
Lorsque François Sureau s’essaye au roman policier, ça donne Les aventures de Thomas More et son premier, Les enfants perdus, du surnom de ces combattants qu’on envoyait en première ligne au front. Ici, c’est un enquêteur, d’extrême perspicacité, qui résout des crimes lors de la guerre avec la Prusse, en 1870.
Le commandant Thomas More était, avant la guerre, Commissaire spécial à la Sûreté Impériale à Paris. Un an plutôt, il avait été muté à la Police des gares. Il était renommé pour avoir son propre jugement, pour laisser filer des gens, mêmes reconnus coupables. Après la défaite de la France, il est prisonnier, comme beaucoup d’autres, à Iges, dans une boucle de la Meuse avant Sedan où ils sont enfermés.
Un cadavre est retrouvé portant le nom d’Entrammes, qui commandait en second le 1er escadron à Reichshoffen. Thomas More ne pourra se charger de l’enquête car Guillaume 1er, en personne, le convoque pour résoudre son énigme. Une religieuse, lisant les discours parlementaires de Bismarck, est retrouvée égorgée au Château de Bellevue, état-major où Guillaume 1er vient de séjourner trois jours.
Dans cette enquête assez bizarre, More est accompagné du fidèle gendarme Adjudant-chef Martineau et de l’intendant Seligmann, compagnon d’infortune, issu d’une famille juive de Mulhouse spoliée de ses terres lors de la victoire prussienne de 1870.
Nouveau flic de polar
Incisif, souvent drôle, ce nouvel enquêteur de roman est incroyablement doué et érudit. Évidemment, c’est une sorte de galop d’essai au cœur de la guerre de 1870. Du coup, François Sureau force la réputation de son nouveau personnage.
La nouveauté réside dans l’atmosphère de l’époque, au cœur de la guerre avec la Prusse et le second empire.
François Sureau n’est plus à présenter. Académicien depuis 2004, ancien spécialiste du droit et haut fonctionnaire, il inscrit ardemment les libertés publiques au cœur de ses préoccupations. Le roman, Les enfants perdus, associe belle langue et documentation historique poussée.
La nouveauté des Aventures de Thomas More concerne aussi son héros, aux pouvoirs incroyables de traverser les époques. La prochaine se situera en 1940 en France, puis à Salonique et la quatrième, lors de la chute communiste en Hongrie, pour résoudre à chaque fois deux ou trois crimes.
François Sureau affirme ainsi son engouement pour les personnages de la littérature policière qui ont bercé son enfance, de Sherlock Holmes à Arsène Lupin en passant par Hercule Poirot, en créant son personnage extraordinaire qui ne juge pas mais au contraire, veut rétablir la vérité au-delà des apparences.
Les aventures de Thomas More sont donc à suivre. Rendez-vous pris !
Puis quelques extraits

– Le mal est plus visible que le bien…ça ne veut pas dire qu’il soit plus fort que lui. Croire le mal le plus fort, c’est…une illusion du diable.
Elle était de surcroît convertie, et les convertis semblent, par leur fanatisme, faire reproche à ceux qui, nés dans la vérité, n’ont jamais embrassé la bonne cause avec autant d’ardeur.
Une affaire signalée n’est pas nécessairement un crime. Ce peut-être un vol, un suicide, une menace. Mais l’action doit concerner de près et de loin, une personnalité surveillée pour des motifs, disons rapidement, d’intérêt général.
Court, il portait une belle tête régulière sur un corps de cochon d’inde dont seul le harnachement sévère de l’officier en campagne empêchait l’avachissement.
La marée humaine avait laissé des épaves : corps entassés dans des charrettes abandonnées et dont personne à présent ne se souciait plus, morts de dysenterie pour avoir bu l’eau de la Meuse où les cadavres descendaient le courant, blessés au pied des mesures trop faibles pour marcher.
Ici en bref




Du côté des critiques : La Croix
Questions pratiques

François Sureau – Les enfants perdus
Éditeur : Gallimard X: @Gallimard et Instagram : editions_gallimard – Facebook
Parution : 3 avril 2025 – EAN : 9782073086778 – Lecture : Avril 2025

[…] Les enfants perdus […]
[…] Les critiquesBabelio Blog Vagabondage autour de soi […]
Merci pour cette découverte, je le note. 😀
Un héros qu’on devrait retrouver dans d’autres tomes !
Bonjour Matatoune, je suis étonnée de retrouver François Sureau en auteur de romans policiers car je le connais comme poète. Deux genres diamétralement opposés. C’est vrai qu’on ne parle pas souvent de la guerre de 1870, un sujet intéressant ! Merci 🙏 bonne journée 🌱🌿🍀🌞🌷
Je rois bien qu’il sait tout faire 😄
C’est chouette de voir qu’on sort un peu des habitudes, et moi s’il y a de l’humour, ça me tente toujours 😊
Oui, j’avoue me lasser des thrillers très angoissants, la vie quotidienne et son lot d’horreur me satisfont grandement 😉
Le contexte historique est riche. On parle peu de cette guerre de 1870-1871 . Le côté rétro est intéressant. Merci pour le partage Matatoune 🙂📚
Oui, c’est ce qui m’a attirée ! Cette guerre de 1870, et sa défaite, restaient pour moi assez obscures. Mais Thomas More a un esprit très affûté et possède des pouvoirs assez surprenant puisque les prochaines aventures, certainement déjà écrites, le mèneront dans d’autres temps plus modernes. Bonne continuation 📚
Bonsoir Matatoune. Tu m’as donné envie de découvrir ce héros. Bonne soirée
François Sureau sera à la Grande Librairie ce mercredi, et il devra en parler très bien de son nouveau héros ! Bonne journée 📚
Tu me donnes très envie de découvrir ce nouveau héros. Bonne semaine
C’est un plaisir de lecture par le choix des mots et le maniement de la langue, peut-être moins de l’intrigue . Mais qu’importe, ce fut une découverte agréable !
Merci pour ces propositions de lectures c’est très intéressant et cela donne des idées
Merci à toi de tes passages ici ! Bonne lecture 📚
« Même » la 1ere de couv’ est à l’ancienne. Merci pour la découverte.
Oui, il y a un petit côté rétro qui m’a attirée! Et, puis, c’est François Sureau ! Son compère académicien Jean-Christophe Rufin et son Aurel font des émules 😄. En tout cas, ravie que la littérature policière soit ainsi investie par d’aussi grandes plumes !