Plus folles que ça tu meurs – Denise Bombardier

vagabondageautourdesoi-bombardier-wordpress-_50_59_ProRemerciements à l’opération Masse critique de Babelio et les éditions « J’ai lu » qui m’ont permis de connaître cette  auteure.

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« Sex and the City chez les sexas », annonce l’éditeur Flammarion lorsque le livre sort en janvier 2017. Et il ajoute: « Denise Bombardier s’attaque à la sexualité des séniors« ! Que diable ! Quel programme! Je m’en régale d’avance!

Ce roman nous raconte donc la vie de « copines » approchant la soixantaine, bien installées dans leur vie professionnelle et comptant bien en profiter tant que se sera possible : Jeanne  voyage « le maximum de jours possibles à l’étranger sans risquer de perdre la couverture de l’assurance maladie du Québec, viatique de nos jours« . Claudine « se partage entre plusieurs amants qui …croient tous à sa fidélité« . Pauline « appartient à cette sous-catégorie de femmes qui étouffent les hommes dans la ouate, les écrasent de compliments excessifs, les comblent de cadeaux extravagants et inutiles » et « se donne avant d’être prise et c’est le drame« . Et, Marie passe « plus de temps sur une table de massage à se faire raffermir les chairs faute d’hommes pour les faire frémir » et qui explosera en plein vol ! Si, si ce sont de bonnes amies qui s’aiment beaucoup et depuis longtemps!

Toutes recherchent le prince charmant comme des midinettes, certes un peu ridées malgré les traitements divers, mais toujours romantiques malgré les vicissitudes de la vie. On apprend que les « sexas » ne veulent plus faire semblant mais n’arrivent pas à faire pour de vrai, faute d’interlocuteur digne de son nom.

Sauf une, la narratrice, Agnès ! Elle fait la connaissance d’un homme dans un dîner mondain : »met ses Louboutins » pour « être à sa hauteur« , a en cadeau un « saphir exceptionnel, sa pureté, sa valeur et son symbole« ,  découvre son appartement « tout blanc, lumineux et sans le moindre faute de goût« , avec qui à chaque fois, « la foudre du plaisir » lui « fait perdre conscience« , « les cheveux en bataille mais le cœur en bandoulière prête à dégainer encore et encore« . Ah quand-même…

J’ajoute encore  que nos héroïnes évoluent dans les meilleurs restaurants, boivent de la « Veuve Cliquot millésimée » comme moi ma Contrexeville, se lavent les dents « avec le dentifrice le plus cher du monde« , vont « chez le meilleur coiffeur de la ville, celui qui décoiffe les femmes de mon âge » . Et, là je vois l’image de Jane Fonda du haut de ses 80 ans!  Classe non ?

Denise Bombardier possède beaucoup d’humour, j’ai souvent souri. Et, heureusement, car sinon je n’aurais pu aller jusqu’au la fin!   Tout au long de la lecture du livre je me suis demandée si l’auteure se moquait de son lecteur et allait nous raconter la vraie histoire de ce prince libanais (j’imaginais un pervers narcissique apparaissant après les fiançailles!)  ou si nous allions supporter cette idylle si merveilleuse jusqu’à la fin!

Je pense que vous avez déjà deviné…

Alors « Plus folles que ça tu meurs », c’est comme le magazine « Marie Claire »: il y  a de belles images sur papier glacé. Le corps des mannequins est complétement « photoshopé ». Nous n’irons jamais dans les boutiques où l’on trouve leurs vêtements. Et, dans leur maison, même Stéphane Thebault* en serait éberlué! Mais, on continue à feuilleter le magazine !

* Animateur de La maison France 5

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Nous étions une bande de joyeuses folles, nos extravagances frôlaient parfois le précipice,nos conduisons nos vies de femmes plus que libérées le pied sur l’accélérateur et la tête dans le vent et voilà qu’une de nous, celle qui accumulait les aventures avec des hommes plus jeunes qu’elle,qui leur ouvrait les bras, ses cuisses et son portefeuille pour rajeunir, Marie,s échouait faute de d’oxygène et de repères lui permettant de s’apaiser.

 

Je n’avais pas l’intention de coucher avec lui tant je sais qu’avec l’âge le corps à besoin de préparation, d’un décor adéquat et d’un éclairage qui masque les outrages – même limités- du cumul des années,mais quand même : sa fausse indifférence finissait par l’irriter.

 

Cette scène, nous en rions encore chaque fois que l’occasion se présente. Marie estime même qu’ayant échappé aux sodomites pour la plupart, nous avions peut-être raté une expérience excitante, voire enrichissantes. Mais comme dit Pauline ; « Y a des moyens plus agréables de s’enrichir »

 

Tous les instants de ma grossesse me comblèrent tellement que j’en étais arrivée à envier l’éléphante qui porte son petit trois cent quarante jours!

 

Mais je l’ai mis en garde:  » Je connais des femmes dont la figure est si tirée qu’elles ont le clitoris sous le menton. Je préférerais que le mien ne bouge pas.

 

Je m’ennuie. Je crois même que c’est le sentiment permanent de ma vie. Je suis une forcenée du travail qui carbure à l’ennui. Et, contrairement à la plupart de mes amies en couple ou seules, je l’admets. Quand elles me suggèrent de me reposer, je deviens enragée !

babelio

 

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