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Pasternak était poète, dit Olga. Tu aimes la poésie ?
— Pas tellement, reconnut Melchor qui avait lu peu de poésie. Les poètes, pour moi, ce sont des romanciers paresseux.
Olga eut l’air songeur.
— Peut-être, dit-elle. Mais pour moi, presque tous les romanciers sont des poètes qui écrivent trop .Javier Cercas

Auteurs commençant par D catégorie littérature

Hélène Devynck – Impunité

De l’affaire dite de PPDA, les informations nous sont parvenues au compte – goutte. Dans Impunité, Hélène Devynck résume les faits, rassemble les témoignages (vingt trois femmes qui ont déposé devant la police !), explique le déroulement de l’instruction jusqu’au classement sans suite. Elle nous livre une analyse fine et si juste de l’Impunité qui entoure l’agresseur dans notre société actuelle que on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas !

Hélène Devynck, et ses sœurs d’infortune, sont des classées sans suite ! Classées sans suite, les exactions du violeur en série que fut le journaliste adulé des téléspectateurs, représentant le gendre idéal lors du début de sa carrière, le père attentif et attentionné pour sa fille anorexique et même, le grand-père tranquille qui continuait à faire sa nage matinale dans sa Bretagne d’adoption.

Classées sans suite, ce prédateur sexuel qui sautait sur tout ce qui était sexuellement identifiée comme une femme jeune et admirative. Le journaliste a bénéficié d’un système qui l’a protégé, encouragé et même s’est rendu complice de ses viols en séries. Même si ils se défendent en répétant la litanie du « On les croyait consentantes ! ». Lire la suite

Pauline Dreyfus – Le Président se tait

vagabondageautourdesoi.com - Pauline Dreyfus - Après son Goncourt de la biographie obtenu l’an dernier, Pauline Dreyfus propose une analyse sévère de la sociologie politique en plongeant son nouveau roman Le Président se tait au cœur du silence de Valéry Giscard d’Estaing mis en cause par l’affaire des diamants dits de Bokassa.

Pendant sept semaines, le Président se tait ! Mais, pendant tous ces jours, Pauline Dreyfus met en scène douze personnages qui vont à leur manière commenter ce silence.

Juste un petit rappel des faits : Le Canard Enchaîné révèle en octobre 1979 que le Président en poste depuis sept ans aurait reçu, ainsi que des membres de sa famille et à plusieurs reprises, des diamants de grande valeur alors qu’il était Ministre de l’Économie et des Finances.

Ces cadeaux auraient été faits par Jean-Bebel  Bokassa, venant d’être renversé par les troupes françaises. Valéry Giscard d’Estaing ne prendra la parole que quarante-neuf jours plus tard et? encore, pour ne pas s’expliquer réellement.

Pauline Dreyfus bâtit son roman entre la révélation et la prise de parole en racontant la sidération, la colère, l’indifférence et même l’acquiescement au travers de douze réactions revendiquées de français ordinaires. La suite ici

Benoît Duteurtre  Dictionnaire amoureux de la Belle – Époque et des Années folles

vagabondageautourdeoi.com - Benoît Duteurtre - Avec plus de six cent pages sur la Belle-Époque et les Années folles, Benoît Duteurtre propose son Dictionnaire amoureux. Bien sûr, vous connaissez sa voix : sur France Musique, il fait découvrir la Périchole et autres livrets, le samedi matin dans son émission « Étonnez-moi Benoît » !

Son ton, sa légèreté et sa grande connaissance, sont compilés dans ce dictionnaire où chaque entrée fait l’objet d’anecdotes mais aussi de liens entre tous les sujets, les arts bien sûr, mais aussi la politique et même le quotidien. Chaque définition est l’objet d’un petit voyage au pays des découvertes inédites, racontées avec un plaisir manifeste à partager son savoir.

Imaginez à l’entrée de la lettre Q,  Benoît Duteurtre propose Quintonine ! Bien après la seconde guerre mondiale, cet élixir était encore dans toutes les familles françaises pour essayer de contrecarrer la fatigue et l’affaiblissement. La suite ici

Fanta Dramé – Ajar-Paris

vagabondageautourdesoi.com - Fanta Dramé - Fanta Dramé convoque une histoire familiale de déracinement dans ce premier roman Ajar-Paris dont les accents intimes sont omniprésents. Elle choisit de raconter l’histoire d’une jeune femme, française, qui à la faveur du décès de sa grand-mère remonte le fil du trajet migratoire de son père.

