La Longe : Écriture et Renaissance de Sarah Jollien-Fardel

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Lorsqu’elle était passée à la Grande Librairie, Sarah Jollien-Fardel ne m’avait pas convaincue. Son livre, je l’avais acheté dès sa sortie, car j’avais beaucoup apprécié son précédent. Mais, il était resté dans mon sac de livres à lire. Lorsqu’enfin la curiosité fut de nouveau plus forte et que j’ai lu le prologue, j’ai su que l’écrivaine m’avait harponnée avec son écriture, puissante et symbolique. Je n’ai pu le quitter.

L’histoire de La longe est une métaphore pour décrire comment le désespoir et la souffrance vous retiennent dans un univers que vous subissez. Rose est attachée à sa longe depuis que sa fille est morte. Le passé revient en cascade et c’est d’une autre absence que Rose se souvient, celle de sa mère qui s’est suicidée à l’âge de sa communion.

Rose fait remonter les images d’un passé qui peut-être n’a jamais existé. Seulement, ces mots sur les images, revisitées par la mémoire, lui permettent de cheminer pour enfin se libérer de cette longe de souffrance qui la retient au pays des absents. Au fil des pages, le lecteur découvre pourquoi c’est le mari qui place une longe autour du corps de sa femme…

La nature tient une place à part entière : réparatrice, ancestrale, pesante et légère à la fois. Elle ancre les êtres, les accueille pour choyer leurs blessures et les aider à leur renaissance.

Admirable conte contemporain, que La Longe de Sarah Jollien-Fardel nous raconte avec l’apport des mots de l’écrit, réparateurs pour que Rose retrouve le goût des autres. Bien sûr ce roman parle de la perte, de l’absence mais aussi de réveil avec une écriture toujours aussi sublime.

Pour aller plus loin

Sarah Jollien-Fardel – Sa préférée

Puis quelques extraits

Je ne regarde jamais la route, je laisse le paysage glisser derrière la vitre.

Le rituel sacralisation ces pas grand chose.

Je ne sais pas encore que ma mélancolie ne fait que dormir.

Le temps s’est figé durant des mois. Il a enseveli les souvenirs de l’ordinaire, des repas, de l’école.

Rien, rien n’apaise mon chagrin qui, comme mon corps enfle jusqu’à me faire mal aux côtes, jusqu’à m’étouffer.

Moi je suis retenue dans une chambre aux parois boisées, attachée à une longe.

Si j’étais un oiseau
Mais je ne suis qu’un serpent
Et ma vie est à terre
Mon ventre est sur les pierres
Où je ferai ma tombe
Bertrand Belin
« Oiseau »

Ici en bref

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Questions pratiques

Sarah- Jollien-Fardel – La longe

Rentrée littéraire hiver 2025

X :    Instagram : @sarahjollienfardel
Éditeur : Sabine Wespieser éditeur – X : @wespieser Instagram : @sabinewespieserediteur Facebook

Parution : 9 janvier 2025 – EAN :9782848055497  – Lecture : Janvier 2025

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9 commentaires

  1. J’avais beaucoup aimé « Sa préférée » et j’ai retrouvé le plaisir de lire cette auteure. Ton analyse sur le symbole de la longe est intéressante et vraiment convaincante ( je n’ai, pour ma part, pas bien compris pourquoi son mari l’attache…).
    Roman d’une très belle écriture et d’une construction efficace.

    • J’en garde moi aussi un souvenir très fort ! Une écrivaine à suivre , vraiment !

    • Ses deux romans m’ont ravie. Et je suivrais son prochain avec plaisir !
      Bonne continuation 🥞

    • Ce fut le même envoûtement ! Vraiment bcp de talent !
      Bonne continuation 🍃

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