans une fable courant pendant quinze ans où l’Amour, la Gloire …et l’Argent en sont les ressorts. Bien écrit, tout devient rapidement agréable et addictif ! 

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La magie du roman, c’est qu’un simple fait, n’importe lequel, traduit sous forme de questions, ouvre la porte à un roman.

L’édition, c’est comme l’amour. On ne peut aimer vraiment qu’une seule fois.

Plus que d’avoir su faire mon succès, Bernard m’apprit à gérer le succès, notamment par le rappel perpétuel que tout était à faire.

…un « grand roman », c’est un tableau. Une immense illusion faite de coups de pinceau. Un tableau montre de la pluie: on se sent mouillé. Un paysage glacial et enneigé? On se surprend à frissonner. Et il disait :  » Vous savez ce qu’est un grand écrivain ? C’est un peintre, justement. Dans le musée des grands écrivains, dont tous les libraires possèdent la clé, des milliers de toiles attendent . Si vous y entrez une fois,vous deviendrez un habitué. « 

C’est là où le romancier entre en action : pour qu’un roman existe, il doit repousser un peu les murs de la rationalité, se défaire de la réalité et surtout créer un enjeu là où il n’y en a pas .

Bernard avait donné du sens à ma vie. Il avait toujours veillé sur moi. Il avait été ma bonne étoile. Mais il faut bien que les étoiles filent.

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

@vagabondageautourdesoi

L’énigme de la chambre 622 – Joël Dicker

Éditeur : Éditions de Fallois

Parution : 27 mai 2020

 EAN : 9791032102381 

Lecture : Juin 2020

16 commentaires

    • Celui-ci je ne l’ai pas lu. Merci d’être passée et très bonne fin de journée à toi

    • Je crois que c’ est Topobiblioteca qui a trouvé le bon adjectif : rocambolesque . Si on l’accepte, Joel Dicker nous embarque. Sinon, il perd son lecteur tellement cela peut paraître brouillon et mal construit…

    • Moi aussi j’en avais lu un et j’avais arrêté. J’ai eu plaisir à lire celui-ci. Bonne continuation Eveline

    • Oui, je crois que ce roman permet le récit de cette relation à laquelle Dicker doit tout !

    • Genève, la Suisse, un peu de chez toi et pour Dicker, c’est la première fois qu’il en parle autant ! Bonne fin de journée

  1. Je dois avouer que j’ai adorer La vérité sur l’affaire… mais beaucoup beaucoup moins aimé son dernier avant celui-ci que j’ai trouvé trop rocambolesque dans le mauvais sens. Je ne sais pas si je vais lire celui-ci.

    • Rocambolesque et du coup, c’est un peu l’image d’Arsène Lupin qui me vient ! C’est tout à fait ça …C’est un roman rocambolesque! Merci bcp

  2. Coucou
    Merci pour ta chronique, je n’ai encore lu aucun livre de ce compatriote et tu ne rends pas plus pressée de le découvrir, banque, palaces et blanchiment, ça semble faire bien cliché pour la Suisse. Pourtant j’ai reçu L’affaire Harry Québert pour Noël, il faudra bien que j’essaie. Bon dimanche

    • Ce roman est comme un conte qui permet à Dicker de raconter sa relation avec son éditeur. Je n’ai pas lu l’Affaire et j’ai eu bcp de plaisir à découvrir celui-ci. Bonne semaine Pat

  3. je n’ai pas prévu de le lire, je n’ai apprécié que « La vérité sur l’affaire Harry Québert » , « Le livre des Baltimore » m’a déçue alors j’ai arrêté …
    Il paraît que son 1er « Les derniers jours de nos pères » est le meilleur 🙂

    • J’en avais lu un avant celui-ci et j’ai eu plaisir à découvrir celui-ci ! Bonne soirée Eve

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