Arrivé en 1975 de sa Maurétanie natale, et notamment de la petite bourgade d’Ajar, cet homme cultivé et profondément croyant que rien ne prédestinait à quitter son foyer va conquérir lentement, âprement, avec une témérité sans faille, le droit d’être français tout en gardant la culture de ses ancêtres.

Le décès de sa grand-mère, figure tutélaire de sa famille, va contraindre la narratrice à aller découvrir la ville de ces ancêtres pour honorer la promesse qu’elle lui avait faite. Selon les finances de la famille, elle avait bénéficié de vacances au pays, mais c’était à Dakar, là où une partie de sa famille s’était implantée et où son père avait investi dans une belle villa. Mais, pour le fils aîné de cette femme, il n’était pas question de ne pas l’enterrer dans la terre ancestrale.

Alors, la narratrice, portant le même prénom que l’écrivaine, parfaitement parisienne, va être confrontée, brutalement, au mode de vie et à la culture de ses ancêtres naturels. Et, cela donne des passages savoureux où le choc des cultures est décrit avec humour !

De cette confrontation, Fanta, professeure, décide d’écrire l’histoire de cet homme, son père, avant qu’il ne soit trop tard, lui qui par pudeur, n’a jamais rien raconté,pourtant conteur merveilleux des histoires des autres;

De ce fil chronologique, Fanta Dramé tire un roman certes sensible et touchant, mais aussi édifiant de la dureté vécue, de l’opiniâtreté qu’il a fallu, de la réalité, enfin, contée, sans détour, dans sa crue réalité. Et, comme le souligne Faïza Guène dans la préface, il  a urgence à raconter la force et la dignité de ces hommes et ces femmes qui ont choisi, souvent, de s’effacer derrière la réussite de leurs enfants pour qu’enfin connaissance, reconnaissance et respect fondent le regard porté sur eux. La suite ici

Virginie Despentes – Cher Connard

vagabondageautourdesoi.com - Virginie Despentes - Comme toujours, Virginie Despentes frappe fort ! Elle est la seule à oser un titre aussi provocateur. La seule encore à faire un roman sans aucune histoire. Et, surtout, encore la seule à rassembler trois personnages complétement opposés reliés par un procédé littéraire un peu désuet, la relation épistolaire.

Après la révolution MeToo, Virginie Despentes livre ses réflexions mais aussi analyse notre société relevant ses aberrations, ses archaïsmes, ses avancées et affirme encore et encore ce qui fait le sel de son lien aux autres, l’amitié.

Son titre Cher Connard mêle tendresse et intransigeance à la fois. Imaginez Oscar Jayack, un écrivain plutôt malgré les succès de ses précédentes parutions, qui injurie sur Instagram Rebecca Latté. Elle était une actrice adulée dans sa jeunesse, image de la séduction féminine accomplie, qui à cinquante ans est en sommeil. Oscar, prototype du mâle la quarantaine avancée, charge son physique. Ça vous fait penser à certains ! Oui, ils sont encore nombreux à oser encore s’exprimer de la sorte!  Et la réponse qu’elle lui fait commence par Cher Connard

En fait, Oscar et Rebecca se connaissent et vont entretenir une correspondance, dont on ne sait rien du procédé, email ou courrier, durant plusieurs années. Un autre personnage vient se glisser dans ces échanges. Lorsqu’elle était attachée de presse d’oscar, Zoé Katana a accusé Oscar de harcèlement. Devenue blogueuse et féministe, ses articles viennent s’intercaler de temps en temps, rappelant aussi les impacts délétères des réseaux sociaux.

Comme Virginie Despentes ne rangent personne dans des cases binaires peu vraisemblables, Cher Connard est à la fois un essai, avec ses nombreux argumentaires développant les raisonnements, soupesant les arguments, les contredisant, en bref discutant un certain nombre de sujets sociaux d’actualité ou d’idées en vogue en ce moment.

