Un Thriller Cynique et Addictif
Olivier Bordaçarre
Grand Prix de la Littérature Policière 2024

Plus jamais, après avoir lu La Disparition d’Hervé Snout d’Olivier Bordaçarre, vous apprécierez une tranche de foie ou même un steak tartare ! Fini la viande rouge, crue et dégoulinante. À jamais vacciner contre cette sanguinolente attraction. Olivier Bordaçarre nous incite à changer notre régime alimentaire avec autant d’impact qu’une vidéo en caméra cachée dans un abattoir. À travers un thriller en quatre parties, il aborde la disparition d’un homme d’âge mûr, chef d’entreprise, marié et père d’adolescents. Bref, en apparence, un homme qui a tout : l’argent, la stabilité, la reconnaissance, l’affection, en un mot un homme heureux ! Mais, ne jamais se fier aux apparences…
En deux mots,
La première partie pose le cadre. Quinze ans plus tôt, une famille, Nadine et Alain avec leur fils Gab Raybert, accueille, comme ils le font souvent, un garçon, Gustave dit Gus, Romonde, multimaltraité, pour essayer de lui faire redonner confiance avec les adultes et lui offrir la chance de l’oubli.
Aujourd’hui, à la veille des Jeux Olympiques, Odile Snout assiste au départ de son mari, Hervé. Elle ne sait pas encore qu’il va disparaître, sans laisser aucune trace. Même à la police, elle déclare que ce n’est pas une fugue, elle en est certaine. Avec elle, ses deux enfants sont terriblement inquiets !
Seulement, la seconde partie raconte ce qui se passe vraiment derrière le miroir et là, c’est une tout autre impression.
Thriller parfaitement maîtrisé
La disparition est un puissant procédé littéraire surtout qu’Hervé Snout est un personnage si antipathique qu’il ne devrait pas être regretté de beaucoup. Ce constat se renforce au fil des pages et rend la lecture jubilatoire.
Olivier Bordaçarre ajoute depuis longtemps à sa fibre écrivaine, la gestion de la compagnie théâtrale de L’olivier, comme metteur en scène et comédien. La Disparition d’Hervé Snout est son neuvième roman.
Hormis les scènes de harcèlement et de cruauté, le thriller est addictif avec suffisamment de constructions narratives pour qu’on ne s’ennuie aucunement. Profondément marqué dans la réalité du travail en usine au management paternalisme, le thriller, La Disparition d’Hervé Snout d’Olivier Bordaçarre, devient tout au long de ses quatre parties extravagant, noir, cynique et complètement décalé. Reste que même si la narration frise avec l’immoralité, la critique sociale du monde du travail, du couple, des rapports entre hommes et femmes est un élément incontournable de la réussite de ce thriller. À découvrir !
Puis quelques extraits

Le galet, lui, s’érode, s’arrondit, se polit, s’embellit tandis que le couple se creuse, perd ses rondeurs au profit d’angles et d’arrêter tranchantes, gagne en rugosité, se ride, vieillit.
Nul ne peut s’opposer à la liberté de chacun de s’en aller, de tout abandonner, de s’effacer de la vie de celles et ceux qui entament alors d’âpres recherches.
L’adulte reste, assume, s’enracine dans la raison: c’est l’enfant qui part, l’enfance qui déserte le cœur des êtres installés.
(…) une larme résiduelle comme l’écho muet d’une blessure qui ne cicatrice pas.
Ça mastique des mots, ça mastique de la nourriture. C’est du pareil aux mêmes.
Les salauds ont une pleine conscience de leurs saloperies, Ils savent que la saloperie est un acte susceptible de générer de la honte. Les hommes politiques connaissent ce processus. Alors, ils jugent la saloperie utile ou pragmatique ou inévitable pour diminuer le niveau de honte en eux. Et la saloperie se convertit en impératif, en challenge, en conseil.
Aucune relation égalitaire ne pourra jamais s’établir avec ces males frustrés. Sous les crânes rasés, l’espace est saturé par un mécanisme rudimentaire, dont la fonction est d’émettre des réactions à chaud, d’étouffer toute velléité d’analyse, de contaminer la structure cérébrale du sujet par le virus de la peste émotionnelle.
C’est leur truc, aux névrosés, de jouir de la névrose des autres.
Nul ne peut s’opposer à la liberté de chacun de s’en aller, de tout abandonner, de s’effacer de la vie de celles et ceux qui entament alors d’âpres recherches.
Ici en bref




Du côté des critiques
Du côté des blogs
Tranches de livres – Alex Mots à Mots –
Questions pratiques

Olivier Bordaçarre – La disparition d’Hervé Snout
Éditeur : Denoël
X : @EDITIONSDENOEL Instagram : @editionsdenoel
Parution : 10 janvier 2024
EAN : 9782207178676
Lecture : Juin 2024

Bonjour Matatoune. Je note le titre car il me semble original et addictif. Bonne journée
Roman original, très réussi ! Bon week-end 😉
Un thriller original, ça me tente toujours. Même si ça a l’air rude. Bonne soirée
Original, tu as trouvé le mot juste ! Bonne continuation 😄
Ravie qu’il t’ai plu.
Dslee, j’ai rajouté le lien vers ta chronique…je l’avais oublié
Ouh là… je préfère passer sur ce thriller sanguinolent ! Même si les extraits semblent assez engageants, à première vue.
Sanguinolent est le travail dans les abattoirs, terriblement difficile ! Mais, c’est vrai pas uniquement…
Voilà un thriller qui semble très original! Je suis tentée…
Il est complétement hors cadre habituel, en effet !
J’en suis sorti plus essoré que ravi. La méthode pour convaincre est brutale et le final pas vraiment réussi. Mais ça tranche dans le vif, trop pour moi !
C’est vrai que la fin est plutôt plan plan au regard du reste. Mais, au moins on redescend tranquillement dans notre normalité. 😄
Ton ressenti rejoint le mien, ce livre est vraiment bluffant !
Oui vraiment !
C’est lisible par une végétarienne ou bien je vais faire un malaise ?
Tu peux toujours sauter les pages qui dérangent ! Personne ne t’en voudras 😃