Alerte – Anonyme

Cet essai, « Alerte », annoncé en France dès novembre 2019, est écrit par un haut fonctionnaire de l’administration de Trump. Ce proche du bureau ovale a choisi l’anonymat et s’en explique dés le début : Rester en poste et avoir les coudées franches pour témoigner. Et, il y a matière. Tous les détails donnés semblent argumentés et documentés.

L’auteur va se désolidariser de ce nouveau président à partir des hommages faits lors du décès du sénateur McCain, figure marquante du parti républicain qui n’a jamais caché sa défiance vis à vis de Trump. La façon de réagir de cette plus haute figure de l’État l’avait alerté.

On aurait envie de rétorquer que dès la campagne de 2016, nous, les européens,  avions été alertés. Car, c’est ce même parti républicain qui a élu un trublion de cette nature.  L’auteur, lui, l’a appris au fil des jours et des semaines et veut témoigner de son inquiétude.

L’auteur décrit de façon détaillée la nature du pouvoir exercé par Trump. Il va donc jauger, avec l’éclairage de Cicéron, ce nouveau dirigeant en analysant sa sagesse, sa justice, son courage et sa tempérance, qualités indispensables, selon lui, à tout homme de pouvoir. Sagesse, justice, courage et tempérance en parlant de l’homme le plus puissant de la planète qui tweete le matin dès son réveil la politique intérieure mais aussi extérieure de son pays … On devrait en rire ! Seulement, ce n’est pas risible…Éliminer l’État Islamique d’une phrase de 240 signes, abandonner la Syrie et avec, le peuple Kurde et mettre en danger ses soldats américains, rien n’arrête cet homme.

L’auteur milite pour empêcher la réélection de Trump, car comme il le démontre, le parti républicain ne pourra pas dire qu’il ne savait pas puisqu’un des siens dénonce le chaos qui règne. Alors, tout les thèmes sont analysés : la sécurité intérieure, celle extérieure, la justice et la presse. Mais, je crains, que le parti républicain croit encore à sa bonne gestion du pays.

Après avoir abordé ses relations avec le président russe, celle aussi avec le dictateur de Corée du Nord, l’auteur convoque les principes des pères fondateurs de la démocratie américaine et espère un sursaut.

En évitant les écueils de la presse people (ce socle dont abuse Trump), l’auteur tente de convaincre son lecteur à partir de situations décryptées que cet homme est instable, égocentrique et raciste et ne peut être ré-élu sans mettre en danger la démocratie de la plus grande puissance du monde. Moi, avant de le lire, j’étais déjà convaincue. Après, je le suis encore mais j’ai encore plus peur !

Merci #Netgalleyfrance et @EditionsGrasset pour #Alerte

cite-56a4b9b45f9b58b7d0d8877b

 

En conséquence, les propositions complexes furent réduites à un feuillet ( ou idéalement à un paragraphe) et traduites en langage trumpien: « Qui est gagnant ? Qui est perdant?

Une idée avait surgi de nulle part dans son esprit et il la trouvait brillante, du simple fait qu’il y avait pensé.

Dans toute son argumentation, c’est l’un de ses procédés favoris : attaquer ses détracteurs pour les intimider et les réduire au silence. C’est sa méthode depuis des décennies.

Pour comprendre à quel point ce président déraille, il faut prendre la peine d’observer le monde par le petit bout de sa paille à soda.

Les Républicains ont remis les clefs du royaume à un homme qui a acheté le silence d’une star du porno avec laquelle il entretenait une liaison alors qu’il était marié à sa troisième femme, et ce juste après la naissance de son fils.

Nous connaissons tous par cœur le mode trumpien du  » Vous m’avez compris, je n’ai rien dit ». Il laisse entendre qu’il a le pouvoir d’ordonner à quelqu’un de faire quelque chose, mais espère ne rien avoir à dire d’explicite afin de n’être lié en rien aux conséquences. Ces petites allusions de sa part sont en fait des demandes illégitimes déguisées en innocentes suggestions.(…)

Pour tout dire, il œuvre activement à s’affranchir des protections inhérentes au système américain censées limiter ce pouvoir.