Mais aussi, Cher Connard est un roman. Virginie Despentes crée trois personnages qui vont, au fil des échanges, non seulement être crédibles dans leur personnalité, mais aussi évoluer au contact de l’autre, de son soutien et même de son amitié. La suite ici

Jérémie Dres – Le jour où j’ai rencontré Ben Laden

Tome 1 -De Vénissieux à Bora Bora

vagabondageaurourdesoi.com - Jérémie Dres - Avec ce premier tome de Le jour où j’ai rencontré Ben Laden, Jérémie Dres raconte le parcours de deux jeunes de la Cité des Minguettes de Vénissieux, Mourad Benchellali et Nizar Saassi, partis jusqu’à Kandahar rejoindre les Talibans.  C’est une enquête à partir de leurs interviews que Jérémie Dres propose pour tenter de comprendre le phénomène d’embrigadement mais aussi l’enchaînement des événements qui mène deux jeunes européens à retrouver le terroriste le plus connu dans un camp d’Al-Qaïda.

Le roman graphique commence par la rencontre du dessinateur avec Mourad en juin 2019 et la statue de Marianne qui tourne le dos à la Cité ! Mourad rappelle que de sa cité est partie, en octobre 1983, la marche des Beurs suite aux violences policières contre les jeunes des quartiers dits sensibles. Tout un symbole ! Ce mouvement devenu marche pour l’égalité et contre le racisme a fédéré beaucoup de comités de soutien à travers la France pour finir par une manifestation pacifique d’une ampleur inégalée à Paris et à Strasbourg. Sauf que les promesses n’ont pas été tenues.

Au pied de son immeuble, se trouvait la salle de prière animée par son propre père. En 1990, son père se rapproche de l’Arabie Saoudite et ses prêches deviennent de plus en plus rigoristes et conservateurs.

Nizar, lui, Jérémie Dres le rencontre un peu plus tard mais toujours en juin 2019. D’emblée, les remords et l’incompréhension envahissent son discours. Mais aussi, sa difficulté, jeun,e à exprimer son avis, ses choix dans un quartier où les jeux de pouvoir étaient communs. La suite ici

Jérémie Dres – Nous n’irons pas voir Auschwitz

vagabondageautourdesoi.com - Jérémie Dres - J’ai découvert Jérémie Dres avec son nouveau roman graphique qui sortira courant août pour cette rentrée littéraire 2022. En regardant ce qu’il avait déjà dessiner, j’ai trouvé celui-ci qui, par son titre, Nous n’irons pas voir Auschwitz m’a agréablement attirée.

La grand-mère de Jérémie Dres vient dé décéder et l’idée de retrouver son pays d’origine, la Pologne juive, devient indispensable.Alors, il se dégage une semaine dans son emploi du temps, organise son road-trip avec un certain nombre de rendez-vous, notamment avec des jeunes de sa génération.

Jérémie Dres raconte ses découvertes, ses rencontres qui lui permettent, de retrouver un peu de ses racines. Du coup son frère décide de le rejoindre pour partager son périple. La suite ici

L’ours de Ceausescu – BD – Aurèlien Ducoudray  – Gaël Henry – Paul Dona

vagabondageautourdesoi.com - L'ours de Ceausescu - L’ours de Ceausescu n’est pas une BD sur un animal sauvage des forêts profondes de Roumanie tué par le dictateur, Ceaucescu avec sa femme, Eléna. Même si le dictateur était réputé, une légende, savoir tuer n’importe quel ours qui passait dans son viseur. Non, l’ours représente le peuple, qui même sous le joug de la dernière dictature d’Europe de l’Est du XXè siècle, a su sortir ses griffes dès que l’occasion s’est présentée.

La Roumanie, un soir de fin décembre, en 1989, oui, je m’en rappelle ! Un vieux couple aux yeux terrifiés, dans un coin d’une pièce, et en voix-off, l’explication du procès et leurs peines de mort annoncées. Après l’effondrement du Mur de Berlin, la même année, ce régime des sanguinaires dictateurs de l’Est prenait fin. Des jours après, des images d’enfants aux corps nus, malades, dits déficients, qui baignaient dans leurs excréments, au coin d’une pièce vide m’ont longtemps obsédés. Enfermés là, car dégénérés… Impossible de les oublier !

Alors, est-ce-qu’une bande dessinée peut aider à comprendre ce qu’était cette dictature terrible ? L’ours de Ceausescu choisit de nous raconter le parcours de sept personnages, tous opposants « gentils » au régime, tant la censure était dur car efficace. Et, par la magie des auteurs, ils vont illustrer par leurs actions ce moment de l’histoire mondiale du XXè siècle. La suite ici

Philippe Denis -Inventaire familial

vagabondageautourdesoi.com - Philippe Denis - Premier roman pour Philippe Denis, plus habitué à manier le stéthoscope que l’écriture ! Et, pourtant, cet Inventaire familial si personnel et sensible, ouvre vers l’universel puisque, comme il en existe dans toute famille pendant la période trouble du début du XXè siècle, tout silence sera levé, les non-dits révélés et les mensonges contournés pour expliquer un présent et futur à continuer à construire.

