
Sixième roman de David Diop, Où s’adosse le ciel est à la fois le récit d’un voyage et un roman historique, porté avec une langue poétique et délicate faisant l’éloge de valeurs humanistes et d’engagement.
Yerim Thiaw, le lâcheur, abandonne Bilal Seck, griot de son métier. Ils revenaient tous deux du pèlerinage à la Mecque. Sur la route, ils croisent le choléra et ses malades. Donc, son ami de toujours l’abandonne, croyant qu’il a contracté la terrible maladie qui ravage la ville. Bilal est un Takrouri sain, un pèlerin de l’Afrique de l’Ouest; Seul, sur le chemin du retour, une révélation lui vient à l’esprit : forcer son ancien ami à le considérer comme son égal et non son esclave.
« Cette dernière pensée exalta Bilal et il comprit soudain que l’histoire des anciens, des origines tels que la lui avaient transmise les soixante et onze élus de la parole pure, ses prédécesseurs, étaient sa grande force. Pour la maintenir dans sa mémoire, il devait se couler dans l’esprit de chacun de ses acteurs, se nourrir de leur crainte, leur désir, de leur espoir ou de leurs regrets ».
Bilal se fond dans l’esprit des anciens, qu’il porte en lui depuis toujours par héritage. Son voyage en pensée se fait dans l’Égypte au temps du pharaon Ptolémée Philadelphe (celui qui fit construire la bibliothèque d’Alexandrie). Il a levé une armée pour conquérir « l’extrême occident », appelé aussi le chemin du Bel horizon. Bilal doit le suivre, aussi, pour retrouver son Sénégal natal, dans sa ville de Maka.
Comme un conte oral
David Diop rapporte les aventures de Bilal et celles des anciens que le lecteur prend plaisir à découvrir. Son héros se guide avec leurs secrets, et peut-être trouvera leurs trésors. Les rebondissements se suivent au péril de sa vie. Ils sont entrecoupés du récit des exploits de Prahhotep et de son fils adoptif, Antef, amoureux de la belle Méret.
De Deddah, actuellement en Arabie saoudite, son chemin passe par Louksor, après avoir traversé à la nage le Nil. Puis Abydos s’offre à lui, la ville d’origine du grand ancêtre, dit le passeur de la parole sacrée, nommée à l’époque de Bilal, Abjou. Puis ses aventures le mèneront dans l’oasis de Koufra, au sud de la Libye, pour la traversée du sud Sahara puis à Djenné, au Mali, dont le nom signifie génie des eaux,
Cette narration captivante entremêle la fin du XIXe siècle et l’Égypte antique. « Là où s’adosse le ciel » fusionne habilement tradition orale, carnet de voyage et fresque historique dans un récit envoûtant. David Diop y dénonce les pratiquants de l’islam qui ne respectent pas les préceptes et se conduisent sans satisfaire aux valeurs. Bref, une belle découverte littéraire !
Remerciements
Aux éditions Julliard et à #NetgalleyFrance
Pour aller plus loin


La porte du voyage sans retour Frère d’Âmes
Puis quelques extraits

Cette dernière pensée exalta Bilal et comprit soudain que l’histoire des anciens, des origines tels que la lui avait transmise les soixante et onze élus de la parole pure, ses prédécesseurs, étaient sa grande force. Pour la maintenir dans sa mémoire, il devait se couler dans l’esprit de chacun de ses acteurs, se nourrir de leur crainte, leur désir, de leur espoir ou de leurs regrets.
Où que l’on se trouve dans le monde, l’or fait des miracles, arase les montagnes, érige les palais et lève les armées.
Les chemins tracés par les hommes sont toujours sinueux même quand ils ne sont pas semés d’obstacles.
La parole des Dieux n’aurait-elle pas gagné à être comprise par tous les êtres humains sans l’intercession des prêtres ?
La peur de se faire voler un trésor n’est jamais aussi grande que lorsque la certitude d’en posséder un se double la crainte de ne pas le mériter.
Et encore,
Bilal avait ce don de savoir l’heure opportune de quitter les lieux où il était hébergé avant de devenir pesant. Il savait s’effacer des yeux et des mémoires à la fois, c’était le gage de sa liberté.
Plainte du paysan éloquent :
-Ne dispose pas du lendemain avant qu’il ne soit venu, car on ne peut connaître ce qui peut en advenir !
Rares étaient les Alexandre qui pouvaient être certains, encore vivants, que leurs courtes vies deviendraient des légendes
Les prières ne font pas de miracles quand ceux qui les adressent aux dieux ne croient pas qu’elles puissent être exhaussées.
Les trésors des dieux sont les hommes.
Ici en bref




Questions pratiques

David Diop – Où s’adosse le ciel
Rentrée littéraire 2025
X: @DDiop_ecrivain – Instagram : @ddiop_ecrivain
Éditeur : Editions Julliard – X : @Ed_Julliard Instagram : @editions_julliard
Parution : 14 août 2025 – EAN : 9782260057307 – Lecture : Juillet 2025

Bonjour Matatoune. Tu me donnes envie de le lire, mais pas dans l’immédiat. Bonne journée
Il paraît aujourd’hui et ce récit devrait être remarqué. Bonne continuation ⛵️🏖📚
J’aime beaucoup cet auteur, je note ce livre avec plaisir. Merci pour l’info. Bonne semaine
Oui tu devrais être conquise ! Bonne fin de journée !
Je lis toujours les romans de David Diop. J’adore cet auteur. Je trouve qu’il écrit merveilleusement bien. 🙂
Oui et celui-ci est de la même veine que les précédents, avec un plus pour ceux comme toi qui est un passionné d’Histoire. Belle période estivale 🏖🌾🍒
Je ne connais pas du tout, mais ce que tu en dis me pousserait bien à le lire… Un de plus !
Son univers est particulier tout en oralité et poésie. Celui-ci est réussi en liant le récit du voyage à l’histoire de l’Égypte ancienne !
Il est dans ma PAL, j’ai commencé à le lire, mais je pense que ce n’était pas le moment ! J’y reviendrais plus tard 🙂
Oui, il faut se laisser prendre dans son univers particulier . Il y a tant et tant à lire 😄
Nos lectures vont commencer à se suivre pour cette rentrée littéraire, comme à chaque fois. 😀💝 je le lis bientôt, ce roman. Toujours un plaisir de découvrir tes chroniques. Je te souhaite plein de belles lectures. 🤩
Oui, j’ai un peu commencé avant cette année…Des avis sur Babelio me faisaient un peu bondir alors j’ai décidé de publier une semaine avant le coup d’envoi officiel ! Néanmoins, c’est encore une rentrée riche et avec ceux que je n’ai pu découvrir avant leurs sorties, cela va nous occuper pendant plusieurs semaines 😄 Au plaisir de te lire aussi !
Oui pas certaine non plus, même si la langue pourrait me plaire
Son univers est particulier, c’est vrai mais très réussi dans celui-ci !
Je n’ai lu que Frère d’âme de cet auteur qui m’avait moyennement convaincue par sa construction alambiquée et son côté un peu « halluciné » … Pas certaine que l’univers de l’auteur soit pour moi !
Oui son univers est particulier, entre cette culture orale et les contes ancestraux. Celui-ci est de la même veine, mais quel talent de conteur dans une langue bcp travaillée.