Respect : L’Essai Puissant d’Anouk Grinberg

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Respect est l’impression qu’à le lecteur à la lecture de l’essai d’Anouk Grinberg qui porte le même mot. Interviewée à la Grande Librairie par un Augustin Trapenard tout en empathie et douceur, Anouk Grinberg m’était apparue forte malgré les mots et les situations qu’elle évoquait.

En commençant son essai biographique, c’est l’enfant dont j’ai ressenti la dérive, la solitude, l’émotion et l’immense manque d’amour. Glaçant sa colère et son attente de protection, d’attention, de soin et bien sûr d’amour. Comment prendre soin de soi, lorsqu’une personne a nié la naïveté et l’insouciance de son enfance ?

Pourtant la comédienne a dompté son  » boa de colère ». En l’analysant, elle explique ce qui lui a permis de le dépasser. Et avec son expérience, elle souhaite montrer à tous ceux et toutes celles les mécanismes qui poussent a la soumission. « La question n’est pas de dézinguer un artiste tordu, mais de comprendre pourquoi j’ai participé à ma propre démolition. »

Les mots d’Anouk Grinberg font mal, très mal et pourtant elle se raconte simplement, redevenue entière, combative toujours, presque apaisée maintenant, après la souillure du manque d’amour et de la blessure du viol.

Profond message de vie, sans concession avec son intransigeance intacte contre les prédateurs, Respect  d’Anouk Grinberg est remarquable !

Puis quelques extraits

En plus des profiteurs, il y a les simples bourrins, les odieux, les queutards, mais dont on ne défend plus facilement. Des milliers de bourrins souillent la vie des femmes avec leurs pulsions de singes ou de sous-hommes.

Je ne peux rien changer aux événements passés, mais je ne suis plus ce qu’on m’a fait, je suis ce que j’en fait.

Ça dure quelques minutes pour l’homme et une vie entière pour la femme.

Et finalement, c’est avec notre courage que l’engrenage commence.

La question n’est pas de dézinguer un artiste tordu, mais de comprendre pourquoi j’ai participé à ma propre démolition.

On sait aujourdhui que les femmes violentées s’anesthésient pour survivre, et retournent ensuite aveuglément à la violence pour retrouver ce calme cette espèce d’absence à elles-mêmes qui premier les a « protégées ». Cest ingénieux ce mécanisme, mais combien terrible puisqu’il augure une longue suite de prédations que les ignorants appellent le consentement.

Et encore,

Je n’étais pas outillée pour me protéger, je ne savais pas qu’on le pouvait, je ne savais rien du
respect qu`on se doit, qu’on nous doit, on ne m`avait pas appris à dire non.

Ça imprègne le fond du cœur d’un mepris abyssal, d’une haine qu’on retourne contre soi. Ca
noue destruction et amour, qui fait le lit d’une solitude impénétrable; et pourtant, personne ne
voulait plus que moi la douceur. Mais des forces de destruction agissaient inconsciemment, comme si un moteur me poussait à achever le boulot des agresseurs.

J’explose le tombeau où j’étais endormie.

Faire de moi une « chose » devait lui plaire, parce que souvent les hommes sont excités par la passivité de la femme qui fait d’eux des mâles dominants.

Ici en bref

Du côté des critiques : Télérama

Questions pratiques

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Anouk Grinberg – Respect

Éditeur : Editions Julliard  – X : @Ed_Julliard Instagram : @editions_julliard – Facebook

Parution : 26 mars 2025 – EAN :  9782714404435 – Lecture : Avril 2025

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18 commentaires

    • Cet essai raconte l’emprise, la domination et les violences que subissent les femmes. Son ton est fort et incisif. Il est à découvrir, tu as raison.
      Bonne journée 🌞

  1. J’ai également vu ce passage à la Grande Librairie, et je l’avais entendu juste avant sur France Culture, et elle m’a fait une très forte impression. Sa colère et sa douleur sont palpables, et son texte a l’air vraiment fort.

    • Un cri de révolte, de rage qu’il nous faut écouter. Merci à toi. Bonne continuation

  2. « La question n’est pas de dézinguer un artiste tordu, mais de comprendre pourquoi j’ai participé à ma propre démolition. » oui, et c’est valable pour beaucoup de choses, pourquoi accepte t-on tant de choses qui ne nous font pas du bien ?

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