Le décès de leur mère rend les quatre enfants de cette famille irrémédiablement orphelins, puisque leur père a choisi de partir en premier. Et, pourtant, ils n’ont plus l’âge d’être esseulés. Pour l’enterrement, Philippe Denis, dernier de la fratrie, revient dans sa région et plus particulièrement dans sa ville, Bordeaux, ainsi que dans la maison de son enfance, La Louisiane.

Le départ des parents donne des responsabilités aux enfants, nous suggère l’écrivain. Celui de donner sens à la vie de ceux qu’ils ont aimés et chéris. Et, l’âge venant, celui de donner voix à ceux qu’ils ont souvent accompagnés dans les derniers moments, souvent difficiles, de leur vie. Philippe Denis prend le temps dans cet Inventaire familial de décrire leurs présences, leurs engagements et leurs actions tout au long de la période trouble du début du siècle dernier. La suite ici

Sylvain Forge – SARA: Elle  veille sur vous.

G. Davet – F. Lhomme – P. Van Hove – L’obsession du pouvoir

Les deux journalistes d’investigation travaillant au journal Le Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet se sont associés au dessinateur Pierre Van Hove pour présenter en BD, L’obsession du pouvoir, sur les principales enquêtes d’investigation qu’ils ont menées de 1981 à 2017. Celles-ci concernent spécifiquement les coulisses du pouvoir en France, en suivant notamment à l’Élysée deux présidents lors de leur exercice : Nicolas Sarkozy et François Hollande.

L’obsession du pouvoir démontre leur animosité. Elle est décrite comme une vraie détestation, discréditant l’autre et recherchant toujours à se démarquer et en faisant le contraire. De vrais gamins dans une cour d’école !

Les journalistes affirment que tous les dialogues dans ce roman graphique sont vrais, rapportés depuis leurs enregistrements. De quoi s’interroger sur la capacité de ces hommes à dépasser leur rivalités pour penser réellement aux intérêts des français, et non d’une France présupposée et fantasmée comme le hurlent certains candidats lors de l’élection présidentielle actuelle ! La suite ici

Julia Deck – Monument national

Rentrée littéraire hiver 2022

vagabondageautourdesoi.com - Julia Deck - Monument national est une chronique sociale écrite par Julia Deck dont la plume malicieuse et humoristique raconte notre monde contemporain et la place que chacun occupe sous le prisme d’une famille médiatisée et de son entourage proche.

Le roman de Julia Deck commence dans un château situé au bord de la forêt de Rambouillet qui abrite une tribu, composée d’une ancienne star du cinéma, Serge Langlois, la soixantaine ventripotente et souvent alcoolisée, de sa troisième femme Ambre, de son vrai nom Adrienne, ancienne Miss, devenue au fil du temps son, presque, agente, et qui expose sur Instagram sa vie irréelle qui n’a vraiment rien à voir avec la vrai !

Son rôle d’Ambassadrice de l’Unicef lui fit découvrir la possibilité de l’adoption, qu’elle mit en œuvre par une obscur démarche en adoptant deux petits enfants asiatiques, Joséphine et  Orlando, le dernier surnommé Ory. Autour gravite, les hommes et les femmes qui font vivre cette demeure ancienne : l’intendante, la nurse, la cuisinière et son mari, le jardinier, et bien sûr le chauffeur, auquel sera ajouté bientôt un coach. La suite ici

Alain Dulot – Tous tes amis sont là

Dans Tous tes amis sont là,  Alain Dulot prend prétexte de raconter les derniers jours et l’enterrement du poète pour nous dévoiler une biographie romancée de Paul Verlaine.

En s’adressant directement à l’écrivain, Alain Dulot dévoile le vécu d’un homme au talent reconnu mais au caractère impossible. Il commence son récit à partir des derniers années où Verlaine s’abime dans l’alcool allant de maisons de santé où on lui réserve un sort privilégié en estaminets sordides. Ses contemporains le surnomment le Villon des temps modernes, seulement, lui n’était ni un voleur, ni un criminel. Verlaine aurait préféré la référence à Ruteboeuf. Car, il y a une chose dont il était sûr c’est de son talent ! D’ailleurs, ses compagnes le savaient qui allaient porter poèmes, articles et autres écrits à son éditeur et aux journaux pour en retirer quelques subsides.

