Cité minière –

Lors de notre visite en avril au CHM (Centre Historique Minier), une grande partie de l’exposition explique l’évolution de l’architecture des logements des bassins miniers. Du coup, toujours très intéressée par ce sujet, je n’ai pas résisté à chroniquer cette évolution.

La vie dans la cité

Jusqu’en 1810, le minier a toujours du trouver seul le moyen de se loger. C’est à  partir de 1825 que naît l’habitat minier. Depuis 1810, 120 000 logements construits. Il en reste 70 000 en 2008.

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Le coron se développe autour d’une rue bordée de deux rangées de maisons avec jardin individuel sur l’arrière où sont installées les dépendances.

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Sur une place centrale où plus tard seront plantés les arbres, on trouve des aires de jeux et les équipements sociaux.

L’intérieur du coron diffère peu! Sur une superficie qui varie de 25 à 40 m2, une salle au rez de chaussée sert de cuisine et chambre des parents. Au 1er, deux à trois chambres de 8m2. Une cave complète l’ensemble où sont entreposés le charbon, les pommes de terres cultivées et le tonneau de bière. Les toilettes, la pompe à eau et le four à pain se situent dans les dépendances partagées par deux maisons. Cette dépendance s’appelle « le carin ».

Vers 1870, les cités-pavillonnaires complètent les corons. Des risques d’affaissement des terrains se font jour ! Il est décidé de partager les barres en 8, puis en 6, puis en 4 pour finir à ne laisser que deux maisons mitoyennes. Du coup, l’espace est plus lumineux, aéré et avec plus de confort.

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Les maisons jumelles de 70 m2 disposent d’une salle à manger et cuisine et à l’étage de chambres avec en plus une cave et un grenier. Les dépendances disposent en individuel d’un clapier, d’un pigeonnier, d’une buanderie et d’un WC. En 1900, le jardin s’agrandit et passe de 200 à 500 m2.

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Les cités-pavillonnaires

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Vers 1904 naissent les cités-jardins. Répondant à de nouvelles règles d’urbaniste, ces cités se construisent sur une voirie courbe, un plan en cercle, l’apparition de trottoirs, du macadam sur les chaussées et des squares publics avec des arbres.

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Les cités-jardins

Les guerres vont rendre exsangues les régions du nord. Pour loger le maximum de familles, on construit des baraquements.

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Recouverts de béton et de terre pour assure la climatisation, ces baraquements construits après la seconde guerre devant l’afflux de main d’œuvre sont progressivement détruits à partir ds années 1970.

A partir des années 50, il faut répondre massivement aux besoins de logements (immigration massive) ! De plus, le bassin est nationalisé ce qui aura pour conséquence aussi d’uniformiser les divers espaces de logements.

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Seront construits les « Camus » du nom de son inventeur qui s’inspire de Le Corbusier. Il faut à peu près 4 mois pour les construire. Ancêtre des maisons dites pré-fabriquées, 4000 logements seront montés.

« Des panneaux d’un étage de haut, de 2 à 7 mètres de long, de 20 à 25 centimètres de large, pesant de 2 à 7 tonnes, sont transportés sur une courte distance et assemblés en deux semaines. Une pièce est constituée à partir de six panneaux dans lesquels les fenêtres, les carrelages et les installations électriques sont déjà incorporés », résume Virginie Debrabant.

Appelés « Camus du haut » et « Camus du bas »  selon le nombre d’étage, ces logements se révèlent inconfortables et incommodants puisque les matériaux employés amèneront des nuisances importantes.

La cité minière est un lieu hiérarchisé où vont cohabiter tous les strates de la société.

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La maison du directeur est souvent construite à côté de l’église. Celles des ingénieurs, à côté des écoles et des dispensaires. De part et d’autres de l’entrée de la fosse, les maisons des employés et des techniciens sont installées. Elles se différencient par la présence de clôtures et de décorations extérieures.

Depuis le 30 juin 2012, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est classé au patrimoine mondial de l’Unesco, au titre de « Paysage culturel évolutif ».

« Après le classement de l’Unesco et l’ouverture du Louvre-Lens, le tourisme minier prend forme, note Marlène Virey. Il tend à combler la perte de mémoire et redonne de la fierté à ce qui demeurait, depuis la fermeture des puits en 1990, la trace et le souvenir d’une vie trop dure. » 

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Au fond, les terrils

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5 commentaires

  1. Bonjour Matatoune. Merci pour ce bel article sur le bassin minier du Nord-Pas de Calais qui vient compléter ce que j’ai appris en lisant « Le jour d’avant de Sorj Chalandon. Bonne journée

  2. Dommage.
    La construction du Louvre Lens à certainement mis en lumière ce patrimoine industriel et a permis sa classification donc sa préservation.
    À voir tous les scolaires visiter le CHM, cette transmission m’est apparue essentielle après toutes ses années de crise! Comme retrouver une dignité pour cette jeunesse qui a connue l’après …. Merci pour ton intervention !

  3. J’aimerais pouvoir découvrir le bassin minier du nord, ici autour de Saint-Etienne malheureusement il n’y a plus autant de traces de cette histoire alors que nous étions un bassin minier très très important aussi !

    • Dommage.
      La construction du Louvre Lens à certainement mis en lumière ce patrimoine industriel et a permis sa classification donc sa préservation.
      À voir tous les scolaires visiter le CHM, cette transmission m’est apparue essentielle après toutes ses années de crise! Comme retrouver une dignité pour cette jeunesse qui a connue l’après …. Merci pour ton intervention !

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