
Dans son premier roman, Romuald Gadegbeku raconte l’histoire de femmes invisibles et même cachées et oubliées. Leurs noms : Rita, Mariama, Aminata, La Grande, Diva… Elles sont, en fait, treize. Leur lieu de travail : l’hôtel Myriad. Six cents chambres implantées à une porte de Paris.
Leur employeur : Ménage à la française. Un sous-traitant.
Elles sont gréveuses. Les autres sont les briseuses. Certaines, avant, ont été briseuse. Mais, ça c’était avant ! Pendant deux ans, elles vont gréver, avec leurs doutes, leurs difficultés et leurs solidarités. Le syndicaliste CGTiste, Amado, confond toujours les femmes entre elles, avec son incapacité à nuancer la peau noire.
Romuald Gadegbeku est journaliste indépendant. Il a choisi de raconter cette révolte de l’ombre qui dura deux ans, enjambant le confinement. En donnant une voix à ces femmes jamais nommées, jamais interviewées, le journaliste nous fait pénétrer dans leur intimité et leurs difficultés de femmes, de mères et même temps qu’employées.
Rare est la littérature qui ainsi choisi de donner des voix pour celles qui se consacrent aux ménages dans les hôtels, les avions, les bureaux. Leur quotidien, Romuald Gadegbeku le détaille avec les tensions, la difficulté avec les enfants et les corps usés qui font mal, toujours.
Ce mouvement, courageux et téméraire, a réussi à faire plier le sous-traitant et la grande marque hôtelière. Ce fut une victoire de longue lutte. Ce roman le raconte dans le détail.
Puis quelques extraits

La PlayStation embauchée comme garde d’enfants, c’était venu d’instinct.
C’est toujours les mêmes génuflexions hurlent ses rotules fatiguées. À l’église. À l’hôtel. Au travail. Ou lèvres écartées devant le machin de l’homme parti.
Elles aussi semblent se souvenir avoir été appelées dans un nouvel hôtel, la veille pour le lendemain, le matin pour l’après-midi, le matin pour le matin, où elles ont briqué, et brisé quelques conflits.
La lutte est collective, certes, mais y prendre part, un combat individuel.
Fatiguée. La voix d’Aminata résonne comme l’écho d’une mort à petit feu. Fatiguée. En français. Ce mot-là, elle le connaît même dans cette langue. Fatiguée. Elle a dû le répéter jour après jour, nuit après nuit, chambre après chambre.
Ici en bref




Du côté des critiques : Les Inrocks
Questions pratiques

Romuald Gadegbeku – Les Gréveuses
Instagram : @romuald.gade
Éditeur : Grasset – X : @editionsgrasset Instagram : @editionsgrasset – Facebook
Parution :1er octobre 2025 – EAN : 9782246841005 – Lecture : novembre 2025

C’est une bonne idée de mettre en lumière leurs conditions de travail et leur épuisement. Bonne journée
Vraiment important, en effet !
Bonne continuation 🙏📚
La vie si difficile de ces femmes exploitées, Tu en parles très bien Matatoune 🙂
Une belle idée de les mettre en lumière ! Excellente continuation et 🙏📚
Les femmes sont souvent les rouages indispensables de notre société, même si leur travail est mal reconnu. bonne semaine
Oui, et pourtant on avait pensé que les épreuves nous aurait appris à penser différemment ! Illusion … Excellente continuation 📚❄️
oui, tous ces métiers dévalorisés et pourtant sans lesquels la société ne fonctionnerait pas, et particulièrement ces grands palaces. merci du partage.
C’est révoltant et pourtant c’est une réalité !