L’affront qu’a vécu sa femme, Mathilde, sur le quai de la gare de Bruxelles, est oublié depuis longtemps. Les années ont passées. L’amour tumultueux avec Rimbaud lui a coûté quelques mois de prison. Car Verlaine ne sait qu’aimer de façon violente, exclusive et jalouse. Certes, c’est souvent l’alcool qui le porte vers ces extrémités qu’il regrette amèrement lorsqu’il a dessaoulé.  Sa mère lui a toujours pardonné ces accès de violence qui m’ont profondément choquée. Rimbaud, non. La suite ici

François-Henri Désérable -Mon Maître et mon vainqueur

Grand Prix du roman de l’Académie Française 2021

vagabondageautourdesoi.com François-Henry Deserable Pour le titre de son nouveau roman Mon Maître et mon vainqueur, François-Henri Désérable choisit un extrait d’un poème de Chanson pour elles par Verlaine pour décrire une passion amoureuse des temps modernes où la littérature y est complètement imbriquée.

Le narrateur est convoqué devant le juge d’instruction pour aider à comprendre Vasco, son ami, et éclairer ses intentions à partir d’un carnet manuscrit sorte de journal de sa passion amoureuse, composé de poèmes et de haïkus. Il a été retrouvé ainsi avec un révolver et ses mains comportant des résidus de poudre.

Tina, Vasco et Edgar ou alors Tina, Edgar et Vasco ! Pour le juge, Vasco c’est Vincent Ascot. Et, pour ce dernier, Tina est sa princesse andalouse ! Edgar, lui, il l’appelle La doudoune. Mais, Tina, elle, s’appelle, sur ses papiers d’identité, Albertine. La suite ici

Agnès Desarthe – L’éternel fiancé    Sélection du Prix Goncourt et du Prix Renaudot

vagabondageautourdesoi.com - Agnès Desarthe L’amour est totalement présent dans le dernier roman de Agnès Desarthe, L’éternel fiancé. Car, lorsque une déclaration d’amour a lieu à tout juste quatre ans, difficile de ne pas en garder un goût nostalgique tout au long de sa vie et un sentiment de ne jamais plus être à la hauteur de cette amour enfantin.

En effet, la narratrice se retrouve à l’école maternelle, haute comme trois pommes, confronter à recevoir un message d’amour d’un autre enfant, Étienne, à peu près du même âge, lors de la fête de l’école.

– « Je t’aime parce que tu as les yeux verts  » lui dit-il,

–  » Je ne t’aime pas. Parce que tu as les cheveux de travers » lui répond-elle.

En fait, elle regrettera toute sa vie cette réponse qu’elle aurait aimé ne pas avoir prononcé.

Et, voilà une vie racontée au fil du temps qui passe, interrompue par des rencontres avec Étienne sans qu’il ne se souvienne de ses propos. Comment apprécier le goût du quotidien lorsque plane sur sa tête cette immensité de tendresse qu’on a refusé ? La vie a-t-elle le même goût lorsque on se met ainsi d’emblée en réserve. Heureusement, comme un morceau de musique accompli par le groupe familial, il y a une harmonie à trouver. La suite ici

Grégoire Delacourt – L’enfant réparé

vagabondageautourdesoi.com Grégoire Delacourt Grégoire Delacourt convie avec L’enfant réparé à un voyage littéraire au pays d’un traumatisme si important que l’esprit  en a effacé toute trace consciente. Il faudra une enquête pour écrire un roman pour que l’oubli se déchire petit à petit et révèle la souffrance. Il aura fallu presque toute une vie pour en reconnaître la réalité !

