Le Petit Palais a choisi cet hiver de présenter la première rétrospective à Paris du peintre José de Ribera (1591-1652), qualifié héritier du peintre Caravage. Seulement ses contemporains le qualifiaient de « plus sombre et plus féroce »que son Maître. Une centaine de peintures, dessins et estampes y sont exposés en suivant un parcours chronologique. Jose de Ribera est né à Jativa, près de Valence, en Espagne.
L’aventure Romaine

Il est possible qu’ils se soient rencontrés ou simplement croisés avec Le Caravage, lorsque Ribera, l’Espagnol, est arrivé à Rome, vers 1605-1606. Pourtant, aucune certitude ! Rome est, à cette époque, la capitale des Arts. Principal courant artistique du moment, le Caravanisme, créé par Michelangelo Merisi, dit le Caravage, est un courant révolutionnaire qui décrit le milieu populaire ou introduit dans les scènes religieuses des figures du peuple avec réalisme et sans lyrisme souvent présent dans l’art d’avant.
On entre directement dans le sombre de la nature humaine, théâtralisée par les attitudes des modèles, tous pris parmi les miséreux que l’artiste rencontre.

À la fin de son séjour, Ribera connaît la renommée. En 1616, l’artiste quitte Rome pour s’installer à Naples, alors territoire espagnol.

(Scène de l’Ancien Testament, le roi doit statuer car deux femmes réclament le même enfant.)
La renommée napolitaine

(Saint Jérôme, absorbé par son écriture, est soudainement interrompu par le son inattendu de la trompette de l’Ange.)
Pendant plus de quarante ans, Ribera règne sur l’art du moment. Il peint presque exclusivement des scènes religieuses. Seulement, il accentue les contrastes entre l’obscurité et la lumière, qualifié de courant ténébrisme.

(Sur la pierre est noté, d’après le modèle vivant. Rupture radicale avec l’art du portrait de l’époque. Malgré l’incongruité de la scène, il y a une profonde humanité dans ces visages.)
Il devient peintre de cour, entretenu et logé. Seulement, cela ne l’empêche pas de décrire les gueux, les difformes, les vieux, etc. Cette particularité il la déduit de son origine espagnole. Même si l’Espagne est la plus grande puissance du moment, les artistes relèvent les contrastes entre les très riches et les plus pauvres. Ainsi, la littérature espagnole des XVIe et XVIIe siècles privilégie les aventures des gueux (les picaros), des antihéros à la morale douteuse. Ribera reprend cette notion et livre des portraits et des scènes d’une profonde humanité mais aussi d’une douloureuse réalité.

(La feuille porte l’inscription « Donne-moi l’aumône pour l’amour de Dieu ». Le visage joyeux, lumineux même, contraste avec le handicap.)
Son art du tragique sera repris. Il l’utilise pour ramener ses regardeurs dans l’humilité de Dieu. Ribera en profite pour actualiser les scènes bibliques pour les rendre plus frappantes et crédibles pour ceux qui s’y attardent.
Surnommé « Lo Spagnoletto », Ribera fut redécouvert en 2002, lorsque certains tableaux, dont le « Maître du Jugement de Salomon », lui furent réattribués.

Une initiative à relever

Les commissaires ont choisi d’éclairer la connaissance du spectateur par des pastilles explicatives, en plus des cartels habituels, pour que chacun relève, cherche, et devienne actif face aux tableaux proposés. Ce dispositif, ici, est appelé « Œil aiguisé ».
Commissaires
Annick Lemoine, conservatrice générale, directrice du Petit Palais.
Maïté Metz, conservatrice des Peintures et Arts graphiques anciens au Petit Palais.
Ressources : Dossier de Presse – Panorama de l’art –
Questions pratiques

José de Ribera – Ténèbres et Lumière
Petit Palais
#expoRibera
Du 05 novembre 2024 au 23 février 2025
X: @PetitPalais_- Instagram : @petitpalais_musee- Facebook
Av. Winston Churchill, 75008 Paris

Un article une nouvelle fois passionnant qui me fait découvrir ce peintre immensément talentueux, merci Matatoune 🙏🙂
Une exposition qui m’à fait aussi découvrir ce peintre intensément humain ! Un ravissement ! Très bonne continuation 📚
Des couleurs très sombres que je n’apprécie pas vraiment.
J’ai aimé l’expression de ces personnages !
Bonjour Matatoune. Merci de me faire découvrir ce peintre talentueux que je ne connaissais pas et cette belle exposition. Bponne journée
De rien, ce fut un plaisir de le découvrir et de partager ! Bonne journée 🌞
Je ne connaissais pas du tout ce peintre, merci pour cet article toujours aussi intéressant. Bon week end
Merci, c’est gentil. Mais, comme d’habitude, envie d’en dire plus.
Bonne continuation 📚
je ne connaissais que sa peinture du pied-bot. Vous me donnez vraiment envie d’aller le découvir davantage.
Je la trouve terriblement humaniste ! Ce sourire …