Sally Mann- Jeu de Paume

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Produite par la National Gallery of Art (Washington) et le Peabody Essex Museum (Salem), l’exposition itinérante créée il y a plus d’un an atterrit au Jeu de paume, première rétrospective considérable en France dévolue à cette photographe née à Lexington, dans l’État américain de Virginie, en 1951. Libération –

Sally Mann est une photographe contemporaine qui, depuis quarante ans, réalise des photographies audacieuses et oniriques. Le Jeu de Paume – Concorde – à Paris a choisit cet été de nous présenter cette photographe américaine très attachée à son Sud natal.

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L’exposition, en montrant pour la première fois certains clichés, tente de démontrer ce lien ente la terre du Sud et l’œuvre de la photographe : champs de bataille pendant la guerre de sécession et refuge familial ou une terre natale et un cimetière à d’autres époques.

L’âme opère mille allers retours, le cœur, un seul. John Glenday Poète écossais

L’exposition est divisée en cinq parties : la famille, la terre, l’ultime et la pleine mesure et demeure avec moi.

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Easter Dress – La robe de Pâques – 1986

On pourrait croire que ce cliché a été pris sur le vif : une petite fille fière de montrer sa belle robe. Mais, Sally Mann ne travaille pas sur l’instantanée. Elle compose ses photographies comme des natures mortes. Et pour commencer, elle choisit  de photographier sa famille, ses enfants et son mari, tous les étés qu’ils passent de 1985 à 1994, dans leur chalet d’été en Virginie.

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Elle fait poser, tels des modèles, de longs moments pour obtenir ce qu’elle veut mettre sur son papier argentique. Elle n’utilise pas le format habituel de boitier déjà miniaturiser à l’époque. Elle utile prioritairement une chambre 8 x 10 pouces (20 × 25 cm) et s’inscrit ainsi dans la traditionnelle photo d’art.

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The Dish – La tranchée – 1987

Sally Mann travaille en étroite collaboration avec ses enfants, ici son fils Emmet, même si elle a revendiqué le fait que la plupart des clichés partent de situations ordinaire, elle met en scène ses situations.

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Larry Shaving – Larry se rasant – 1991

.Jessie Mann, une de ses filles, déclarera plus tard  » Maman, Emmett, Virginie et moi (…) on est des acteurs sur une scène (…) On est en représentation. Mais, la scène, c’est Papa(…) il est là pour faire le lien entre les caractères forts et maintenir notre cohésion. « 

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The last time Emmelt modeled nude – La dernière fois que Emmelt accepte de poser nu.  1987

Au bout de la 7ème tentative, Emmelt accepte de poser comme sa mère lui demande. Avec sa lumière de fin de journée, le cliché illustre la sortie de l’enfance .

En 1992, Sally Mann décide de publier 60 de ses cliches dans un livre « Immédiate Family ». En lui apportant la reconnaissance et la postérité, Sally Mann se heurte à des réactions très négatives concernant la façon dont elle « exhibe ses enfants dans leur nudité ». Elle restera profondément marquée par ces polémiques et refusera en interview d’en reparler.

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Sally Mann se détache de plus en plus des photos familiales pour commencer à photographier des paysages.

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Deep South Untitled Bridge on Tallenatchie – 1998

Cette photo a été prise à l’endroit où un garçon fut assassiné sauvagement.  Les responsables ont été acquittés (meurtre raciste). Pour la première fois, Sally Mann laisse sur son cliché une petite coulure.

Ses photographies font de plus en plus référence à l’histoire américaine, ses batailles, ses injustices et ses souffrances. Elle s’aventure plus au sud, en Géorgie, Louisiane, Mississippi et la Virginie.

Sally Mann s’aventure à Lexington (État de Virginie) connue pour à la fois l’histoire de l’esclavage et la guerre de Sécession.

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Deep South – Untitled – Scared tree – 1998

« La terre s’en souvient-elle? Ces champs qui furent le lieu d’un carnage indescriptible, qui ont ensevelis un nombre indéfinissable de corps, sont-ils des témoins possibles? Y-a-t-il une présence numineuse (c’est-à-dire qui relève de l’expérience du sacré) de la mort dans ces champs de batailles si placides aujourd’hui, ces lieux où le temps s’est figé? » Sally Mann

De 2000 à 2003, Sally Mann continue à photographier des coins reculés. Comme les photographes pendant la guerre de Sécession, Sally Mann crée des négatifs avec le procédé du colladion humide.

Ce procédé peut donner des défauts, des rayures, des craquelures et autres accidents de développement. Sally Mann choisit de conserver ses défauts.

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River Danse – 1998

Sally Mann continue son exploration à la fois du procédé, des défauts qu’elle laisse sur ses photogaphies et aussi l’exploration des lieux de mémoire.

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Champs de batailles – Cold Harbour – 2003

Dans les années qui suivent la guerre de Secession, de nombreuses églises seront construites en direction de la communauté noire. Elles servent de lieux de cultes mais aussi de soutiens financier et moral. Sally Mann choisit de les photographier.

Elevée par une nourice noire Gee Gee, Sally Mann s’interroge sur les rapports avec la communauté noire dans ce sud ségrégationniste. Sally Mann crée la série « Abide with Me » qui signifie  » Demeure auprès de moi, Seigneur! »

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En 2004, Sally Mann présente une série de portraits énigmatiques. Quelques uns sont présentés ici:

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Les enfants de Sally Mann
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Le dos du mari de Sally atteint d’une maladie invalidante

« Ce que tu aimes bien demeure

LE RESTE N’EST QUE CENDRE

CE QUE TU AIMES BIEN NE TE SERA PAS ARRACHE »

EZRA POUND

Questions pratiques :

Sally Mann – Mille et un passages

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du 18 juin
au 22 septembre 2019
Jeu de Paume, Paris

Commissaires : Sarah Greenough et Sarah Kennel

Exposition produite par la National Gallery of Art, Washington, et le Peabody Essex Museum, Salem, en collaboration avec le Jeu de Paume, pour sa présentation à Paris.

13 commentaires

  1. Bonjour Matatoune. Je ne connaissais pas du tout cette artiste ni la technique utilisée sur les plaques. Son travail est très ingtéressant. Bonne journée

    • Trop gentil ! Ravie que le partage de mes découvertes à moi aussi te conviennent. Sally Mann est une artiste très particulière à la fois par sa technique mais aussi par la qualité de son travail . Très bon We. Et merci encore à toi de passer ainsi régulièrement.

  2. C’est un travail très particulier que je trouve empreint de beauté et sincérité. L’article est superbe tout autant que les photos, un grand merci Tatoune et belle journée !

    • Merci Lisa, c’est une artiste particulière qui a été longtemps cantonnée à la polémique que ses photos dites familiales ont déclenchées. Très belle exposition. Bonne journée !

    • Oui, elle qui a photographié beaucoup la jeunesse, l’insouciance là elle insise sur les corps vieillis, abimes. Très émouvant ; Bonne journée !

  3. Ces photos sont superbes, ça donne vraiment envie d’aller voir cette exposition. Peut-être qu’elle viendra en Suisse une fois

    • Oui, c’est ce qui a fait l’originalité de son travail en prenait beaucoup, beaucoup de temps pour les préparer. Bonne semaine !

    • J’avoue que moi aussi je ne connaissais pas. Un travail remarquable à découvrir !

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