La soixantaine acquise, Grégoire Delacourt revient sur sa vie à l’occasion de la prochaine parution de Mon Père, publié en 2019 que je n’ai pas lu. Ce récit autobiographique présente le séisme produit lorsqu’un enfant est violenté par un prêtre. Lorsque un de ses lecteurs lui écrit qu’il faut avoir vécu une telle expérience pour la raconter aussi bien, quelque chose se révèle confus et trouble…

Au départ, rien dans ses souvenirs ne vient corroborer cette affirmation. Pourtant le malaise devient de plus en plus prégnant sans qu’il puisse en comprendre la cause. L’écran du souvenir va commencer à se fendiller. Il s’est souvent interrogé sur ce père si lointain, absent et dont il se souvient d’aucun geste de tendresse. Idem pour sa mère qu’il se rappelle fumant ses mentholés perdue dans le silence. D’ailleurs, ce couple l’a envoyé dès l’âge de cinq ans, en pension, en colos, en bref s’est débarrassé consciencieusement de lui ! Du moins, c’est ainsi qu’il l’a vécu et qu’il en a souffert tout au long de sa vie. Mais, l’écran du souvenir commence à affleurer ! La suite ici

Jean-Baptiste Del Amo – Le fils de l’homme       –          Prix du livre Fnac 2021

vagabondageautourdesoi.com Jean-Baptiste Del Amo Avec Le fils de l’homme, Jean-Baptiste Del Amo propose une fable moderne sur la nature ancestrale de l’humain qui au fil de l’histoire élimine les extrêmes pour ne garder que ceux capables d’assumer la perpétuation de l’espèce.

Pas souhaité le lire dès sa parution, à cause du déterminisme que je pressentais, contraire à mes convictions ! Mais, le Prix Fnac lui est remis. Alors, le courage au bord des yeux, j’ai commencé à lire et je l’ai dévoré presque d’une traite.

« Et la rage des pères revivra chez les fils à chaque génération » Sénèque-Incipit du roman

Jean-Baptiste Del Amo propose, en une dizaine de pages, un prologue de scènes de survie des hommes primitifs confrontés aux éléments naturels et aux combats pour la vie comme une invite à comprendre le cheminement du monde.

Un couple, et un enfant assis à l’arrière, sont en route. Le voyage est long jusqu’à la maison isolée, les Roches, en pleine forêt loin des hameaux. Le 4×4 doit être abandonné bien avant l’arrivée car un tronc d’arbre se trouve en travers de la route. Il faut finir à pieds. Puis, la maison au confort spartiate, se découvre. Là, il faudra vivre quelques jours, un été, plus peut-être … La suite ici

Christophe Donner – La France Goy

vagabondageautourdesoi.com Christophe Donner - A partir de l’histoire de sa famille, Christophe Donner plonge avec La France Goy au cœur de la France nationaliste et populiste du milieu du XIXè siècle jusqu’à la fin de la première guerre mondiale.  Ce roman est le récit de la transformation de la judéophobie en antisémitisme avec l’importance grandissante d’un Édouard Dumont, personnage assez hideux au talent polémiste hors norme, de son fils spirituel, Léon Daudet, jusqu’au fourbe François Maurras et son journal l’Action française.

Son arrière grand-père, Henri Gosset, découvre ses talents de guérisseur tout à fait fortuitement à l’adolescence. Pour répondre à la volonté de son père, il devient soignant et croise le jeune Léon Daudet. C’est cette proximité tout au long de la Troisième République puis après, que Christophe Donner raconte. La suite ici

Clara Dupont-Monod – S’adapter

vvagabondageautourdesoi.com Clara Dupond-Monod Clara Dupont-Monod m’a happée avec son nouveau roman S’adapter paru chez Stock pour cette rentrée littéraire 2021. Je n’avais pas prévu de le lire tout de suite, un autre roman était prévu. Mais, dès que j’ai lu la première page, je n’ai pu reposer ma liseuse que lorsque je l’ai eu fini !

Rare sont les fictions qui se penchent sur une personne en situation de handicap ! Encore plus rare sont les romans qui se placent à hauteur de la fratrie ! Clara Dupont-Monod choisit de raconter en trois chapitres, les réactions des trois enfants afin de montrer le bouleversement de leur vie, les retentissements du handicap sur leur vécu et leurs comportements. Ainsi, nous suivons l’aîné, puis la cadette et enfin le petit dernier, né après !

Comme souvent, il y a d’abord l’inquiétude des parents : une maman, Elle, qui remarque en passant une orange devant les yeux de l’Enfant, que son regard ne bouge pas comme d’ailleurs, le reste de son corps. Il ne parle pas.  Il sourit. Il est silencieux la plupart du temps. « Abimé » « Inachevé » non « Inadapté » !

