Je suis le genre de fille – Nathalie Kuperman

Je suis le genre de fille – Nathalie Kuperman

Éditeur: Flammarion

ISBN : 2081417472

Mars 2018

 

vagabondageautourdesoi-jesuiscegenredefille-wordpress-2018060« Mais, quel connard ce mec ? » Juliette se répète cette phrase comme une litanie, mais uniquement pour elle-même. Dans « Je suis ce genre de fille », Nathalie Kuperman nous dresse un portrait de femme coincée entre apparences, règles sociales et regard de l’autre et ressenti où la colère, le refus et l’exaspération prennent quelque fois le contre-pieds.

La quatrième de couverture nous informe que Nathalie Sarraute les appelait « les innombrables petits crimes » qu’on se fait à soi-même, au quotidien, pour quémander un sourire, une reconnaissance ou une marque de tendresse. Et, puis, lorsque la solitude est trop insupportable, le vin trop alcoolisé ou la colère trop vive, comme un tsunami, tout éclate laissant étourdi de tant d’audace !

« Je suis ce genre de fille » est un roman où l’auto-dérision laisse souvent échapper sourire tant les situations sont justement présentées dans toutes leurs difficultés. Je m’y suis reconnue : sourire toujours, tenir les portes, entendre l’autre sans l’écouter mais rester polie, etc…La gentille fifille, en somme !

Mais, je me suis lassée cherchant où l’auteur voulait nous embarquer. Alors, n’y pouvant plus, j’ai fait une lecture « saute-moutons » me laissant porter par les « d’accord », « merci » et autres… Et, puis, d’un coup, l’émotion arrive à la presque fin : Juliette parle de l’absence de celle qui l’a aimée mais devant qui elle n’a pas rampé. Elle le regrette tellement !

De cette absence, de ce manque, j’aurais aimé en lire plus encore. Être ce genre de fille qui sourit d’un sujet qui fait tellement souffrir ! Avec discrétion et élégance, l’auteur l’évoque mais à mots couverts tout au long du roman. Je repart avec dans la tête la petite musique « je suis ce genre de fille » qui donne au quotidien le recul qui le fait supporter !

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Ma fille a enfin disparu dans sa chambre et je ne peux m’empêcher de poser une dernière question à Siri homme « Qu’est-ce que je vais faire de la vie ?  » Le lâche me renvoie sur le Web intitulé « Qu’est-ce que je vais faire de la vie ? « et je me retrouve à lire les commentaires des suicidaires qui proposent des solutions pour que le grand saut soit sans retour possible.

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Peut-être est-ce aussi la phrase du titre qui m’a tant bouleversée. Nous ne vieillirons pas ensemble quand tant d’hommes vous disent: Je voudrais vieillir avec toi, et que jamais vous ne les croyez, parce qu’il est impossible pour un homme d’avoir vraiment envie de vieillir à côté d’une femme. Ou si peu d’hommes.

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Les gens qui ne doutent pas me font peur, et pourtant je les admire. Je n’aimerais pas être comme eux, et pourtant je les envie.

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Non, je suis destinée à attendre. J’aimerais devenir la personne en retard, être celle qui fait patienter l’autre, avoir ce courage, cette liberté. Je m’en sens incapable.

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Je vais devenir, en l’espace d’une seconde, l’amie, la bienveillante, la délicate personne, tout ce que je ne désire pas être avec eux. Et ça m’afflige.

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D’abord, le plaisir de donner à voir combien la vie est intéressante, à supposer que celui qui écoute l’ait oublié, qu’il ne voyage pas ou qu’il n’ait pas de famille…., bref, elle poursuit son voyage culturel à travers nous, qui l’écoutons avec un intérêt certain.

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En me remémorant des situations qui, sur le moment, ne m’ont pas plus émue que ça, j’éprouve des émotions qui aujourd’hui me submergent.

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J’adore surprendre mon interlocuteur et lui prouver que je ne suis pas celle qu’il croit.

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logov3signaturemail              JUIN 2018                       livraddict_logo_newp

 

7 commentaires

  1. J’ai beaucoup hésité à l’acheter … et puis j’ai renoncé … Ta chronique me conforte dans mon choix .

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