La Commune et Gustave Courbet

vagabondageautourdesoi.com
Gustave Courbet

De Gustave Courbet, on connait évidemment L’origine du Monde, tableau exposé au Musée d’Orsay et encore censurée sur les réseaux sociaux. Mais, il a aussi participé activement à La Commune de Paris.

Sa particularité en tant qu’artiste

Né dans le Doubs au printemps 1819, Gustave Courbet monte à la capitale après avoir suivi les cours des Beaux-Arts de sa région natale. A ses parents, il explique qu’il va travailler son Droit. Mais dès 1840, il se consacre entièrement à la peinture.

vagabondageautourdesoi.com
Le désespéré- 1844

Autodidacte, esprit libre, il bénéficie alors d’une pension de ses parents qui va lui permettre de travailler la copie à sa guise.

Une de ses toiles est retenue pour le Salon d’Automne de 1844. Mais, en réalité, il va de refus en refus. A son retour de Belgique, où il a passé quelque temps, il rencontre Baudelaire et sa notoriété arrive vers 1849.

vagabondageautourdesoi.com
Les cibleuses de blé

Sa peinture rencontre son public lorsqu’il peint avec réalisme son environnement. Il peint son terroir et des situations vécues. Il décide de provoquer afin de faire accepter ce courant nouveau.

vagabondageautourdesoi.com
L’Après-dîner à Ornans -1849

Commande privée d’un dignitaire ottoman, L’origine du monde est destinée à être vue que par de rares personnes.

La Commune

Arrive La Commune et Courbet s’y engage, alors que précédemment, il s’était tenu éloigner de tous engagements politiques. Mais suite à la défaite de le France face à la Prusse, Gustave Courbet s’investit dans la résistance. A la proclamation de la République, il est nommé président de la Commission des arts.

vagabondageautourdesoi.com
Proclamation

Lorsque la Commune commence en mars 1871, Gustave Courbet y adhère fortement. Il est élu au Conseil de la Commune, délégué à l’instruction publique, et président de la Fédération des artistes, qui succédait à la Commission des arts.

vagabondageautourdesoi.com
Gustave Courbet, maître d’Ornans

Son souhait d’ouvrir la culture à tous, se concrétise par ses actions diverses à ce poste. Mais, six mois plus tôt, il a exhorté à déboulonner la colonne Vendôme ce que lui vaudra emprisonnement après La Semaine Sanglante.

vagabondageautourdesoi.com
Colonne Vendôme à terre : la Commune de Paris La Colonne Vendôme à terre photographiée par Bruno Braquehais Braquehais Bruno (1823-1875) photographe. Est-ce Courbet cet homme barbu ou non ?

Lettre à ses parents – Charenton, le 30 avril 1871

Me voici par le Peuple de Paris introduit dans les affaires politiques jusqu’au cou. Président de la Fédération des artistes, membre de la Commune, délégué à la mairie, délégué à l’instruction publique : quatre fonctions les plus importantes de Paris. Je me lève, je déjeune, et je siège et préside 12 h par jour. Je commence à avoir la tête comme une pomme cuite. Malgré tout ce tourment de tête et de compréhension d’affaires sociales auxquelles je n’étais pas habitué, je suis dans l’enchantement. Paris est un vrai paradis ! Point de police, point de sottise, point d’exaction d’aucune façon, point de dispute. Paris va tout seul comme sur des roulettes. Il faudrait pouvoir rester toujours comme cela. En un mot, c’est un vrai ravissement.

(…) Je ne sais maintenant, mers chers parents, quand j’aurai le plaisir de vous revoir. Je suis obligé de faire énergiquement tout ce travail qui m’est confié, et pour lequel j’ai eu tant de propension pendant toute ma vie, moi qui était décentralisé, en ce sens que j’étais retranché dans mon individualité pendant toute mon existence. Pour être dans le sens de la Commune de Paris, je n’ai pas besoin de réfléchir, je n’ai qu’à agir naturellement.

La Commune après

Après la Semaine Sanglante, il est arrêté et condamné à six mois de prison.

Le chef d’accusation retenu est « de s’être […] par abus d’autorité, rendu complice » de la destruction de la colonne Vendôme, dont il avait suggéré la destruction six mois avant le début de la Commune.« 

Malade, il est prisonnier sur parole. Néanmoins, Gustave Courbet ne retrouve plus son aura et s’exile en Suisse. Sept ans plus tard, il meurt, esseulé.

Sources :

Musée d’Orsay – Exposition Courbet et La Commune 

14 mars – 11 juin 2000

Archives de Paris

Musée Courbet –Gustave Courbet et la Fédération des artistes sous la Commune

du 23 décembre 2017 au 23 avril 2018

La Commune en vrac

Histoire en vrac

Bric à brac de culture

21 commentaires

  1. Courbet a eu une fin très misérable et malheureuse à cause de la Colonne Vendôme déboulonnée, qu’on voulait lui faire payer d’une manière totalement injuste. Triste destin !

    • Sa carrière aurait été très différente mais cela ne correspondrait plus à ses idées.

    • Courbet en créant ce mouvement réaliste reste fidèle à ses idées qu’il a essayé de mettre en œuvre lors de la Commune

    • Oui, de Napoléon, on va en entendre parler … Mais de la Commune, notre président a refusé la célébration. Du coup, ici on célèbre …:)

  2. Je n habite pas très loin du musée Courbez qui se situe dans un magnifique village. Ta série sur la Commune est très complète et instructive. Bonne soirée

    • Quelle chance ! Il me semblait important d’y faire référence puisque notre président préfère fêter Napoléon 🙂

Répondre à alexmotamots Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.