
Rassembler un pionnier de l’avant-garde du XXè siècle avec les oeuvres des Nouveaux Réalistes est un pari osé que fait le Musée du Luxembourg avec sa nouvelle exposition. La présentation rassemble à peu près 100 œuvres qui détaillent leurs liens. Quelle surprise de constater ces influences qu’on avait oublié ! Cette exposition permet de redécouvrir Fernand Léger en dégageant son influence et son héritage.
La scène parisienne semble retrouver l’importance du peintre Fernand Léger, qui très engagé à gauche, au retour de son exil aux États-Unis, avait été un peu mis de côté ces dernières années. L’exposition montre son influence pour la peinture et sculpture de la seconde moitié du XXè siècle et même des artistes contemporains.
Fernand Léger, un artiste à redécouvrir (1881-1955)
Originaire de Normandie, Fernand Léger perd son père, enfant. Il est élévé par sa mère et un oncle, huissier, très attaché à ce que son neveu apprenne un vrai métier. Ainsi, sa première fonction a été assistant architecte, tout d’abord à Caen puis à Paris.
En 1900, il a 19 ans. Douze ans plus tard, il compose son premier tableau de sa période cubiste.
Léger travaille lentement et de façon classique, à la différence de Picasso et de Braque. Il personnalise le réel en y apposant de la couleur.

Fernand Léger est influencé par la couleur post-impressionniste en basant sa peinture sur des blocs de couleur. En la découpant en blocs. Il s’inspire des cubes de Cezanne. Une dynamique est créé par tous ces blocs pour aller vers l’abstraction. Ainsi la situation réelle est de moins en moins lisible.
La guerre
L’artiste participe à la première guerre mondiale. Blessé, il est démobilisé en 1917. Il découvre le populaire en célèbrant le progrès social avec le développement de la machine et la ville. Par contre, il revient au figuratif. Cocteau parlera de « retour à l »ordre ». Il décompose les formes en cubes, cornées par ses traits noirs pour dépeindre un réalisme nouveau.
Sa peinture monumentale sert de fond et de décor pour mettre en avant l’utilisation des lieux.
« Le rôle de l’artiste est de recréer la beauté de son temps. »Fernand Léger
Fernand Léger s’exile aux USA pendant la seconde guerre mondiale, de 1940 à 1945 . Il donne des conférences dans les universités. Les couleurs éclairent l’extérieur, en reproduisant toujours la réalité mais qui se renouvelle par la lumière changeante des néons.

Les grandes séries des loisirs populaires sont celles présentées à son retour de l’exil. Très engagé politiquement, il affirme croire en l’homme, de façon optimiste, comme un espoir pour demain.

Lors des années 50,
Sa série des constructeurs montre le progrès qui doit permettre la paix sociale dans la nature. Un de ses tableaux fut installé dans la cantine de l’usine Renault à Billancourt mais les ouvriers lui reprocheront son manque de réalisme !

A Biot, Fernand Léger s’y rend pour pratiquer la céramique. Il achète une maison dans le village. Ses compositions bénéficient d’agrandissement de ses céramiques et les installent dans l’espace extérieur de façon à les rendre accessible. L’artiste meurt d’une crise cardiaque en 1955.
Léger face à Yves Klein

Fernand Léger réintroduit la figure humaine dans les années 30. Il confronte la figure féminine et des objets du quotidien, sans hiérarchisation. La femme nue semble flotter dans l’espace. Le bleu, avec ses effets de transparence est renforcé par sa couleur complémentaire, l’orange.

Yves Klein s’empare de la figure mythique La Vénus d’Alexandrie, conservée au Musée du Louvre. Il applique son bleu IKB sur un moulage de l’oeuvre antique.
Dans les deux oeuvres, le bleu renforce la pureté des formes et leur beauté.
Léger face à Ben

Ben (1935-2024) a poussé jusqu’au bout le principe de l’accessibilité de l’art, que préconisait Fernand Léger. Cette oeuvre l’affire avec force.
Léger face à Keith Haring
Je n’aurais certainement pas pu faire les formes colorées et les dessins
au trait noir sans connaître Léger.
Keith Haring, Entretien avec John Gruen, non daté

Impossible de nier cette parenté entre Fernand Léger et Keith Haring !

Léger face à Niki de Saint Phalle
Nikki de Saint Phalle reprend deux principes que Fernand Léger à défendu : l’accessibilité de l’art et son implantation dans l’espace naturel.
Une grande partie de l’exposition lui est consacrée. J’ai choisi de montrer ici deux photos des réalisations les pleus emblématiques de ces deux artistes.

Église du Sacré-Cœur d’Audincourt – Fernand Léger – 1950

Commissaires

Anne Dopffer, Conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes
Julie Guttierez, Conservatrice en chef du patrimoine au musée national Fernand Léger
Rébecca François, Attachée de conservation au MAMAC
Sources
Questions pratiques
Tous Léger
Musée du Luxembourg – Sénat
19 Rue de Vaugirard
75006 Paris
Du 19 mars au 20 juillet 2025
X : @MuseeGuimet Instagram : @museeguimet – Facebook

Ça a l’air d’être une exposition qui vaut le coup, merci du partage Matatoune 🙂
Oui même si au début les liens avaient été oubliés. Merci pour ce retour.
Bonne continuation 📖☕️
Bonjour Matatoune. J’ai un peu de mal avec Fernand Léger mais j’ignorais que tellement de peintres intéressants s’étaient inspiré de son œuvre ! Une expo que j’irai peut-être voir, du coup ! Merci pour cette présentation, bonne journée à toi 🌞🕶🌹🌿
Pour moi, Léger s’apparente un peu aux peintres muralistes comme Rivera avec moins de figuratif toutefois ! En tout cas, le lien est bien montré.
Bonne continuation 💐
[…] Tous Léger – Musée du Luxembourg-Sénat […]
Je ne parviens pas à aimer ce peintre mais l expo à l air intéressante.
C’est vrai que les œuvres ici présentées semblent un peu datées ! Néanmoins, on ne peut nier son influence pour les artistes qui s’en sont inspirés !
Merci pour cette belle présentation, je ne connaissais que quelques tableaux de ce peintre, j’ignorais la diversité de son oeuvre. Bonne journée
Il reviens un peu au goût du jour, avec les thèmes forts de son œuvre !
Bon week-end 🍈