Gisèle Halimi – Pour continuer

 

Gisèle Halimi – Pour continuer

A 93 ans, Gisèle Halimi, cette femme de justice et de combat, s’est éteinte. Toutes les femmes en France lui doivent d’avoir été l’une des premières à oser dire haut et fort ce qu’à l’époque, personne ne voulait ni entendre, ni reconnaître. Pour ne pas réduire sa voix à l’avortement ou au mouvement féministe, cette liste à la Prévert rassemble ses principaux engagements :  

Livre avec Simone de Beauvoir pour la libération de Djamila Boupacha, militante du Front de Libération Algérien – 1960 – Ici, la jeune femme est dessinée par Picasso.

 Mouvement démocratique féminin, sorte d’union de la gauche des femmes avant l’heure, qui deviendra MLF. 1965-

1972 : Procès de Bobigny où elle obtient la relaxe de Marie-Claire.

1977 : Campagne pour criminaliser le viol

1998: Fonde avec d’autres ATTAC

: Adoption par l’Assemblée nationale, en sa présence, d’une résolution européenne sur le principe de la « clause de l’Européenne la plus favorisée » visant l’harmonisation des législations européennes concernant les droits des femmes suivant l’idée qu’elle avait émise dès 1979 lors de la première élection du Parlement européen au suffrage universel.

Aujourd’hui les femmes de Pologne manifestent contre le retrait du gouvernement réélu à la mi-juillet de la convention européenne sur la prévention des violences faites aux femmes…

Et ce récit, entendu dès mon plus jeune âge, m’a tout de suite fait comprendre la malédiction d’être née femme. C’est l’histoire de mon père Edouard, si consterné en apprenant que sa femme avait mis au monde une petite fille, qu’il a nié ma naissance pendant près de trois semaines ! Aux amis qui venaient aux nouvelles, il affirmait : « Non, Fritna n’a pas encore accouché. Bientôt, bientôt… » Il a fini par s’habituer à l’idée de la catastrophe – après tout, l’honneur était sauf, il avait déjà un fils aîné –, et nous nous sommes beaucoup aimés. Mais tout, dans mon enfance, était fait pour me rappeler que je n’étais qu’une femme, un être éminemment inférieur.  Le Monde 22 septembre 2019

J’ai toujours rectifié quand les bâtonniers me présentaient comme avocat. Je prétends, surtout à l’époque où j’ai commencé, que ce n’est pas la même chose. C’est le même métier, le même diplôme, mais je prétends qu’une femme ne plaide pas de la même façon qu’un homme quand elle défend la vie d’un client. Je ne dis pas qu’elle plaide mieux ou moins bien. Je dis qu’il y a des étincelles provoquées par une sensibilité mêlée à une intelligence différente. Nos parcours et notre expérience de la discrimination nourrissent cette différence. Quand j’entre dans le prétoire, j’emporte ma vie avec moi. Le Monde 22 septembre 2019

Et je dis aux femmes trois choses :

votre indépendance économique est la clé de votre libération.

Ne laissez rien passer dans les gestes, le langage, les situations, qui attentent à votre dignité.

Ne vous résignez jamais !

Le Monde 22 septembre 2019

 

 

15 commentaires

    • oui gardons son combat en mémoire comme modèle de fidélité et de volonté à ses valeurs féministes.

  1. Bel hommage à cette grande dame ! J’aime les extraits que tu as choisis, surtout ses 3 conseils. L’indépendance économique est la priorité n° 1 pour être libre. Bonne journée

    • Oui, nous sommes de cette génération où l’indépendance financière a été un objectif primordial. Nous l’avons atteint. Mais, être toujours vigilants car la marche arrière est toujours possible. Bonne soirée

    • Ni courage , ni conviction et une certaine constance dans ses choix ! Une grande admiration ♥️

  2. Une femme brillante et courageuse qui n’a jamais craint de combattre à contre-courant !! Reposez en paix chère Maître, nous autres femmes vous devons tant <3

  3. bel hommage à cette grande dame à laquelle on doit tant…
    Quand on voit ce qui se passe actuellement cela fait frémir : cf. la Pologne, et les lois sur l’avortement, la volonté de sortir du protocole d’Istanbul… entre autres

    • Oui, il faut continuer, ne pas lever la garde… Les loups sont toujours en embuscade pour nous faire taire et nous renvoyer à l’obscurantisme. Soyons vigilants ! Bonne fin de journée Eve

    • Oh, je crois que c’est cette femme qui était extraordinaire ! Quand tu relis sa vie, écoutes ses interventions, revois les reportages, j’ai été frappé par la constance de son engagement et la fidélité à ses valeurs. Une femme très bien ! Bonne soirée Pat

    • Oui, il me semble aussi qu’elle est essentielle. Nous devons apprendre aux jeunes, fille ou garçons, femmes et hommes, à ne pas les oublier ! Bonne soirée Renée

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