
Le Musée Maillol choisit de mettre en lumière une artiste inconnue, restée complètement dans l’ombre de son mentor, devenu son mari, Nadia Léger. Une femme d’Avant-Garde (1904-1982). Comme un conte de fées, la vie de cette femme se raconte tout au long du vingtième siècle.
Aymar de Chastenet, admirateur de Fernand Leger, un jour, se trouvait dans l’ancienne salle à manger de l’artiste avec ses petits-enfants, lorsqu’il remarque un tableau qu’il ne connaissait pas. Et ils répliquent : « Mais, c’est de grand-mère ! « . Alors, il part à la recherche de cette femme et avec des historiens, recense plus de 400 œuvres, toiles, gouaches, dessins et mosaïques.
L’exposition Nadia Léger. Une femme d’Avant-Garde présente 150 de ses œuvres à partir d’un parcours chronologique qui dialoguent avec les propres œuvres de Fernand Leger.
Penser que Nadia Léger est une femme effacée ne correspond absolument pas à sa personnalité. Elle fut peintre avant tout, engagée, surnommée La Milliardaire communiste, et dirige l’école de Fernand Léger et consacre sa vie à transmettre et à ériger un musée pour son artiste de mari.
L’artiste

Nadia Khodossevitch naît en Biolorussie en 1904. Son goût du dessin lui permet de s’inscrire en 1920 à l’école d’art d’un disciple de Malevitch, pionnier de l’art abstrait.
« En quête d’un être suprême au-delà du monde des objets, l’art de Malévitch, le suprématisme, purifie la peinture en écartant tout ce qui la détourne de son sens. »Beaux-Arts.
En feuilletant la revue de Le Corbusier, elle découvre les œuvres de Fernand Léger. Même si elle envisage de se rendre à Paris, elle fait une étape de 4 ans à Varsovie pour appartenir au groupe du peintre Stanislaw Grabowski qui devient son premier mari en 1924. Elle se nomme alors Wanda Graboska.

Après avoir visité l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs, le couple s’installe à Paris en 1925. Nadia Khodossevitch intègre l’école de Fernand Léger. Peu de temps après, naît une fille, Wanda, puis, elle quitte son mari et reprend son nom. Les années noires commencent. Elle crée une revue qui rassemble l’avant-garde picturale tout en faisant des ménages, L’Art contemporain – Sztuka wspolczesna.

En 1929, leur relation avec Fernand Léger s’officialise. Elle devient son assistante, sa muse, professeure dans son école et même la directrice dès 1933 et jusqu’en 1951.



Femme engagée
Nadia Khodossevitch rejoint le Parti communiste français dès 1933, douze ans avant Fernand Léger. Pendant la seconde guerre mondiale, Fernand Léger est en exil aux Etats-Unis, elle participe activement à la Résistance, en rejoignant les FTP M.O.I (Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée). Elle continue son engagement et produit des portraits des figures marxistes pour les différents congrès du PCF.

La première salle de l’exposition est consacrée à tous ses portraits, comme l’appellent les commissaires de l’exposition, le Panthéon de Nadia Khodossevitch. Après la mort de Fernand Leger (17 août 1955 à Gif-sur-Yvette), elle héritera de sa fortune, puisqu’ils se sont mariés en 1952.

Une femme attachée à transmettre
L’exposition montre aussi son rôle de transmission. Ainsi, de nombreux artistes ont été accueillis par l’école de Fernand Leger dont Nadia Khodossevitch assurait la direction : Nicolas de Staël, Louise Bourgeois, Hans Hartung, etc. Sa première exposition personnelle a lieu dans les années 50.
À la mort de Fernand Leger, elle s’attache à construire et à ouvrir un musée à Biot qui sera inauguré en 1960. Elle léguera aussi de nombreuses œuvres à l’Etat français.

L’exposition en direction des enfants
Il n’y a de dispositif particulier en direction des jeunes, sauf les habituelles conférences en direction des scolaires.
Sources
Commissaires
Une exposition d’art et d’histoire conçue, réalisée et produite par Tempora, en collaboration avec Aymar et Jean du Chatenet.
Au Musée Maillol précédemment


Questions pratiques
Nadia Khodossevitch Leger-Une femme d’Avant-Garde
Musée Maillol
#ExpoNadiaLeger – Du 08 novembre 2024 au 23 mars 2025 – Facebook Nadia Leger –
X : @museemaillol – Instagram : @museemaillol Facebook

Tout à fait!
Je viens d’écouter un podcast des Midis de Culture très critique vis à vis de cette dame
Oui, étonnamment très, trop, critique ! On la qualifie de suiveuse, sans création véritable, ils parlent de copies, on a oublié qu’elle fut directrice de son école d’art et au prealable, assistante, qui a accompagné de nombreux artistes.
On lui reproche de ne pas avoir eu d’influence sur son mari ! Seulement ils ont vécu de très nombreuses années ensemble.
Comment ne pas imaginer un échange d’influence !
Ils leur reproche quand-même beaucoup son aveuglement politique , très problématique, en effet ! Jusqu’à reprocher à la fondation Diana Verny d’avoir exposé au Musée Maillol cet artiste !
Seulement, sans cette exposition, nous n’aurions pas connu cette femme
, qui éclaire par son parcours les événements du XXe siècle et ses égarements.
Une bonne manière de se faire un avis est d’y aller et de se faire son propre avis !
Merci de cette belle chronique. Je ne connaissais ps du tout cette artiste. Bon week end
Elle commence à sortir de l’oubli ! Bon week-end 👑
Je découvre cette exposition et cette artiste que je ne connaissais pas. Merci pour cette belle présentation Matatoune 🙂
Une artiste à laquelle on redonne une place de créatrice bien méritée ! Bonne continuation !
inconnue pour moi .donc très intéressante expo
Une exposition assez exceptionnelle au musée Maillol, très riche même si j’ai choisi ici un minimum de tableaux pour ne pas » saturer l’œil » 😉
Merci pour la présentation ! Une exposition qui m’intéresse au cas où je passerais par là 🙂
Alors, au plaisir de la découvrir !
Merci de nous offrir ce petit aperçu d’ une exposition que je risque ne pas voir.
Je crois bien qu’elle va circuler ,,, A suivre peut-être !