Il n’a pas de nom, c’est l’Enfant ! Les deux autres enfants réagissent chacun avec leur caractère, leur âge, leur personnalité, leur place dans la fratrie. Et chacun va évoluer dans ses réactions selon son vécu jusqu’à pouvoir s’inscrire dans leur vie d’adulte. La suite ici

David Diop – La porte du voyage sans retour

Première sélection du Prix du roman Fnac 2021

vagabondageautourdesoi.com David Diop -Pour la rentrée littéraire 2021, David Diop, tel un griot, nous raconte l’histoire de l’amour platonique d’un Orphée et d’une Eurydice au pays de La porte du voyage sans retour. Est ainsi surnommée l’île de Goré , située dans la baie de Dakar,  tristement connue comme île des esclaves d’où partaient les bateaux chargés de leur funèbre cargaison vers l’Europe et les Amériques. Envoutante, bouleversante et puissante, le style de David Diop nous plonge en plein dix-huitième siècle pour mieux nous interroger sur notre monde.

Michel Andanson (1727-1806) se voit mourir ! Il a compris depuis longtemps que courir après un savoir de botaniste pour créer une encyclopédie universaliste, comme le conseillaient les penseurs humanistes de son époque, était pure vanité. Dans sa folie de conquête du savoir, il avait oublié de décrire son espèce car il avait compris trop tard que rien ne pouvait exister sur notre terre sans l’intervention humaine pour lui donner du sens. Alors, il décide que pour sa fille il va révéler son savoir intime. La suite ici

Yamina Benahmed Daho – A la machine

Delphine De Vigan – Les enfants sont rois

Emmanuelle Dourson – Si les dieux incendiaient le monde

Fatima Daas – La petite dernière

Un jour viendra couleur orange- Grégoire Delacourt

L’énigme de la chambre 622 -Joël Dicker

Soir de fête – Mathieu Deslandes – Zineb Dryef

Boy Diola – Yancouba Diémé

Dernière sommation – David Dufresne

Arabe – Hadia Decharrière

Les inéquitables – Philippe Djian

Auteurs commençant par D catégorie essais

Sonia Devillers – Les exportés

vagabondageautourdesoi.com - Sonia Devillers - La journaliste Sonia Devillers, spécialiste de l’étude des médias, confie son histoire familiale dans ce premier essai Les exportés, un récit incroyable sur le pays de ses ancêtres, La Roumanie, et la façon dont le régime communiste a traité les juifs, des années après le génocide de l’Allemagne hitlérienne.

La voix de Sonia Devillers m’accompagne le matin sur France Inter.  Souvent haletante, tant son sujet la passionne et le manque de temps la contraint, sa voix m’explique, au fil des jours, l’évolution mais aussi les dessous de la planète-médias et des industries culturelles.

Du coup, Les exportés sont très loin de ce que son image médiatique nous livre régulièrement. Cette histoire d’exil familial, non seulement, ouvre un pan entier de l’histoire de l’Europe de l’Est, mal connue, mais aussi livre le récit poignant d’une recherche pour mettre des mots sur un passé complexe et rendu silencieux par la nécessité de mettre à distance la souffrance vécue. La suite ici 

Raymond Depardon -New York Aller et Retour

vagabondageautourdesoi.com Raymond Depardon - Un beau-livre au format d’un poche, les éditions Points l’ont réalisé en rassemblant des photographies de Raymond Depardon sur la ville de New York.

Comme l’explique la préface du biographe, Philippe Séclier, la ville de New York est un lieu emblématique dans l’œuvre de Raymond Depardon. Lieu de passage lorsque le journaliste reporter couvrait les différentes guerres du globe, New York est devenue la ville qui l’a fait naitre à la Street Photography.

Après la mort d’un ami journaliste au Vietnam et le départ de Gilles Caron, le photographe en autres de Mai 68, il a peur d’être le prochain et recherche une autre façon exercer son talent. Admiratif d’un Garry Winogrand et d’un Walter Evans, en passant par une Susan Meiselas, Raymond Depardon se cherche une écriture ou « un regard » dit Philippe Séclier. Les photos de New York Aller et retour témoignent des déambulations d’un homme décidé à changer d’expression, presque de métier. La suite ici

En finir avec les violences sexistes et sexuelles – Caroline De Haas

Auteurs commençant par D catégorie polars

Chrystel Duchamp – Le sang des Belasko

J.P. Delaney – La femme parfaite

Auteurs commençant par D catégorie jeunesse

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Chroniques littéraires