La guerre de ce président contre nos institutions démocratiques a pour effet de reléguer le gouvernement des États-Unis au niveau d’une des sociétés de la Trump Organization : une entreprise mal gérée, pilotée par un sociopathe endossant un costume de chef de l’exécutif, traversée de luttes intestines, aux prises avec des procédures judiciaires, s’enfonçant dans la dette, allergique à toute critique interne ou externe, ouverte aux combines les plus douteuses,car soumettant à des contrôles sommaires, uniquement au service de son unique propriétaire, lui – même surtout soucieux de sa propre personne, le tout aux dépens de ses clients.

L’ignorance délibérée, telle est la manière la plus juste de définir l’attitude du président envers ses ennemis. Il voit ce qu’il a envie de voir.

La Corée du Nord renouait avec le même numéro qu’elle avait sempiternellement joué pour ne plus avoir l’Occident sur le dos, en tendant une fausse branche d’olivier pour alléger la pression jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle administration américaine.

C’est que les mots comptent. Historien de formation, j’ai toujours cru le langage d’un président particulièrement important, parce que cet homme ( ou pour un futur proche, cette femme) s’exprime ven notre nom à tous. Ses mots façonnent notre manière d’entrer en relation les uns avec les autres et de répondre aux besoins du pays. Ils influencent notre manière d’affronter les épreuves et de coopérer au sein d’un même gouvernement. Les mots d’un dirigeant deviennent le cri de ralliement des causes que nous partageons, de ce contre quoi nous nous élevons (..,) ou ce que nous défendons (…). Malheureusement, les mots de Trump n’encouragent guère la civilité de la nation. Ils la rongent.

(…) mais face à ces questions conflictuelles, il est responsable d’avoir donné le ton, de ne pas avoir su choisir ses mots avec soin et d’avoir entretenu un climat d’intimidation susceptible de cultiver la violence.

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

Alerte – Anonyme

Éditeur : Grasset

Parution : 12 février 2020

EAN: 9782246824169 

Lecture : Avril 2020

16 commentaires

    • Tu as raison ! La lecture doit rester un plaisir de la découverte ou de la rencontre et lorsqu’on n’a pas envie, je ne vois aucune raison de se forcer. Bonne journée à toi !

  1. je n’ai ps le courage de le lire, l’élection de Trump a déjà été un traumatisme et surtout constater que les gens avaient pu voter pour lui… Et de toute manière, je n’ai aucune illusion, ils vont revoter pour lui: il a déjà dit que s’il n’était pas réélu, ce serait à cause de la Chine, ou des gouverneurs qui avaient empêcher la reprise en ne « déconfinant » pas 🙂
    Pompeo est du même tabac, et les démocrates ont élu un vieux monsieur aussi comme s’ils avaient perdu d’avance 🙂

    • Oh, ce n’est pas la lecture qui fait peur …c’est le sujet de ce livre… la personnalité de Trump qui s’il devait être réélu mettrait définissent à terre les fondements de la démocratie américaine par son égocentrisme et sa mégalomanie galopante. Et, je pense que nous pouvons en être inquiets ! 😉

  2. le soucis c’est que les Américains vont le revoter sans doute et toute façon son rival politique est très vieux aussi alors c’est pas gagné avec eux….Bisous

    • J’espère que non mais franchement j’en ai peur ! Bonne fin de journée,Renée !

  3. Je dois le regarder ce documentaire . C’ est sûr que cela va avoir un enjeu fondamental pour le reste du monde ces élections de novembre..

  4. Il m’attend sagement chez mon libraire depuis le début du confinement.. Je pense que j’ai encore plus envie de le lire après tout ce qu’il s’est passé pendant ses deux mois. Je ne sais pas où va l’Amérique, mais quelques réponses ont été esquissées dans le documentaire fortement intéressant de Martin Weil ( L’amérique la fin de l’american dream ? )…

  5. Ce livre est aussi dans mon immense pal. Espérons que les Américains aient un sursaut de bon sens. On peut déplorer aussi l’age très avancé de son rival. Triste pays qui sera dirigé par un quasi octogénaire quelque soit le résultat de l’élection. Bonne soirée

    • On verra a l’automne ! Mais, c’est vrai l’âge est aussi un vrai pb! Bonne journée

Un petit mot ...

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.