Jonathan Coe – Les preuves de mon innocence

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Jonathan Coe nous régale de son humour « so British » pour cette critique sociale à la fois enquête policière et soutien de la littérature :  Les preuves de mon innocence. C’est un roman dans le plus pur classicisme qui mélange les styles pour mieux dénoncer les travers de nos sociétés.

En plaçant son roman lors de l’élection de Liz Truss et la veille du décès de la Reine Élisabeth, il est aisé à Jonathan Coe de relater le conservatisme qui envahit toute la société britannique et au pouvoir depuis dix ans.

Et lorsque son héros, Christopher Swann, progressiste de centre gauche, se fait assassiner après avoir provoqué, lors d’une conférence réactionnaire, son hôte et d’autres, on comprend mieux où l’écrivain emmène son lecteur : explorer cette pensée réactionnaire effrayée du pseudo wokisme, tel que mondialement on définit les idées plus à gauche que le centre ! 

L’enquête menée par l’Inspectrice Prudence Freeborne, à la veille de sa mise à la retraite, et son sergent se construit autour des principaux suspects qui tous avaient un intérêt au meurtre. Certaines pouvaient nuire à une réputation acquise difficilement au cours de décennies.  D’autres apportaient la preuve de la volonté délibérée de faire exploser le système de santé pour le privatiser. D’autres encore pouvaient révéler le colonialisme négrier d’une grande famille britannique. Bref, à la manière d’un Wohnit très « english », Jonathan Coe s’amuse à balader son lecteur.

En plus, Jonathan Coe célèbre l’écrit d’autofiction d’où son titre s’inspire. Sa satire est brillante, mais cette promenade m’a éreintée. Les jours ont défilé et même si j’avais plaisir à m’y plonger, ma lecture s’est éternisée. Peut-être, trop classique, trop bien écrit, trop méticuleusement calibré, bref un avis très partagé. 

Pour aller plus loin

Billy Wilder et moiLe royaume désuni

Puis quelques extraits

Même, aujourd’hui, bien que vous avez peur des jouets frangés, et d’annoncer la couleur froide. Il faut d’abord enfoncer encore un peu plus le système de santé pour que ça puisse passer. (Un système de santé privé)

Ah, ces hommes en colère. Je ne sais pas ce qui les énerve à ce point, parce qu’ils n’en font globalement qu’à leur tête, la plupart du temps. Et pourtant, on dirait qu’ils sont partout dans nos vies, ces hommes en colère…

Comment survivent les écrivains ? Je ne parle pas de leurs moyens de subsistance, je parle de la façon dont leurs livres leur survivent, après leur disparition. Ils s’en tirent rarement sans aide. Les livres survivent parce que des gens tombent dessus ou sont aiguillés vers eux. Des lecteurs les lisent. Des enthousiastes font du prosélytisme. Des critiques font du débat. Des enseignants font des cours.
L’objectif avait toujours été que mes livres me survivent. En les écrivant, j’avais accompli la première étape de ce projet. Il était peut-être temps, désormais, de me lancer dans la phase suivante ?

Et encore,

Pour Phyl, tout ça faisait partie du goutte-à-goutte incessant de mauvaises nouvelles distillé par son téléphone : ces bribes d’infos qui venaient concurrencer l’oppression des Palestiniens, la guerre en Ukraine, les récentes inondations au Pakistan, le changement climatique en général pour encombrer son espace mental… Tout ça revenait à ériger lentement mais sûrement, brique après brique, un mur de désespoir qui semblaient occulter toute possibilité d’entrevoir un jour un avenir visible.
Forcément, avec tout ça dans la tête, la perspective d’une Première Ministre britannique qui penchait un peu plus à droite, ça ne paraissait pas si grave, non ? Peut-être. Mais c’était une petite brique de plus dans ce mur…

Dans un monde où tous les efforts pour dire la vérité en mots ou en images sont compromis, pollués, la fiction a quelque chose d’unique. Quelque chose d’authentique sur laquelle on peut compter.

Mais vous voyez, tel est le pouvoir de l’écrit. Grâce à lui, rien ne s’oublie jamais. Rien ne se perd. La littérature interrompt le cours du temps. C’est la seule raison de s’y adonner, au bout du compte.

Ici en bref

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Du côté des critiques : Télérama

Questions pratiques

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Jonathan Coe – Les preuves de mon innocence

Éditeur : Gallimard X: @Gallimard  et Instagram : editions_gallimard – Facebook

Parution : 4 septembre 2025 – EAN : 9782073101976 – Lecture : novembre 2025

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22 commentaires

  1. Un auteur que j’ai très envie de découvrir depuis longtemps. Apparemment, je ne devrais pas commencer par ce titre. Voilà plusieurs critiques mitigées que je découvre.

    • C’est notre quotidien ! Trop à lire, tue le plaisir de lire ! Excellente continuation et merci pour ta fidélité 🙏📚🎄

    • Et bien pour celui-ci, ce fut vraiment mon cas. Le livre est très bien écrit, avec une construction savante et le sujet m’intéressait, mais voilà, je l’ai trouvé ennuyeux. Sans enthousiasme à l’ouvrir mais ravie d’en lire des passages. Un bien étrange ressenti !

    • Ah oui, je le pense sincèrement. Mais, si celui-ci te fait envie, suis ton intuition ! Bonne continuation 🙏🖋📚

    • Pour celui-ci pas vraiment ! Mais, trop de détails tue l’intrigue je pense ! Pourtant, c’est bien écrit et construit ! 📚🖋🙏

  2. Bonjour Matatoune. C’est un auteur que j’apprécie et je dois le lire pour le prochain Comité de lecteurs de ma médiathèque. Mais si tu t’es ennuyée… Bonne journée

  3. J’aime beaucoup cet auteur, mais je ne fais pas une urgence de la lecture de ce titre, car ce n’est pas le premier avis que je lis comportant des bémols. Certains lui reprochent notamment de partir dans tous les sens..

    • Oui, c’est bien écrit, subtil et ironique en finesse, mais je m’y suis ennuyée ✨️

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