
La photographie comme journal de bord de son activité professionnelle, François Rochon Saint-Aubert, qualifié ici par son prénom et son nom simple, en rend compte dans Visages du logement, images de l’État.
Là où la démarche scientifique oblige à l’objectivité, la prise de photos inclut obligatoirement un rapport entre le sujet et son étude. C’est cette subjectivité qu’est venu chercher François Rochon dans son processus photographique. Seulement, il l’applique à un sujet d’étude très sérieux : l’évolution de la politique du logement social en France.
Même s’il détaille sa démarche concernant le choix de l’appareil, son dispositif photographique et les interlocuteurs retenus, son sujet reste étonnant. Quelles intuitions ont précédé ses prises de photos ?
Urbaniste, spécialiste de la politique nationale du logement depuis une quinzaine d’années, François Rochon est aussi un acteur culturel. Il a coordonné plusieurs événements et expositions en lien avec sa région de cœur, La Charente-Maritime.
François Rochon formule quelques hypothèses qui s’allie avec sa recherche. Les illustrations sont présentées selon l’ordre suivant : son questionnement théorique, la pratique du terrain, l’influence et le rôle du territoire. Sa publication permet aux néophytes, lecteurs lambda, un certain nombre de réflexions.
Prolongement
Le plus souvent, le logement social est abordé sous l’angle des personnes qui y habitent. Je me souviens d’une campagne de rénovation d’un habitat social qui avait été soutenue par un ensemble photographique des personnes qui vivaient dans le lieu.
L’essai Visages du logement, images de l’État rappelle que les politiques ne sont rien sans les hommes qui les pensent, les composent et les font appliquer. De la photographie du conseiller ministériel de la couverture, les parapheurs attendant une signature indispensable, au tract de l’association DAL (Droit au logement), les photographies illustrent que ce sont des hommes et des femmes qui font la politique.
Les photographies illustrent la complémentarité requise pour construire une politique. Ainsi, les associations militantes, le terrain et les organismes promoteurs et constructeurs, etc. s’associent pour élaborer la politique gouvernementale.
Seulement, ces photographies nous parlent d’un temps oublié. Depuis presque une décennie, la politique du logement social est la grande oubliée de nos gouvernements successifs. Les acteurs de terrain ne cessent d’alerter. Alors l’essai Visages du logement, images de l’État devient un pamphlet, alertant sur ce que doit composer une politique, au-delà des slogans énoncés et des difficultés du secteur.
En conclusion,
Il est à noter l’importance que prend, au fil des clichés, l’arrière-plan. Au départ, flou, il devient signifiant du sujet photographié. La posture est aussi indicative de la relation du sujet avec le sujet de l’entretien.
Le port guidé associé à la posture étriquée des ministères fait place à l’attitude désinvolte d’un couple avenant. Mais que dire des classeurs de fiches qui racontent si peu les situations individuelles auxquelles elles font référence. Ils sont encombrants, et dérangent, par leur nombre. Ils illustrent une politique pas vraiment sereine !
D’un sujet étonnant, François Rochon interpelle par sa démarche de recherche qui insiste sur la coordination des différents acteurs. Ses photographies offrent des réflexions découvertes avec plaisir. Elles introduisent un regard décalé sur le sujet étudié !
Remerciements
Aux éditions Sas Culture et Babelio avec sa Masse critique.
Puis quelques extraits

L’acte de capter une image, la production d’une image, se révélait alors comme le fruit d’une relation entre le preneur d’images et son sujet. Cette relation ne pouvait se limiter à un rapport opportuniste pour les besoins de la cause scientifique ; il n’était pas possible d’opérer un relevé photographique impunément.
Dans ce type de photographie se retrouve en effet, en marge de nos travaux d’enquête, par incidence, ce qui nous passionne ainsi que tous les collègues dans leurs recherches. Ce type de démarche photographique, attachée à cette part impalpable et inattendue qui fait le charme de la vie urbaine, et de surcroît l’attrait de son étude, éveille donc l’intérêt .
Il s’agissait d’une tentative sans autre cause qu’une volonté personnelle dans laquelle j’embarque les personnes que j’allais rencontrer, sans autre raison véritable. Il me faudrait alors démontrer à postériori le sens de ce choix, construire la légitimité de la démarche jusqu’à la rendre imparable, établir un protocole où chaque paramètre aurait sa raison.
Penser la politique du logement de la France, se concentrer sur ce sujet vaste et pesant avec toute la compétence disponible ; entrer dans une posture de recherche, construire une réponse à des questionnements irréalistes, des problèmes informulés : voilà ce que je souhaitais enregistrer à l’image et que mon rapport écrit oublierait.
Ici en bref





Du côté des critiques : Médiapart
Questions pratiques

François Rochon Saint-Aubert – Visages du logement, images de l’État –
Son blog : http://www.francoisrochon.fr/
X : @F_Rochon17 – Instagram : @francois.rochon Linkedin : François Rochon
Éditeur : Le Sas Culture – Courriel : lesas.culture@gmail.com –
Parution : 1er septembre 2025 – EAN : 9791094197103 – Lecture : Juillet 2025

Le sujet est étonnant et ne me tente pas même si j’accorde de l’importance au logement social. Bon dimanche
Sujet étonnant, c’est vrai, mais très significatif de ce que doit être une politique du logement social, qui manque terriblement en ce moment. De nombreuses familles sont à la rue …
Bon dimanche 🌼
Un sujet très pointu, voire austère. Cependant les logements sociaux sont indispensables, vu le prix des loyers dans le privé. Merci de cette présentation 🙏 Bon week-end 🌞😎 🌱 📚 🤩
Oui, mais actuellement, la politique est bloquée et de nombreuses familles sont dans la rue … Triste monde !
Étonnant sujet mais intéressant
Oui une étonnante façon de la documenter !